‹ Contribution à l'étude des néphrites consécutives à la tuberculoseChapitre 14 sur 34 · OT · texte numérisé non relu

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Néphrites confirmées.

Dès que les lésions rénales ont acquis un certain degré, elles se révèlent au lit du malade d’une manière plus ou moins apparente. (Obs. VI à XV.)

Lorsque dans les néphrites confirmées les altérations restent légères, l’aspect des coupes diffère peu de celui que nous décrivions à propos des formes latentes. On rencontre, comme dans celles-ci, l’abrasement superficiel des cellules, la prolifération interstitielle, les altérations des glomérules. Mais au lieu d’étre à l’état d’ébauche, ces lésions sont déjà plus marquées. Sur un grand nombre de tubuli on voit des cellules granuleuses, mal colorées, souvent privées de leur noyau : ce sont là des cellules mortes destinées à tomber dans la lumière des tubuli, où elles contribueront à former les amas granuleux qui encombrent le centre de ces canalicules. La sclérose est souvent marquée sur un certain nombre de glomérules, tandis que les autres ont conservé une structure à peu près normale. Nous avons vu sur quelques coupes cette sclérose se disposer en des sortes d’îlots dont le centre était formé par un vaisseau sanguin présentant toujours un volume assez considérable. De ce centre, le tissu fibreux s’étendait aux espaces intercanaliculaires et surtout aux glomérules voisins, dont les lésions étaient beaucoup plus marquées que celles des glomérules situés dans d’autres points de la préparation.

Enfin dans les formes les plus graves, dans celles qui se terminent par exemple avec des symptômes d’urémie, ce sont

fÉHORCES

toujours les mêmes lésions que l’on rencontre, avec cette différence toutefois qu’elles sont à un degré plus avancé. Nous ne les avons jamais vues, cependant, arriver chezles tuberculeux au degré qu’elles atteignent quelquefois dans les vieilles néphrites chroniques, car le temps leur manque pour cela, et le malade, affaibli par sa tuberculose, succombe à une insuffisance rénale dont un individu plus résistant eût triomphé.

On peut voir, d’après ce qui précède, que la néphrite consécutive à la tuberculose ne diffère pas des autres néphrites infectieuses. M. le professeur Bouchard (1) comprenait du reste toutes ces néphrites dans une même description, lorsqu’il donnait, en 1881, les caractères principaux des néphrites dues aux infections. Cependant M. le docteur Carrière (2) (de Bordeaux) annonce dans une communication récente que la tuberculine produit, sur les cellules épithéliales des tubes secréteurs du rein, un état nécrosique spécial consistant « en une désintégration fragmentaire des noyaux et en une dégénérescence vacuolaire et granuleuse du protoplasma ». Nous avons retrouvé, sur des reins d'animaux tués en quelques minutes par des injections intra-veineuses d'urine et sur des coupes de néphrite scarlatineuse, des dispositions absolument semblables à celles que M. Carrière figure dans son Mémoire : elles ne paraissent done pas appartenir en propre à l’action de la tuberculine. Aussi continuerons-nous à considérer les néphrites consécutives à la tuberculose comme des néphrites infectieuses analogues à toutes les autres, et dont l’origine ne peut être reconnue par l'examen histologique.

(4) BoucnarD, Revue de médecine, 1881, p. 675. (2) CarRiÈRE, Archives médicales expérimentales. Janvier 4897.

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