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durant la vie des malades méme, il est aisé de se rendre compte qu’elle est le siège de troubles importants. On sait que le foie joue un rôle prépondérant dans la fabrication de l’'urée. Or, l’urée diminue notablement chez les tuberculeux, non seulement dans l'urine, mais encore dans le sang. Ce phénomène ne peut guère s'expliquer que par l’une des deux hypothèses suivantes : diminution dans la quantité des matériaux qui servent à fabriquer l’urée, ou bien insuffisance dans la fabrication elle-même. La première de ces hypothèses est absolument inadmissible, car les matériaux proviennent des déchets créés par les combustions organiques, et ces combustions s’exagèrent constamment dans la phtisie, puisque les malades maigrissent.
Force est donc, en définitive, d'expliquer l'insuffisance de l’uréogénie par un affaiblissement des fonctions du foie, et, si cet organe est ainsi altéré, il est difficile d'admettre qu'il puisse jouer, à l’égard du rein, un rôle de suppléance.
Mais il existe avec le foie d’autres émonctoires susceptibles d’atténuer, dans une certaine mesure, les effets de l’imperméabilité rénale : ces émonctoires sont les glandes intestinales et les glandes sudoripares.
On sait que parfois la diarrhée suffit à faire disparaître les phénomènes d’urémie. Mais la diarrhée des tuberculeux ne remplit pas ce rôle vicariant. Elle reconnait d’autres causes et résulte le plus souvent de lésions intestinales. A la faveur des troubles que ces lésions produisent, les microbes les plus divers pullulent et élaborent leurs poisons, de sorte que l’intestin, bien loin d’aider à la dépuration sanguine, constitue plutôt un foyer d'intoxication nouvelle.
Il est plus difficile de se prononcer sur le rôle de la sécré-
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tion sudorale, mais ce rôle ne nous paraît pas avoir une très grande importance. S'il en était autrement, on devrait, en tarissant les sueurs, faire apparaître des symptômes d’urémie. Or, tous les cliniciens s’attachent à lutter contre les transpirations excessives des phtisiques sans déterminer pour
cela d'insuffisance urinaire.
Ainsi, dans les néphrites latentes, le rein suffit à sa tâche. I y suffit à lui seul, sans l’aide d'aucun autre organe et malgré la faiblesse de la pression sanguine. C'est donc que les lésions qu'il présente le laissent encore perméable, et l'étude anatomique prend dès lors un grand intérêt, puisque nous nous trouvons en mesure d'apprécier exactement la valeur de ces lésions. Or, toutes les néphrites latentes présentent un Caractère commun qui est la conservation à peu près parfaite de la partie basale des épithéliums sécréteurs. L'importance de ces épithéliums, établie expérimentalement par Heidenhain et Nüssbaum (1), ne saurait être mise en doute; par conséquent, si leur partie superficielle se trouve très souvent détruite sans entraîner pour cela de trouble dans la fonction du rein, il faut admettre que cette partie n’a pas une très grande importance et que c’est à la base des cellules que revient spécialement le rôle d'extraire du sang les produits toxiques à éliminer.
Si la néphrite latente ne détermine pas d’imperméabilité rénale, elle à pourtant une certaine importance, car elle fait du rein un lieu de moindre résistance et nous explique certains faits d’une interprétation difficile. L’un de ces faits s’est
(1) Vrauzr et Joxer, Physiologie, 2e édit., p. 402.
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