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aiguë et l'ont inoculée sans filtration à un singe et après filtration à deux sujets de bonne volonté (ces deux sujets ont été inoculés par voie sous-cutanée). A la suîte de ces inoculations, ils ont fait les constatations suivantes : 1° Le singe est nettement sensible à l’inoculation du virus; + Les sujets inoculés par voie sous-cutanée avec l’expectoration filtrée ont contracté la grippe. Enfin, dans une seconde série d'expériences, MM. Nicolle et Lebailly ont constaté que l’inoculation sous-cutanée du sang d’un grippé à la période aiguë est négative, ce qui laisse supposer que le virus ne se trouve pas dans le sang des malades. Des expériences non moins intéressantes ont été faites par M. Dujarric de la Rivière. Ayant prélevé à quatre grippés 20 centimètres cubes de sang, M. Dujarric a mélangé les quatre sangs après défibrination, puis a filtré le mélange. Quatre centimètres cubes du filtrat ainsi obtenu lui ont été inoculés sous la peau. Après deux jours passés sans aucun malaise, la grippe a éclaté sous sa forme typique et a fait son évolution en quatre jours. Les jours suivants tout paraît rentré dans l’ordre quand éclatent des troubles cardiaques caractérisés par des douleurs précordiales avec irrégularité du pouls et essoufflement au moindre ‘effort. Nous reviendrons plus loin sur l’expérience du même auteur relative à l’immunité.
Etant donné les résultats positifs des expériences de MM. Nicolle et Lebailly et de M. Dujarric, la spécificité du cocobacille de Pfeiffer est réduite à
néant. Peut-être s’agit-il d’un microbe d'association jouant auprès du virus filtrant le même rôle que le
streptocoque vis-à-vis du virus de la scarlatine. Le
bacille de Pfeiffer rentrerait alors dans la même catégorie que le pneumocoque, le streptocoque, le staphylocoque, qui ont tous été trouvés dans la grippe et qui n’entrent en ligne de compte que comme facteurs de gravité.
Contagion. — La question de la contagion de la grippen'est pas une des moins intéressantes, puisque de son étude découlera tout naturellement la prophylaxie. En 1889, on a incriminé le contage d'homme à homme et l'influence de l’eau. Il ne semble pas actuellement, que l’eau puisse jouer un rôle dans la transmission de la maladie. Par contre, la contamination à la suite du contact avec un malade est certaine. Elle s'effectue par l'intermédiaire des particules projetées par le malade dans ses efforts de toux, particules qui, à l’examen, se sont toujours montrées virulentes. Nous avons connaissance d’un foyer de grippe qui s’est développé nettement par ce mode de propagation direct. Une jeune femme voyage, durant deux heures, dans un wagon au complet, en contact avec un grippé, qui la prévient d’ailleurs du danger qu’il présente. Dès le soir même, soit trois à quatre heures après le contact, cette jeune femme tombe malade. Elle transmet la maladie à son mari.
Celui-ci va néanmoins à ses affaires alors que déjà
il tousse et expectore. Il voit deux ou trois personnes,
leur transmet la maladie et, dès le lendemain, soit