CHAPITRE IV
Physiologie pathologique.
Nous nous proposons d'étudier dans ce chapitre le foncüonnement du rein malade et de chercher à nous expliquer comment son jeu normal est modifié par la présence des lésions. Les modifications qui se produisent dépendent évidemment de la nature et du degré de la maladie. Elles dépendent aussi, dans une certaine mesure, de l’état des autres organes, puisque nous savons maintenant que le corps humain forme un tout dont les parties sont solidaires, agissent les unes sur les autres et peuvent, au besoin, s’entr’aider par des phénomènes de suppléance. Aussi toute étude de physiologie pathologique, pour étre complète, doit-elle comprendre au moins deux parties : l’examen des troubles fonctionnels qui tiennent à l'organe malade d’abord, et, en second lieu, l'examen des influences exercées par les viscères qui ont, sur les fonctions que l’on étudie, une action indirecte de quelque importance.
Pour nous rendre compte de l’état de la fonction rénale au cours des néphrites consécutives à la tuberculose, nous avons à notre disposition deux moyens d'investigation : la clinique d’abord, puis l’expérimentation. Les résultats ainsi obtenus, rapprochés des constatations anatomiques, nous permettront
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de nous rendre un compte exact de la valeur des lésions.
Nous avons vu précédemment qu'il existe chez les tuberculeux toute une classe de néphrites dont rien ne vient révéler l'existence durant la vie. Ce sont ces néphrites latentes qui vont nous occuper tout d’abord. Nous examinerons ensuite rapidement la physiologie pathologique du rein dans les néphrites confirmées sans urémie, puis dans les néphrites
confirmées qui se terminent par insuffisance urinaire.
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Néphrites latentes.
Dans ces cas, la toxicité urinaire est diminuée, mais cette diminution s'explique, comme nous l’avons déjà dit, sans qu'il soit nécessaire d’avoir recours à l'hypothèse d’une imperméabilité rénale. Le rein suflit-il à sa tâche ou se trouve-t-il suppléé par la suractivité d’un autre organe ? C’est ce dont nous allons chercher à nous rendre compte.
De tous les viscères, celui qui se trouve uni au rein par la plus étroite solidarité est, sans contredit, le foie (1). L’émonctoire rénal supplée, dans une certaine mesure, à l’insuffisance hépatique, et le foie peut sans doute compenser, lui aussi, l'insuffisance urinaire. Mais au cours de la tuberculose, le rôle compensateur du foie ne paraît guère s’exercer, car, chez les phtisiques, la glande hépatique, presque toujours malade, souvent plus malade que le rein (Obs. I, IE, IV, etc.), remplit a grand’peine ses propres fonctions. On la trouve, en-eflet, altérée dans la plupart des autopsies, et
(1) Gouser. Thèse de Paris, 1895.