ET
Les racines nerveuses qui sont en rapport d’origine ou‘de ter minaison avec le renflement dorso-lombaire, examinées à l'œil . nu, ne différaient pas à gauche de celles du côté droit. Elles avaient à peu près la même grosseur, et, après macération dans la solution aqueuse d’acide chromique, elles avaient la même coloration. Or, l’on sait que, lorsque les racines nerveuses sont atrophiées, elles prennent, dans cette solution, une teinte beaucoup moins foncée que lorsqu'elles sont à l’état sain. D'ailleurs, elles ont été examinées à l’aide du microscope, et il a été impossible d’y constater une altération réelle, telle que disparition ou diminution du calibre des tubes nerveux, avec ou sans état granuleux.
Os. 11. — Le nommé S.…., âgé de 84 ans, admis à l’hospice de Bicêtre, est frappé d’une attaque d’apoplexie, le 6 septembre 1669. À la suite de cette attaque, il a une hémiplégie du côté droit. Il meurt le 16 septembre, dans le service de M. Luys, et l’on trouve un ramollissement cérébral du côté gauche, coïncidant avec l'obstruction de l’artère sylvienne correspondante. Cet homme avait subi l’'amputation de la cuisse droite, vers le tiers inférieur, en 1853, probablement à la suite d’une fracture du fémur, occasionnée par une chute du haut d’une voiture; il avait alors 68 ans. Il existait, en outre, une ankylose du coude du même côté. Ces détails m'ont été donnés par M. Troisier, interne provisoire à Bicêtre, lorsqu'il m'a apporté la moelle épinière de cet homme. Il paraît que l’on a tronvé aussi, à l’autopsie, un petit foyer, ancien (ramollissement ?) dans la moitié gauche de la protubérance, et cette moitié avait subi une diminution de volume, surtout au-dessous du foyer. L’atrophie ne paraissait pas se prolonger dans le bulbe rachidien. [1 y avait de nombreuses plaques fibreuses arachnitiques sur la face posté- ‘rieure de la moelle épinière.
DO
Après un mois de macération de la moelle épinière dans une faible solution aqueuse d’acide chromique, on a pratiqué dés sections dans les diverses régions de cet organe, et l’on a pu constater qu'il n'y a qu'une diflérence très légère entre les deux: moitiés du renflement dorso-lombaire. Cependant dans ce: renflement et vers le bas de la région dorsale, le faisceau postérieur droit est certainement un peu moins voulumineux que celui du côté gauche. La substance grise offre la même forme et les mêmes dimensions à droite et à gauche. Les deux moitiés de.la moelle redeviennent semblables l’une à l’autre dans la plus grande partie de la région dorsale: Dans Ja partie tout à fait supérieure de cette région, au-dessous du renflement cervical, on voit reparaître une différence entre ces deux moitiés; mais ici, c’est le faisceau antérieur du côté droit qui est notablement plus étroit que celui du côté gauche. Dans le renflement cervical et au-dessus, on ne trouve plus de dissemblance entre les deux faisceaux antérieurs de la moelle. La névroglie y est un peu plus développée dans les faisceaux grêles médians postérieurs qu’à l’état normal, surtout d’un côté.
Dans les points où nous avons indique une diminution de volume, soit du faisceau postérieur du côté droit, soit du faisceau antérieur du même côté, la substance de la névroglie est aussi plus abondante dans les parties atrophiées, mais il est difficile de savoir s’il y a véritable multiplication des éléments de ce tissu ou s'il est simplement devenu plus condensé par suite de la disparition ou de l'amoindrissement des fibres nerveuses. Les vaisseaux intra-médullaires sont manifestement plus larges que dans leur état normal; mais ils ne diffèrent pas à droite de ce qu'ils sont à gauche.
Ajoutons enfin que, dans presque toute la hauteur de la région dorsale de la moelle, se trouve. une innombrable quantité de corps amyloïdes, et que, vers la partie inférieure de cette région:
ils sont peut-être un peu plus nombreux à droite qu’à gauche. Ces corps amyloïdes se voient surtout dans les faisceaux postérieurs et dans la partie postérieure des faisceaux latéraux.
