DIAGNOSTIC
Vincent, dans sa thèse sur «les paralysies de la fièvre intermiltente », conelut en disant que le siège des lésions se trouve dans la substance grise corticale du cerveau. : Or Grassel dit, au sujel des paralysies provenant de lésions pathologiques du cortex, que « le premier et le principal caractère de ces paralysies est d'être circonscrites, limitées à un groupe musculaire ; elles se rapprochent, à ce point de vue, des paralysies par lésions des nerfs; en second lieu, elles sont souvent incomplètes : ce sont des affaiblissements, des parésies, plutôt que des paralysies véritables ».
Ces deux caractères se retrouvent nettement dans des cas de névrites, et on peut se demander, en présence d'une paralysie palustre, s’il s’agit d’une lésion de l’encéphale ou bien d’une névrite. De même, en observant une paralysie ascendante (syndrome de Landry) d’origine palustre, comme chez le malade de Dumolard et Flottes, on peut se demander s'il s’agit d'une polynévrite ou d'une myélite. Aussi, c'est à la ponction lombaire que l'on doit demander les éléments du diagnostic, et à la
Le
recherche des troubles sphinctériens, constants et précoces dans la myélite, et exceptionnels dans la polynévrite.
Le diagnostic de névrite étant posé, il. faut en déterminer l'étiologie. S'agit-il d'un malade paludéen en période d'accès fébrile? Le diagnostic de névrite palustre s'impose, surtout si l’on a découvert l’'hématozoaire dans le sang. Ilne faut pourtant pas en exiger toujours la présence; en effet, chez des paludéens en accès, cette recherche peut rester négative. La fièvre peut manquer ouavoir disparu, la névrite persistant seule. Dans ces cas, la confirmation du diagnostic étiologique devra être demandée au traitement d’épreuve. De toutes façons, l'étude des antécédents devra être approfondie et c’est ainsi que l’on pourra dépister une névrite toxique (alcoolique ou saturnine).
Lorsqu'il s’agit de malades provenant de régions tropicales, on peut avoir à hésiter entre une affection paludéenne et le béribéri.
Le béribéri, on effet, peut simuler les polynévrites palusires, mais les manifestations névritiques de cette maladie infectieuse sont multiples et constituent non pas une complication comme dans -le paludisme, mais un des symptômes essentiels. A-côté de ce symptôme, on conslate la rachialgie, les douleurs en ceinture, les grands œdèmes et les épanchements des séreuses. Rien de semblable dans le paludisme, et, si des œdèmes y ont été signalés, ils étaient très localisés: Certains auteurs, en particulier Grall, n'admettent pas la forme humide de la polynévrite palustre. De plus, l'étude. des antécé-. dents et de la marche de l'affection ne permet de relever dans le béribéri aucune réaction fébrile: Enfin, le béribéri est une maladie essentiellement épidémique et ne sévit que sous l'équateur. |
es Le diagnostic de la polynévrite palustre, s’il est aisé dans bien des tas, peut devenir très discutable lorsque le béribéri atteint un sujet paludéen. LA encore c'est à l'épreuve thérapeutique qu'il faudra avoir recours pour séparer les différents symptômes et en reconnaître l'ori- gine réelle.