II. — Occlusion chronique
Nous insistons un peu sur cette forme qui, moins. dramatique,n’en est que plus difficile à reconnaître. Elle simule bien des maladies : dyspepsie, constipation chronique, et surtout le cancer et la tuberculose. Comme elle s’installe très souvent après des crises très légères d’appendicite, erises pouvant même passer inaperçues, on comprend combien il est parfois délicat de la dépister.
Le tableau clinique est ici bien moins terrifiant. Un individu éprouve de temps à autre de vagues douleurs abdominales, s’accompagnant d’anorexie et de constipation avec quelques débäâcles diarrhéiques. On croit à une dyspepsie et le malade continue à vaquer à ses occupations. Parfois apparaissent quelques petits vomissements, des coliques pendant la digestion qui est lente et pénible. Après les repas, le malade est fréquemment atteint de migraine, congestion de la face ;: son sommeil est troublé par des cauchemars.Très souvent aussi, il se plaint de tiraillements douloureux abdominaux, principalement au niveau de la fosse iliaque droite. Ces douleurs sont rappelées, ravivées par la marche et l'exercice. Dans le calme tout disparait.
On constate parfois dans les selles des mucosités glaireuses qui font de suite songer à l'entérite mucomembraneuse,
Entre temps, le malade un peu plus constipé que
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d'ordinaire, éprouve une sensation de plénitude abdominale. Il se sent le ventre lourd et tendu, et présente quelques coliques avec des renvois fétides et de la dyspnée. On trouve alors le ventre légèrement ballonné et météorisé ; l’on voit les anses intestinales se contracter et se dessiner sous la paroi abdominale. Puis, après une purgation, tout rentre dans l’ordre ; on a eu là une légère crise d’occlusion.
Pendant ce temps,le malade maigrit, se cachectise ; ses forces l’abandonnent jusqu’à ce qu’enfin un beau jour il recourt à l'intervention chirurgicale, suscité par un bon diagnostic ou par une crise d’occlusion aiguë grave. Celle-ci est, en effet, le grand danger sans cesse menaçant. Le tableau change de face alors : météorisme énorme, vomissements fécaloïdes, constipation absolue, coliques douloureuses, hypothermie. On opère et l’on trouve un appendice dur, scléreux, hypertrophié, avec adhérences mul-
tiples et brides dont l’origine n’est pas douteuse.