I. — La glyco-régulation
La majorité des auteurs posent en principe que, toutes choses égales, la glycémie a une valeur constante. Notre opinion est légèrement divergente : pour nous, la glycémie oscille : toujours autour d’un taux constant. Nous nous proposons de montrer, au cours de ce chapitre, à quel prix et avec quelles imperfections se réalise cet équilibre.
Nous allons très schématiquement et sans entrer dans les détails faire l’analyse du mécanisme de la glyco-régulation.
GLYCO-RÉGULATION HUMORALE ET TISSULAIRE.
Le sucre est déversé dans le sang par le foie grâce à la fonction glycogénique; il va être utilisé grâce à la fonction glycolytique de l'insuline et des tissus. Nous n'avons pas à discuter si l'insuline est indispensable au foie pour fixer le glycogène; cependant, il faut que l’on sache qu’il est impossible de dissocier et d’opposer les fonctions glycogéniques du foie et glycolytiques de l'insuline; leurs actions se combinent à un tel point que le glycogène musculaire perdu par l'exercice ne se réforme pas chez l’animal dépancréaté. Quoi qu’il en soit, il semble hors de doute que la sécrétion interne du pancréas a pour fonction d’abaisser le taux de la glycémie.
À cette fonction s'opposent une série de facteurs d’origine tissulaire où endocrinienne que nous allons brièvement passeren revue. Mauriac et Aubertin en France, Samuel Karelitz et Cohen en Amérique, ont montré qu'il existe, à l’intérieur des globules rouges, une substance capable de neutraliser l'insuline.
Toute ‘une série d'expériences a montré que l’adrénaline et les extraits surrénaux avaient une action opposée à celle de l'insuline. La surrénale, par ses sécrétions, tend à faire augmenter le taux de la glycémie. Zunz et La Barre, par leurs expériences, ont mis en évidence le balancement adrénaline-insuline.
De toutes les observations, de toutes les expériences faites sur les rapports du corps thyroïde et de la glyco-régulation, il ne se dégage rien de très précis. La preuve d’un antagonisme entre la thyroïde et le pancréas reste à faire.
On pourrait en dire de même sur les rapports des glandes génitales et de la glyco-régulation. Les résultats sur ce sujet sont souvent contradictoires; s’il existe quelques relations entre l’activité des glandes génitales et le métabolisme des hydrates de carbone, leur modalité reste bien imprécise.
D’après Nitzescu, l’hypophyse aurait une action opposée à celle de l'insuline. Houssay et Biassoti ont démontré que le principe hyperglycémiant de 1 hypophyse n’est actif que si la région tubérienne est intacte. D'autre part, des recherches histologiques entreprises par Collin et ses élèves montrent que la baisse de la glycémie entraîne une réaction de la pars intermedia, de la pars anterior et de la pars tuberalis et aboutissent à la formation de traînées de substances colloïdes, qui l’on retrouve au niveau du tuber cinereum. En somme, dans l’action hyperglycémiante de l’hypophyse, les centres nerveux tubériens semblent avoir une grosse action.
On peut tout de même croire à la probabilité de deux groupes glandulaires antagonistes : l’un est hypoglycémiant et se compose du pancréas, l’autre est hyperglycémiant et se compose des surrénales, de la thyroïde, des glandes génita-