ONE
== #9 = L'un des os a la forme d’une baïonnette sur une longueur de 1 cm. 50. Souvent, deux branches collatérales se détachant dans le voisinage, se recourbent pour aller à la rencontre l’une de l’autre, et forment ainsi un anneau plus ou moins complet, qui est rempli par du tissu fibreux. Les aiguilles et les branches sont, le plus souvent, canaliculées ; ce canal est parfois suffisant pour admettre une aiguille ; il y en a qui sont beaucoup plus fins et ne sont visibles qu’à la loupe. Les endroits épaissis, c’est-à-dire le centre des ramifications, se laissent facilement écraser, attendu qu'ils consistent en une coque osseuse très mince circonscrivant un gros espace médullaire. La surface interne de la paroi est inégale ; elle donne naissance à des prolongements nombreux, en forme d'aiguilles minces, isolées, qui traversent presque complètement l’espace médullaire. Ce qui remplit ces cavités est très facilement destructible : c'est un tissu jaunâtre, délicat, graisseux. Certains os, par contre, possèdent la structure de lames minces, compactes. La surface qui est tournée vers la plèvre est lisse, unie celle tournée vers le poumon, inégale, rugueuse. La couleur des os correspond complètement à celle dè os ordinaires du squelette.
OBSERVATION II (MM. Devic et Paviot).
Homme de cinquante-huit ans, manœuvre, entré salle Saint- Augustin, à l’'Hôtel-Dieu, le 2 décembre 1878, décédé le 4 décembre de la même année.
Diagnostic clinique (résumé).
Antécédents tuberculeux manifestes. Alcoolisme avoué. Pas de syphilis, pas d'impaludisme. Exempté du service militaire pour bronchite. Obèse depuis cinq à six ans, il aurait commencé à maigrir depuis le printemps de 1897. À cette époque, bronchite fébrile, compliquée d’'hémoptysie.
En avril 1898, premier séjour à l'Hôtel-Dieu ; on constate : amaigrissement notable, perte des forces, lésions tuberculeu-
RARE Done
ses cavitaires très nettes au sommet droit. Expectoration abondante, avec bacilles de Koch, sueurs nocturnes, fièvre continue sans type inverse, abolition du réflexe rotulien. Diabète sucré.
Il sort de l'hôpital, l'état général étant plus mauvais qu'à l'entrée. |
Lors de son séjour à l'Hôtel-Dieu, on note : aspect cachectique très marqué, affaiblissement extrême. Expectoration purulente très abondante, signes cavitaires au sommet droit, obscurité très marquée de la respiration aux deux bases. Bruits du cœur sourds, normaux. Tachycardie et dyspnée très marquées. Ascite sans ictère. Rate grosse. Température subfébrile. Urine rare, haute en couleur, contient du sucre et de l’albumine en notable quantité.
AUTOPSIE. (Nous ne reproduisons in exlenso que l'examen du poumon.)
Poumon droit: symphyse pleurale au sommet, se prolongeant en arrière bien plus qu'en avant. Pleurésie ankystée au niveau du lobe inférieur ; on retire environ 300 à 400 grammes d'un liquide citrin, transparent,
Le sommet du poumon est occupé par une caverne du volume d’une grosse noix, vide, à parois épaisses, fibreuses, assez irrégulières, de couleur grisâtre. Tout autour de cette caverne, dont la partie supérieure forme l'extrême sommet du poumon, on trouve un tissu fibroïde assez dense, au sein duquel se voient un grand nombre de tubercules récents en voie de ramollissement et des canaux bronchiques à parois très épaissies. di
Le lobe moyen est le siège de plusieurs foyers crétacés et fibreux de petit volume ; tout le parenchyme ne crépite presque plus.
Le lobe inférieur présente les lésions les plus importantes ; la partie supérieur est en atélectasie. Sa portion la plus élevée offre les mêmes altérations que le lobe moyen ; mâis, en plusieurs points, surtout vers la partie externe, les foyers fibro-
en
crétacés sont entourés de granulations grises récentes, saillantes et disposées en collier autour de ces foyers. Le parenchyme crépite très mal, surtout dans ce lobe.