Il en existe encore en assez grande quantité dans le faisceau antérieur atrophié de la portion tout à fait supérieure de la résion dorsale.
Dickson. — 1873.
Examen au microscope de coupes d’une moelle d’un homme qui avait été amputé de la jambe droite, quinze ans avant sa mort.
J'ai constaté une diminution manifeste dans le volume ‘de la corne antérieur atrophiée, qui est visible même à l'œil nu. Cette atrophie est particulièremeut visible à la région lombaire supérieure : elle est accompagnée d’un changement notable dans l’état des cellules nerveuses de toute la région lombaire.
Le nombre des cellules est diminué du côté droit (côté de l’amputation) et ces cellules sont atrophiées, leurs prolongements ont disparu; les cellules elles-mêmes sont remplies de pigment granuleux, leurs bords sont plissés et irréguliers.
Hayem. — 1875.
OBsERVATION I. — Désarticulation du poignet remontant à cinq ans environ.
O8s. II. — Amputation de la cuisse datant de vingt-quatre ans.
Conclusions : 1° le nombre des tubes nerveux isolés et à
myeline est d'autant moins considérable qu'on approche plus du bout terminal devenu nevromateux;
2° Le nevrome terminal lui-même contient plus de tubes à myéline isolés, il ne renferme que des faisceaux de petits tubes
L'examen de la moelle fait dans le cas d’amputation du poignet a donné des résultats analogues à ceux qui ont été énoncés par Dickinson ct Vulpian. Il esxistait du côté correspondant à l'amputation, une atrophie générale de la corne antérieure de substance grise. Un grand nombre de cellules multipolaires étaient plus ou moirs atrophiées.On observait en outre quelques lésions irritatives, non seulement du côté atrophié, mais également du côté opposé ; lésions analogues à celles que l’on trouve dans les myélites chroniques centrales.
Le maximum des altérations siégeait au niveau de la huitième cervicale et de la première dorsale ; d’où l'on peut conclure que ces deux paires nerveuses sont particulièrement en rapport avec la main; mais, dans aucune préparation, la corne atrophiée n’était complètement dépourvue de cellules normales.
L'état d’irritation chronique légère, mais sensible, existant, dans la moelle et cela des deux côtés peut rendre compte, très vraisemblablement de certains phénomènes cliniques observés quelquefois dans les moignons, car il est permis de penser que le ‘processus essentiellement chronique et peu intense dans les cas ordinaires, acquiert parfois plus d’acuité et d'importance.
E. Leyden. — 1876.— Klinik der Ruckenmarks Krankheiten.
Nous avons exäminé à trois reprises la moelle d'individus qui avaient antérieurement subi l’amputation d’un membre : lun d'eux avait été amputé du bras trois ans auparavant, le second
es 29 ——s de la jambe, au lieu d'élection, depuis deux ans et demi, et le
troisième, de la cuisse, il y avait cinq ans; chez tous les trois la
moitié correspondante de la moelle était atrophiée, mais l'atro-
phie était particulièrement sensible chez le troisième : en prati-
quant à l’état frais une coupe transversale à travers le renfle-
ment lombaire de cette dernière moelle, on reconnaissait une
atrophie qui portait sur la substance grise et sur la substance
blanche ; après durcissement, la différence entre les deux moitiés
était encore beaucoup plus accentuée.
Le côté droit était sensiblement plus petit que le gauche; les faisceaux radiculaires antérieurs étaient plus grêles à droite; il” en était de même des fibres radiculaires postérieures cet de celles qui traversent la substance gélatineuse de Rolando. Il en résultait que la coïne postérieure gauche était plus grèle que la droite. De même la corne antérieure était manifestement rétrécie, notamment dans sa portion externe ; un certain nombre de cellules nerveuses avaient probablement disparu, mais il était impossible de démontrer le fait sur les préparations. Les cordons postérieurs n'offraient qu’une très légère différence de volume. La moelle avait partout sa structure normale. Au-dessus du renflement lombaire la différence entre les deux moitiés de la moelle existait toujours, et elle allait en décroissant jusqu'à la région cervicale. Le cordon postérieur et le faisceau latéral ne prenaient que très peu part à ce manque de symétrie; mais le cordon latéral, ainsi que la corne antérieure, étaient sensiblement atrophiés, moins cependant qu’au renflement lombaire. Les cordons de Goll étaient un peu plus fortement imprégnés par le carmin au voisinage du sillon médian, ce qui prouvait que les deux cordons à la fois avaient subi une légère atrophie.
