‹ Contribution à l'étude des néphrites aiguës à manifestations azotémiques prédominantesChapitre 21 sur 37 · D EL · texte numérisé non relu

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phases se la scarlatine, à la période de début et à la période tardive, des néphrites aiguës azotémiques.

A la période de début : V. Hutinel, Louis Martin, dans leur article des « maladies des enfants », parient « de néphrites « exceptionnelles, il est vrai, qu’ils ont observées chez les en- « fants de race étrangère pendant les premiers jours de la « Scarlatine et caractérisées par une oligurie progressive, de < l’albuminurie, des hématuries, parfois, des douleurs lom- « baires, dé-la sécheresse de la langue, de l’apathie, de la som- « nolence. Ces accidents sont susceptibles de guérir ». Il s’agit bien là de néphrites aiguës, avec syndrome urinaire et syndrome d’azotémie. Ces néphrites, sans être absolument exceptionnelles, sont très rares et se rencontrent essentiellement au cours des scarlatines malignes.

À côté de ces cas, il existe des néphrites plus discrètes ; ce sont « les néphrites azotémiques précoces de la scarlatine », auxquelles, par ses nombreux articles, le Professeur Lemierre a attaché son nom.

Il s’agit d’élévation de l’azotémie au début de la scarlatine sans manifestations cliniques : déjà, en 1928, dans l'article « scarlatine » du traité de médecine et de thérapeutique, le Professeur Tessier et M. Duvoir, disaient avoir constaté souvent une élévation du taux de l’urée sanguine au cours de la période fébrile de la scarlatine, pouvant atteindre et dépasser 3 gr. dans les formes graves. Très souvent, elles ne s’accompagnent d'aucun signe clinique particulier à lazotémie, ni - d'aucune manifestation clinique traduisant l'existence d’une lésion rénale. : ù

Des nombreuses observations rapportées par le Professeur Lemierre, il ressort que, dans tous les cas de rétention azotée minimes, ou importants, on n’a pas constaté l’existence du syhdrome urinaire habituel aux néphrites : lPalbuminurie a presque toujours fait défaut ou n’existait qu’à l’état de traces indosables ; il n’y'avait ni cylindre, ni globule rouge, ni globule blanc. Il ne faut donc guère tenir compte de lexamen des urines pour faire le diagnostic, qui ne sera possible que par le dosage de l’urée dans le sang. L’hypertension artérielle est toujours absente et l’œdème n’est susceptible d’apparaître que

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dans certaines circonstances très spéciales. Toutes ces azotémies ont rétrocédé spontanément, tantôt très vite, tantôt très lentement. Rapidement la constante d’Ambard est redevenue normale, même dans les cas où la rétention azotée avait été la plus élevée.

Pour le Professeur Lemierre, le pronostic des néphrites azotémiques précoces de la scarlatine est généralement bénin. Dans tous les cas mortels où l’urée a dépassé 3 gr., la mort est survenue du fait de la scarlatine elle-même.

La même impression se dégage à la lecture de la thèse de

Py, inspirée en 1937 par le Professeur Chalier sur les complications rénales de la scarlatine. Cet auteur signale en effet 5 cas mortels. Il s'agissait : « de néphrites graves dans les- « quelles prédominaient les signes cliniques propres à l’azo- « témie… ». Cette formé était survenue chez des malades atteints de scarlatines graves ou aggravées par une association, ou chez des sujets tarés.

De l’autre variété de néphrites azotémiques sans signes propres à l’azotémie, noùs ne relevons que 2 cas, mais l’auteur reconnaît lui-même qu’il faudrait examiner systématiquement le sang des sujets pour connaître le taux de leur urée sanguine et dépister cette complication. a

Au cours de la période tardive : La néphrite azotémique est exceptionnelle, toutefois Merklen, Hirschberg et Turpin, Nobécourt et Darré en ont publié de belles observations. Dans l’observation de Merklen, il s'agissait d’une néphrite aiguë consécutive à une scarlatine ignorée avec azotémie sans hyperten-

sion ni chlorurémie. Le sujet présentait une albuminurie im-

portante, du myosis, des vomissements et un syndrome de confusion mentale avec désorientation complète, amnésie, alternatives d’agitation et de stupeur. On nota une rétrocession concomitante de la néphrite, de l’azotémie et des accidents psychiques et la guérison survint.

Dans la même thèse de Py, citée plus haut, il est signale 4 cas de néphrites azotémiques tardives qui se sont toutes terminées par la guérison.

Cette complication semble donc d’un pronostic favorable.

OBSERVATION (Réumé). (Pofesseur A. LEMIERRE).

Mme B.., âgée de 34 ans, entre le 25 octobre 1932 à Claude- Bernard au troisième jour d’une scarlatine assez intense. Température entre 39° et 40°. Forte angine et fort exanthème. Réaction de Carlton-Schultz très nette. Langue humide. Pouls à 120. T.A. 12/8. Rien de particulier du côté des différents organes. Mais la malade est assez abattue. Dans les urines on trouve des traces indosables d’albumine et beaucoup d’urobiline.

Le lendemain, quatrième jour de la maladie, la température se maintient à 39°4. La malade est très abattue. La langue est sèche. La diurèse de 24 heures a été de 1 litre ; les urines ne contiennent pas d’albumine et n’en contiendront plus désormais. Urée sanguine 1 gr.

Les jours suivants, la malade reste déprimée, la langue demeure sèche. La diurèse de 24 heures oscille entre 500 cc. et 700 cc. Le: 29 octobre, septième jour de la maladie, la température tombe à 38° et on a l’impression d’une amélioration. Cependant le dosage de l’urée sanguine pratiquée ce jour-là donne 2 gr. 10.

Le 31 octobre, neuvième jour de la maladie, la situation est de nouveau devenue mauvaise : la malade est agitée, délirante. La langue est sèche, le pharynx est également desséché et tapissé de mucus concret. La T.A. est à 9,5/4,5. Cependant la température est aux environs de 38° et l'éruption scarlatineuse a beaucoup pâli. Le dosage de l’urée sanguine donne 2 gr. 62. Les urines sont simplement foncées. Elles ne contiennent que des traces indosables d’albumine, mais ni hématies, ni cylindres, ni microbes. On pratique une injection sous-cutanée de 60 cc. de sérum anti-scarlatineux de l’Institut Pasteur. Le lendemain, 1°" novembre, même état. Urines 500 cc. sans la moindre trace d’albumine.

Le 2 novembre, onzième jour de la maladie, même état général, même sécheresse de la langue, deux selles diarrhéiques. Cependant le volume des urines a monté à 1 litre sans albumine et le taux de l’urée sanguine est tombé à 1 gr. 99.

L’éruption scarlatineuse a presque complètement disparu et la desquamation commence.

Le soir de ce même jour, la températuresremonte à 39° et la malade se plaint d’une douleur à la cuisse droite. Les jours suivants, on voit se développer à la cuisse droite une volumineux phlegmon consécutif certainement à une injection sous-cutanée. Par la suite, malgré un état général précaire et le développement de cette affection nouvelle, le taux de l’urée sanguine ne cesse de décroître pour retomber à la normate le 10 novembre, marquant le début de la convalescence.

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