Dans la partie postéro-inférieure du lobe, on sent, par une palpation attentive, plusieurs corps durs et irréguliers ayant les mêmes caractères que ceux du poumon gauche et n'en différant que par leur moindre volume et leur plus petit nombre. Ces corps sont situés, les uns presque sous la plèvre, et surtout sous la plèvre diaphragmatique, dont ils ne sont séparés que par une mince bande de parenchyme atélectasié, les autres, beaucoup plus nombreux, en plein tissu pulmonaire. Ils paraissent disséminés sans ordre. Toutefois, ils se trouvent toujours assez loin des foyers fibro-crétacés et séparés d'eux par un parenchyme plus ou moins sclérosé. Macroscopiquement, ils ne présentent aucun contact avec les plus fines divisions bronchiques et avec les vaisseaux, dont ils sont séparés par des intervalles très nets, où le poumon paraît dense et en état de carnification. Ils semblent indépendants les uns des autres, jetés au hasard, et ils ne forment pas du tout une chaîne continue, articulée. Toutes de petit volume, ces masses paraissent toutes construites sur le même type, et com-. prendre une partie centrale et deux extrémités. La partie centrale, irrégulièrement cylindrique, a 0 cm. 50 à 2 centimètres de longueur au maximum, ? à 3 millimètres d'épaisseur, sa résistance est très grande, absolument celle de l'os. Les extrémités forment de véritables arborisations, de plus en plus divisées et de plus en plus délicates à mesure qu’on s'éloigne du tronc d'origine. A cause de leur ténuité, ces arborisations sont moins résistantes que la partie centrale et se cassent assez facilement, comme du verre. Elles se perdent dans le tissu pulmonaire ambiant, dont on ne peut les séparer. Toutes ces aiguilles osseuses ont, du reste, contracté des adhérences intimes avec le parenchyme pulmonaire ; il est impossible, malgré tout le soin qu'on y prend, d'arriver à en disséquer une et à l’énucléer du tissu qui l'entoure.
Le poumon est fortement anthracosique. Les bords antérieurs sont très emphysémateux.
PRES Poids du poumon : 950 grammes.
Poumon gauche. — La plèvre pariétale se détache assez facilement, il n’y a de symphyse qu'à l'extrême sommet, au niveau d'une cicatrice étoilée, ancienne, fortement déprimée, et autour de laquelle se trouve une capsulk épaisse de tissu fibreux, entourée de quelques granulations assez récentes, mais déjà en voie de caséification manifeste. Un peu de liquide citrin à la base, 250 grammes environ.
En saisissant le poumon pour en faire la coupe, on sent qu’il renferme, dans tout son lobe inférieur, des corps durs, analogues à ceux décrits dans le poumon droit, mais beaucoup plus gros et plus nombreux.
Le lobe supérieur, dans sa portion inférieure, ne présente que de l’œdème congestif. Le bord antérieur est emphysémateux.
Le lobe inférieur offre un peu d’atélectasie à la base et, sauf dans les portions qui confinent immédiatement aux corps durs, il crépite assez bien. En tout cas, on n'y trouve nulle part de tubercules récents ou anciens.
On a ouvert le système bronchique à partir de la bronche desservant le lobe inférieur, pour bien se rendre compte des rapports que pourraient affecter les corps osseux avec ce système. Aussi loin qu'on a pu aller avec de très fins ciseaux, on a constaté que les bronches ne présentaient aucune lésion, pas plus de la muqueuse que des autres couches de leur paroi. En un seul point, au niveau d’une division d’une petite bronche de 3 millimètres de diamètre et sur l’éperon même de division, il y avait un point induré, paraissant de consistance plus marquée que le reste, mais dans le voisinage immédiat duquel on ne trouvait, d’ailleurs, aucun corps osseux.
Ceux-ci paraissaient disséminés dans tout le lobe, spécialement dans les portions les plus inférieures et postérieures, c'est-à-dire occupant une position à peu près symétrique à celle que nous avons vue pour le poumon droit. Un petit nombre, et c'étaient les plus petits, de ces corps osseux, étaient situés presque sous la plèvre, sans toutefois l’atteindre ; le plus
grand nombre se trouvait au centre même du lobe. Leur forme est extrêmement variée, les uns cylindriques, les autres étoilés, d'autres en forme d’anneaux à peu près complets ou de demi-cercle. Mais, quelle que soit leur forme, leur structure paraît identique : ils ont une partie centrale plus dense, plus épaisse et des extrémités disposées en arborisations. Leur indépendance paraissait complète, comme ceux du poumon droit ; ils ne formaient pas une chaîne continue ; parfois, des intervalles de plus de 1 ou 2 centimètres les séparaient les uns des autres. Ils étaient adhérents au tissu voisin et il était impossible de les en séparer sans arracher en même temps des parcelles de ce tissu. Poids du poumon: 1020 grammes.
F1G6. 1. — Double de la grandeur naturelle,
Après avoir prélevé un certain nombre de fragments osseux du poumon, avec le parenchyme voisin, pour l'examen microscopique, on a mis putréfier tout le poumon gauche, pour se rendre compte du nombre approximatif et de la forme de tous ces Corps osseux.
Au bout de huit mois de putréfaction, un simple filet d’eau chassant les débris des parties molles restantes, fortement charbonneuses, mit en évidence une trentaine de formations
blanches, dures, irrégulières et épineuses, qu'il est parfaitement inutile de décrire plus longuement si le lecteur veut bien se reporter à la figure 1, représentant cinq de ces fragments, que nous avons fait dessiner.
Comme type de la forme tubéreuse, nous résumerons l'observation de Brambilla et Montini, d'après Arnsper-
ger.
