‹ Contribution à l'étude des néphrites aiguës à manifestations azotémiques prédominantesChapitre 22 sur 37 · AA EE · texte numérisé non relu

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Les néphrites azotémiques aiguës dans la diphtérie.

La diphtérie est une des maladies qui frappent fréquemment le rein. L’albuminurie au cours de cette infection a été signalée d’abord en 1857 en Angleterre par Wade ; Abeille, Germain Sée, Trousseau, Empis l’étudièrent en France. Lorrain, Sanne, Lecorché, Charcot, Gaucher, Brault établirent que cette albuminurie est liée à des lésions de néphrites. Roux et Yersin, Enriquez et Hallion montrèrent le rôle de la toxine diphtérique dans la genèse de ces lésions.

A Lyôn, le Professeur Chalier, dans de multiples publications et dans les thèses de ses élèves, Mollon, Brochier, Cas-= tillon, a donné des lois réglant le pronostic des diphtéries graves en fonction de l’azotémie.

Dans les angines diphtériques bénignes on observe assez souvent une albuminurie ; d’ailleurs minime, transitoire. On ne décèle aucun trouble de la fonction rénale.

Dans les diphtéries malignes il en va tout autrement. Les urines renferment de l’albumine et ceci d’une façon constante. Cette albumine atteint parfois des taux énormes pouvant aller jusqu’à 50 gr. par litre. Les hématuries sont rares. On ne peut tirer aucune conclusion quant à l’évolution en présence de cette albuminurie isolée.

A celle-ci s’adjoint fréquemment de la cylindrurie : cylindres granuleux accompagnés dans la plupart des cas de globules rouges et de globules blancs. L'association : albuminurie, cylindrurie assombrit considérablement le pronostic.

La diurèse est dans l’ensemble diminuée, mais elle peut rester normale. Dans certains cas de gravité extrême, heureusement rares, l’oligurie peut aller jusqu’à l’anurie complète. L’issue est constamment fatale.

La néphrite diphtérique ne détermine jamais d’œdèmes ou exceptionnellement. Cest, en effet, une néphrite essentiellement azotémique. Des dosages systématiques ont permis de se rendre compte de la grande fréquence de l'élévation du taux de l’urée sanguine au cours des disphtéries graves.

« Les manifestations cliniques qui extériorisent l’azotémie sont variables. Elles peuvent revêtir la forme de l’urémie digestive (anorexie, vomissements, diarrhée), la forme de l’urémie nerveuse (somnolence, adynamie, torpeur, convulsions) et

plus rarement la forme de l’urémie respiratoire (dyspnée toxique régulière ou irrégulière ou à type de Cheyne-Stockes).

Toutes ces manifestations ne se présentent pas le plus souvent au complet. La néphrite azotémique diphtérique se traduit par un minimum de signes et il faut les rechercher avec soin. De plus, toutes les combinaisons symptomatiques peuvent se voir » (Professeur Chalier). II y a une diminution du taux de Purée urinaire alors que dans la diphtérie sans Jésions rénales graves l’excrétion de l'urine est au contraire augmentée.

Le taux de l’urée sanguine ne varie pas avec le taux de Palbumine ou avec la quantité des urines. La tension artérielle est toujours au-dessous de la normale, on peut même avoir une forte hypo-tension.

La néphrite azotémique est rare dans l'enfance, mais beaucoup plus fréquente au cours des disphtéries graves du grand enfants et de l’adolescent.

Le Pronostic de cette forme est grave, et il est dominé par la marche du taux de l’azotémie. — Nous résumerons rapidement les faits qui ont été établis par le Professeur Chalier et ses élèves et qui ont reçu une approbation unanime des auteurs étrangers (Prochazka, Gonzalez) et français (Lesne, Cruchet, Grenet, etc), Chalier a établi une véritable loi, lorsqu'il déclare : « une azotémie élevée dépassant 0 gr. 90 à 1 gr., entraîne « toujours un pronostic fatal, et c’est à titre exceptionnel que « nous admettons la possibilité de la guérison dès que le taux « de l’urée dépasse 0 gr. 50. » A cette loi, il ajoute dans la thèse de Castillon une précision de plus : « L’azotémie, déclare « cet auteur dans ses conclusions, est un symptôme important « par les indications pronostiques qu’il entraîne. L’associa- « tion à une cylindrurie marquée, d’une azotémie dépassant « 1 gramme comporte toujours un pronostic fatal. »

Dans les cas où cette loi ne trouve pas son application, et où le sujet guérit de sa diphtérie, il guérit aussi intégralement de sa néphrite. |

On trouvera de très nombreuses observations de ce type dans les publications du Professeur Chalier, et dans les thèses de ses élèves. Nous n’en citerons, à titre d'exemple, que deux tirées de la thèse de Mollon.

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