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seur Baumgarten, dans laquelle nous retrouvons des lésions profondes du rein. La malade, âgée de vingt-trois ans, était atteinte d’un lupus du nez, de la cuisse et de la jambe droite. Elle avait été opérée plusieurs fois. En présence de la ténacité des lésions, on se décida à employer le remède de Koch. A la première injection, faite avec un demi-centigramme, il se produisit une réaction très vive. Deux jours après, nouvelle injection un peu plus forte : la réaction fut plus modérée, mais les urines, qui avaient été reconnues normales dans plusieurs examens faits avant le traitement, devinrent rares et très albumineuses. Trois jours plus tard, dernière injection de 1 centigramme, à la suite de laquelle la malade succomba après avoir présenté des symptômes d’asphyxie, puis de la somnolence et une anurie presque complète.
Parmi les organes examinés par le professeur Baumgarten (les reins, la rate, le foie et les poumons), les reins seuls présentaient de graves lésions. A l’examen macroscopique, ils paraissaient à peu près normaux, mais au microscope on trouvait des altérations diffuses. L’épithélium des tubes contournés était ulcéré et les noyaux cellulaires impossibles à colorer; en même temps, le tissu interstitiel était le siège d’une inflammation intense et toute récente. A part quelques glomérules qui commençaient à se rétracter, les anses glomé-
rulaires et leurs capsules restaient normales.
Ces observations cliniques nous paraissent plus que suflisantes pour légitimer la conclusion que nous désirons en tirer, à savoir, que le rein de l’homme, comme celui des animaux, peut être gravement lésé par la seule action de la tu-
berculine. Mais il suffit de jeter les veux sur les deux obser-
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vations qui viennent d’être résumées pour se rendre compte que la tuberculine a agi d’une façon assez spéciale. On remarque, en effet, que le rein a réagi immédiatement et que les symptômes de néphrite ont apparu dès les premières injections. Le même fait a été constaté par les médecins de l’hôpital Saint-Louis, mais avec cette différence que, les inoculations ayant été faites avec une extrême prudence et suspendues au moindre accident, les troubles rénaux se sont dissipés et n’ont point abouti aux graves lésions signalées dans les deux autres cas.
Or, dans la clinique courante, les faits sont beaucoup plus complexes. Les symptômes de néphrite apparaissent presque toujours tardivement, alors qu'il existe déjà de profondes altérations pulmonaires et que des infections secondaires $e sont fatalement produites : on en arrive donc à se demander si la tuberculine est bien la seule cause des altérations rénales, et si les microbes surajoutés et leurs produits toxiques ne jouent pas aussi un grand rôle.
Bien qu'il soit impossible à l'heure actuelle d'établir exactement l'influence des infections secondaires, ce que l’on sait des microbes qui les produisent ordinairement rend leur intervention très vraisemblable. Parmi ces microbes, les plus communs etles mieux connus sont les divers staphylocoques, le streptocoque, le pneumocoque et le pneumo-bacille de Friedlander. L'action de plusieurs de ces microbes sur le rein à été mise en relief dans l'excellente thèse de M. le docteur Henriquez (1), où l’on trouve par exemple des observations de pneumoniques atteints de néphrite dont le rein et
(4) HexriQuez, Néphrites infectieuses. Thèse de Paris, 4892.