‹ Contribution à l'étude des néphrites consécutives à la tuberculoseChapitre 15 sur 34 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pression sanguine.

Grâce au sphygmomanomètre du professeur Potain, il est facile de se rendre compte de l’état de la pression artérielle. Nous avons d’abord mesuré cette pression chez un grand nombre de personnes bien portantes, et nous avons constaté qu’à l’état de santé parfaite la pression varie dans des limites à peu près fixes. L’aiguille du sphygmomanomètre s’arrête en effet constamment entre le 15° et le 20° degré du cadran. Ces deux nombres constituent donc les limites extrêmes de la pression artérielle chez les individus sains. Mais certaines affections, et en particulier les néphrites, les néphrites chroniques surtout, amènent une augmentation manifeste de la pression sanguine, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte en consultantle tableau numéro ILE, placé à la fin de ce travail. Cette augmentation de la pression sanguine s'accompagne ordinairement d’une hypertrophie du ventricule gauche qui se révèle à l’auscultation du cœur par la présence d’un bruit de galop.

Si nous examinons maintenant la pression sanguine chez les tuberculeux en général, nous voyons qu’elle est ordinairement inférieure à la normale. Tandis que la pression des individus sains varie de 15 à 20 degrés et est, par conséquent,

pige

de 17 degrés en moyenne, celle des tuberculeux est, en moyenne, de 11 degrés. Elle paraît diminuer, du reste, à mesure que la tuberculose fait des progrès, car dans les tuberculoses au début elle reste sensiblement normale.

Par analogie avec ce qui se passe dans les cas de néphrite chronique, on pourrait supposer que l’apparition d’une néphrite au cours de la tuberculose élève la pression sanguine, en raison de l’ancienneté et de la gravité des lésions. Il n’en est rien, et la pression reste faible dans ces cas. Il suffit du reste d'examiner le cœur d’un certain nombre de phtisiques morts après avoir présenté des symptômes de néphrite, pour se rendre compte que l’hypertrophie compensatrice du cœur gauche n’existe pas. On peut également constater, en auscultant systématiquement le cœur, que le bruit de galop est chez eux tout à fait exceptionnel.

Nous nous bornerons pour le moment à ces simples constatations, les conséquences qui en découlent devant trouver leur place dans un autre chapitre.

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