‹ Contribution à l'étude des néphrites aiguës à manifestations azotémiques prédominantesChapitre 36 sur 37 · RÉSUMÉ DE L’ARTICLE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE L’ARTICLE

OBSERVATION (Résumé).

O. I. âgée de 23 ans, mariée, femme de chambre, entre à Padiglione le 7 décembre 1933.

La malade présente de la fièvre depuis 8 jours et une douleur dans la région lombaire gauche. Les urines sont diminuées de volume. x

Les jours suivants. apparition de vomissements qui deviennent de plus en plus fréquents et s’accompagnent d'asthme intense et de céphalées. :

GLe

La fièvre persiste depuis 5 jours. Après 2 jours, les. urines n'ont pas sensiblement diminué mais l'état précédemment décrit persiste et s'aggrave.

Rien à signaler dans les antécédents, si ce n’est, en 1931, une cystite aiguë qui dura 8 jours puis guérit complètement sous l'action de l’urotropine. dé

Elle s’est mariée le 30 octobre 1933 avec un homme parfaitement sain. |

A l'examen : Etat général altéré, la malade est légèrement obnubilée. Elle est affalée en decubitus dorsal. Les muqueuses sont visiblement pâles. Aucun œdème. Hypotomie musculaire. Température subfébrile. Pouls 82. Respiration 28.

La langue est sèche ainsi que toute la cavité buccale. Cœur et poumons normaux.

L'abdomen est normal. Rien à l’inspection de la région lombaire. Douleur réveillée au point costo-lombaire gauche. La palpation du pôle inférieur du rein gauche est douloureuse.

Examen gynécologique négatif.

S. N. normale.

Examen des urines. :

Albuminurie à 2 0/00, pas de glucose, ni d’urobiline, ni de pigments biliaires, présence de muco-pus.

Urée à 10,22 0/00, chlore à 4 0/00.

Sédiments : beaucoup d’hématies, quelques cylindres hyalins granuleux. Beaucoup de leucocytes non alétrés.

Examen du sang.

Hématies : 3.500.000.

Leucocytes : 8.000. Neutrophyles : 74 % ; Leutocytes-: 12 Z ; Monocytes : 14 %.

Tension artérielle : 12,5/6,5.

Glycémie : 1,96 0/00.

Azotémie : 2,17 0/00.

Chlorurémie : 5,03 0/00.

Cholestérinémie : 2,50 0/00.

B.-W. dans le sang : négatif.

Radiographie de l’appareil urinaire négative, pas de calcul.

L'ombre rénale est normale, par sa forme et son siège.

Devant un tel tableau clinique on pose le diagnostic de « pyélite gauche avec néphrite bilatérale et urémie ».

Les 8° et 9° jours, on met : ‘

La malade au repos absolu, avec diète hydrique.

On pratique des injections sous-cutanées de sérum physiologique et de produits toniques. + L'état de la malade se maintient identique, toujours grave.

Les vomissements ont un peu diminué.

Le 10° jour : Emission de 600 cc. environ d'urine.

Azotémie à 5,38 0/00.

L'examen du fond d’œil est négatif.

Les vomissements persistent.

Le 11° jour : Emission de 800 cc. d’urine.

Azotémie : 6,39 0/00.

Tension artérielle : 14/8.

Le 12° jour : 900 cc. d’urine.

Azotémie : 5,71 0/00.

Les vomissements cessent.

On continue la même thérapeutique.

Du 13° au 23° jour : L'état général semble un peu s'améliorer. La malade est moins abattue et plus lucide, les urines se maintiennent aux environs de 1.000 à 1.200 ec.

Albumine : 1 0/00.

Sédiments :

nombreuses hématies ; quelques leucocytes ; quelques cylindres hyalins granuleux.

Chlorurie : 5 0/00.

Urée urinaire : 15,64 0/00.

. L’azotémie persiste toujours élevée : 5,24 0/00, 5,47, 4,45, 3,97,

Tension artérielle : 13/8.

Ponction lombaire : liquide clair légèrement hypertendu. Azote 3,91 0/00. B.-W. négatif.

Le 24° jour : L’état de la malade s'aggrave.

Elle présente une abondante épistaxis ; l’azotémie remonte à 5,60 0/00 ; pouls à 132.

Les 25° et 26° jours : Emission d’environ 300 cc. d’urine ; azotémie à 5,85, puis 6,52 0/00 ; chlorurémie : 5,83 0/00.

Le 27° jour : Malade complètement obnubilée, ne répondant plus ; aucune émission d'urine ; azotémie : 6,80 0/00.

Le 28° jour au matin : La malade meurt.

On pratique l’autopsie.

Reins augmentés de volume, légèrement ramollis, facilement décapsulables.

La face externe en est lisse.

A l’examen histologique : Signes de néphrite aiguë.

En somme ces observations établissent l'existence de néphrites azotémiques aiguës d'apparence primitive, d’étiologie souvent incertaine, se présentant cliniquement comme des poussées aiguës de néphrites chroniques avec azotémie élevée.

Comme nous l'avons fait remarquer au début, l'intérêt de-ces observations réside “essentiellement dans le diagnostic puisque, pour la plupart d’entre elles, c’est la néphrite chronique que l’on a admis avant d’envisager l’hypothèse de néphrite aigué.

Elles se présentent en effet avec un minimum de signes uripaires, un minimum de symptômes œdémateux et. des manifestations un peu aberrantes: vomissements, crises épileptiformes, céphalées, défaillance cardiaque, galop, torpeur, tous symptômes qui peuvent exister dans les néphrites aiguës mais qui, par leur prédominance, donnaient à ces malades une allure particulière. :

L'hypothermie est aussi une cause d’erreur de diagnostic puisqu'elle masque le syndrome infectieux habituel aux néphrites aiguës. :

Le diagnostic réel est difficile à faire en l’absence des données que fournit l’évolution. Peut-être pourrait-on se servir de l'absence de rétinite albuminurique pour établir le diagnostic dès les premiers examens de ces malades.

Le second intérêt de ces observations tient à leurs particula-

rités évolutives. On constate chez ces malades qui paraissaient -

en pleine azotémie symplomatique une évolution favorable.

La guérison de l’azotémie des néphrites aiguës est chose connue ; on sait qu’une néphrite qui présente en même temps que de gros œdèmes, de l’oligurie et des hématuries, un taux élevé d’urée, guérit de tous ses symptômes lorsque la diurèse se rétablit. Mais on sait également que certaines néphrites de type azotémique comme celles de la diphtérie ont un pronostic redoutable. |

Celui de ces néphrites aiguës en apparence primitive est du moins dans nos observations entièrement différent.

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