Ces observations démontrent jusqu’à l’évidence que chez
l'adulte aussi, l’atrésie d’un membre peut occasionner une modification consécutive dans la moelle. Cette modification ne porte
pas seulement sur la substance blanche, mais encore sur les cel-
lules nerveuses ef sur la corne antérieure; elle consiste essentiellement en une atrophie simple.
Genzmer. — 1876. — Veränderungen im Rückenmark eines amputirten.
Observation I. — Moelle d’un homme amputé trente ans auparavant pour une tuberculose du genou droit et mort du typhus.
Coupes colorées au picro-carmin. k
Je n’ai trouvé aucune lésion du cône terminal dont les deux parties paraissaient égales. Une différence de volume des deux parties de la moelle devenait apparente avec le début du renflement lombaire; cétte différence s'accentuait très rapidement en remontant, et atteignait son maximum, environ à la limite du tiers inférieur et du tiers moyen de ce renflement. C’est en ce point que la substance grise paraissait avoir son plus grand développement.
Au-dessous du milieu du renflement lombaire, la différence entre les deux parties de la moelle était peu appréciable, et celle-ci disparaissait complètement dans son tiers supérieur.
Cette dissemblance entre les deux moïitiés de la moelle, entre le côté droit, côté de lamputation, et le côté gauche côté sain, était due à une diminution de volume des cornes antérieures et à une moindre quantité de cellules nerveuses Les racines antérieures étaient aussi ‘plus grêles et moins nombreuses à droite, que ces mêmes racines du côté opposé.
Je n’ai pas trouvé de structure anormale des tubes nerveux; ils r’étaient pas diminuées. de volume comme dans le cas de Vulpian; (leur diamètre variait entre 5,5 et 7,5) les cellules nerveuses n’étaient.ni pigmentées « Kôürnig pigmentirt » ni
RES ee dépourvues de prolongements pas plus qu'elles n'étaient froissées dans leurs. contours comme elles l’étaient dans le cas de Dickson.
I m'a paru cependant que les cellules nerveuses du côté droit (après mensuration sur quelques coupes) étaient plus petites que celles du côté opposé; je n'insiste pas beaucoup sur ce fait, car il était très peu accusé.
Les cornes postérieures et les cordons blancs. paraissaient normaux, tantau point de vue de leur quantité, que de leur qualité; le canal central était complètement oblitéré. Je trouvai normales les parties supérieures de la moelle.
La différence de temps écoulé, depuis l’amputation jusqu’à la mort (30 ans dans mon cas et 15 dans celui de Dickson) ne me semble pas suffisante pour expliquer la différence des lésions observées.
Les altérations que j’ai observées ne peuvent être considérées comme conséquence de l’amputation, que si ces mêmes lésions sont rencontrées dans un grand nombre d’autres cas.
A côté des observations relevées dans les névrotomies expérimentales, il est bon de mentionner ce fait, que non seulement le bout périphérique du nerf dégénère, mais aussi son bout central.
L'atrophie se propage dans la direction centripède jusqu'aux organes centraux, jusqu'aux cellules nerveuses qui ont été privées de leurs conducteurs nerveux par l’amputation du membre. Il ne faut pas s'étonner de ne pas retrouver de cellules nerveuses après une période de 30 années.
Buffalini et Rossi. — 1876.
Conclusions : 1° il n’y a pas d’altération histologique dans la substance grise de la moelle après la section des racines spinales et il y a une atrophie partielle de la substance blanche, consistant dans la diminution du nombre des éléments qui constituent cette substance;
20 L’atrophie de la moelle, après la section des racines ischiatiques, ne porte pas au-delà du renflement lombaire ;
3 Après la section des racines spinales, l’atrophie de la moelle est plus considérable dans la partie postérieure.