OBSERVATION Ilé
Une jeune fille de vingt-huit ans dut être amputée, en mai 1894, au tiers moyen de la cuisse, pour une carie tuberculeuse des condyles, avec synovite du genou. Après une amélioration de quelque durée, la patiente eut une pneumonie droite, à laquelle s’ajouta une récidive sur le moignon d'amputation. A l'autopsie, on trouva des deux côtés des exostoses costales très semblables : à gauche, à la face interne de la 2° côte, à droite, à la face interne de la 3° ; ces deux néoformations étaient entourées d’un exsudat pleurétique fibrineux, hémorragiq'ie. li existait un foyer caséeux dans le lobe inférieur droit, avec une anthracose très marquée des sommets, ainsi que de nombret:x fragments d'os dans les deux poumons. À gauche, on remarque quatre petits os de diverses formes, les uns de la grosseur d’une pièce de 2 centimes, les autres ayant l'aspect de petits noyaux de cerise semés sous la plèvre. La surface qui répondait à la plèvre était unie, celle qui se trouvait du côté du poumon était, par contre, irrégulière. Dans la profondeur du lobe inférieur droit, se trouvaient six petits os, sous forme de petites plaques ou de petites noix possédant quatre angles. Au microscope, on trouva un stroma osseux, parcouru par des canalicules et parsemé de cavités.
Comme type de la forme diffuse, nous rapporterons in
exlenso l'observation de Cohn, qui nous a paru intéres-
sante par plusieurs détails.
OBSERVATION IV (Cohn).
Anamnestiques. — Le sujet, alcoolique, avait été exempté du service militaire pour défaut de taille ; antécédents héréditaires inconnus. Dit avoir été toujours bien portant antérieurement. Il y a deux ans, il fut atteint d'une soi-disant inflammation thoracique du côté gauche ; au bout de trois semaines, il était suffisamment rétabli pour reprendre ses occupations, il était tailleur de pierres. Le diagnostic clinique concluait à une pneumonie croupale des deux poumons, bien que la percussion et l'auscultation indiquassent, par leurs caractères insolites, qu'il existait au lobe supérieur droit un processus chronique dont la nature ne put être établie, en raison de l’infiltration aiguë des poumons qui existait alors. Le malade mourut au bout de deux jours.
L'AUTOPSIE montra...
A l'ouverture du thorax, les deux poumons ne s'’affaissent pas et ne recouvrent le cœur que sur une étendue modérée.
Le poumon gauche est relié à la paroi costale sur une assez grande étendue.
Au poumon droit, les féuillets pleuraux sont, sur une assez grande étendue, adhérents tant entre eux qu'avec la paroi thoracique. Aux lobes moyen et inférieur, où les plus faibles altérations sont perceptibles, le feuillet pariétal est modérément épaissi, davantage en quelques points, moins en d'autres, et ne peut pas être détaché partout du foyer viscéral. Outre des adhérences en forme de cordons entre les deux feuillets, la prolifération du tissu conjonctif s'étend entre les lobes ; à la partie antérieure, il y a même adhérence intime entre les lobes supérieur et moyen ; il y a, de même, union assez résistante avec le diaphragme. Dans la région du lobe supérieur,
TR correspondant à la hauteur des quatre premières côtes, l'épaississement de la plèvre est encore plus considérable, presque tendineux, et il est impossible de séparer les deux feuillets. Sur toute la hauteur du lobe supérieur, il y a également avec la paroi costale des adhérences qu'il est impossible de rompre. Cette adhérence est surtout prononcée aux points du poumon où se trouvent les ossifications. Les lobes moyen et inférieur sont vides d'air, compacts et de couleur foncée lorsque les coupes sont fraîches. Le lobe inférieur n'offre aucune trace de début d’ossification ; au contraire, au lobe moyen et très près de son sommet, on sent, au-dessous de la plèvre, mais dans la substance même du poumon, un petit fragment osseux, dur, ayant un diamètre de 2 millimètres environ, de forme arrondie, mais d’une surface muriforme. Un peu plus en avant, sur la même section, dans le voisinage de petits vaisseaux et bronches, mais ne les touchant pas immédiatement, se trouvent des saillies pointues, dont la plupart sont très petites et peu proéminentes, tandis que l’une d'elles, grosse comme une tête d’épingle, fait une saillie particulièrement prononcée. A la loupe,
elle ressemble à un petit corps à cassure irrégulière, un peu
papillotant, peu dur au toucher, à surface granuleuse. En outre, il y avait de nombreux corps plus petits, semblables à des grains de sable, ne se distinguant, à la loupe, du tissu du poumon, tout au plus que par un éclat un peu plus prononcé et dont la nature ne pouvait être établie par l'examen macroscopique. Dans le lobe supérieur, où la séparation par le couteau n'était pas possible, et où il était nécessaire de recourir à la scie, on constate que le tissu pulmonaire, dans la hauteur des quatre premières côtes, était uniformément parcouru par de la masse osseuse et qu'en certains points seulement versistaient, entre les parties ossifiées, des places molles, très dépressibles à la pression. Au contraire, le sommet, la partie postérieure et antérieure du lobe supérieur sont libres. L’étendue de l’ossification décroît progressivement de la périphérie vers le centre. La large base de la zone ossifiée est, dans l’étendue des quatre côtes supérieures, dirigée en avant et en