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l'estomac au cours desquelles le liquide gastrique a pu se répandre sur la plaie opératoire.
Les auteurs italiens, considérant que ces ossifications de cicatrices postopératoires se rencontrent le plus souvent dans les cicatrices abdominales médianes, prétendent qu’elles sont dues à une tendance à l'ossification de la ligne blanche (CECCARELI:). Les traumatismes à l’origine de l’ossifications y seraient provoqués par les points de suture.
Nous avons dit dans la définition donnée plus haut des ossifications post-traumatiques, que l’os néoformé était en tous points semblable à l’os normal. Or, il est une notion bien établie de la physiologie osseuse, c’est que « los est un tissu de substance conjonctive ». Par conséquent, nous ne pourrons avoir de formations osseuses physiologique ou pathologique, qu’en partant du tissu conjonctif. Mais le tissu conjonctif adulte a perdu les propriétés ostéogéniques qu'il possédait à l’état jeune. C’est ce qui a permis à CoLuMBiA d'émettre l'hypothèse que le tissu osseux hétéropique se développe sur un germe embryonnaire existant en un point déterminé et anormalement excité, hypothèse non susceptible de démonstration et par cela même insuffisante. Le retour à l’état jeune de la cellule conjonctive peut survenir à la suite d’irritations de natures diverses mécaniques, inflammatoires, etc. Cette métaplasie ae recte du tissu conjonctif peut être la conséquence d’une irritation par un corps étranger. [ ne nous paraît pas impossible d'admettre, qu’un hématome survenant à la suite d’un traumatisme joue le rôle d’un corps étranger dans le tissu conjonctif qu’il a inondé, et provoque lui aussi cette même métaplasie indirecte. Sous l’action de cette irritation infiammatoire aseptique se produirait la prolifération du tissu conjonctif et une différenciation de ses cellules vers le fvpe
ostéoblaste.
Le en) ——
C’est l'avis de nombreux auteurs italiens qui ont bien étudié la question des ossifications hétérotopiques pendant ces dernières années.
D’après PENSA, on voit d’abord une riche vascularisation dans la zone correspondant au centre de l’ossification future. Des cellules mésenchymateuses s'accumulent en grand nombre, se multiplient. Autour de ces cellules apparaît ensuite une substance homogène, qui est le premier stade de la formation de la substance fondamentale de los futur ou osséine. Quelques ostéoblastes restent inclus dans la substance fondamentale, d’autres se disposent régulièrement comme les cellules d’un épithélium à une seule assise. Dans la substance fondamentale, se manifeste ensuite la trame constituée par les fibres collagènes, et le dépôt des sels calcaires. |
AGRIFOGLIO, publiant dans Archivio Italiano de Chirurgie, un cas d’ossification post-traumatique para-articulaire de la main chez une femme qui avait fait une chute de 3 m., s'appuie sur la même théorie pathogénique.
On peut se demander pourquoi seulement dans certains cas, le tissu conjonctif néoformé manifeste une tendance à l’ossification.
HorniG la met sur le compte d’une diathèse ossifiante. QuéNU et MoucHET pensent à une prédisposition peut-être héréditaire à faire de l’ossification hétérotopique.
AGRIFOGLIO admet avec beaucoup de vraisemblance, dit- ill que des conditions de prédisposition organique, probablement en rapport avec le taux de la calcémie, agissent dans ces cas là. Cet auteur a trouvé, en effet, dans le sang de sa malade, un taux de calcium supérieur à la normale, et cela à deux reprises différentes: une première fois, à la suite de la fracture de CoLrEs présentée par la malade après sa chute, au moment même où apparaissaient au foyer de
GR 17) ras
fracture, des processus de nécrose parcellaire des lamelles osseuses, qui ont dû mettre en liberté une partie des sels calcaires de l’os contus ; une deuxième fois, lorsque le cal osseux exubérant par son volume a subi une résorption lacunaire. Nous savons que cette résorption du cal osseux peut aller dans certains cas jusqu’à la décalcification.
Par conséquent, dans le cas très intéressant de cette malade, à deux reprises différentes, les sels minéraux ont été en plus grande proportion que normalement dans le sang circulant. Ceci a permis probablement à l’hématome, consécutif à la dilacération des ligaments de s'enrichir en sels de chaux et de déterminer ainsi un stimulant de la néoformation osseuse para-articulaire observée. |
Résumons cette question un peu confuse de la pathogénie des ossifications post-traumatiques et disons que:
Pour qu'une ossification se développe dans Ie tissu conjonctif il faut:
1° Un facteur irritatif quelconque à l'endroit où se développera l'ossification. Ce facteur irritatif sera représenté soit par un hématome, soit par un lambeau de périoste arraché, soit par une parcelle osseuse libérée à la suite d’une fracture. Nous voyons que tous ces phénomènes sont surtout consécutifs à des traumatismes.
2° Ces facteurs irritatifs jouant un rôle purement mécanique, provoquent un retour à l’état jeune des éléments du tissu conjonctif qu’ils occupent, et en font ainsi un milieu ossifiable.
3° Un apport de sels calciques est nécessaire à l’édificotion de cette ossification. Ces sels de chaux proviennent soit de la décalcification d’un cal, soit de la résorption d’une esquille arrachée par le traumatisme, soit d’un taux plus grand de calcium dans le sang à ce moment là.
Des ostéoblastes, des cellules différenciées ont pu être
observées dans ces zones préosseuses par plusieurs auteur’, mais on na jamais pu prouver que ces cellules secrétaient la substance osseuse. LERICHE même en fait des éléments destructeurs d'os !
A l'examen histologique de la pièce enlevée chez notre malade (Obs. 1), on se trouve en présence d’un tissu ostéoïide développé au sein d’un tissu conjonctivo vasculaire. On ne nous signale pas la présence de cellules différenciée . Selon les points de la coupe on constate tantôt des signes d’ostéites condensante, tantôt des signes d’ostéite raréfiante. Pas de tissu cartilagineux.
Ces zones d’ostéite condensante ne seraient-elies pas dues à des cellules différenciées du type ostéoblaste, dont LERIcHE fait des éléments destructeurs d'os ?
La décalcification incomplète de la digitation enlevée a peut-être gêné pour déceler leur présence dans ce tissu en voie de transformation.
Cette résorption osseuse expliquerait que dans certaines conditions, les ossifications post-traumatiques peuvent régresser, diminuer de volume et même disparaître cornplètement par un processus analogue à la décalcification complète des cals osseux après les fractures.
De plus, chez notre malade, nous avons observé aussi un taux de calcium dans le sang supérieur à la normale: 126 mmgr. au lieu de 100 mmgr. par litre de sérum.
À propos des formations osseuses hétérotopiques, NeEu- HOFF, il y a quelques années, a montré que si l’on greffe dans une perte de substance de la muqueuse urinaire un fragment daponévrose, la greffe s’ossifie, et plus récemment HUGGINS a établi qu'inversement, si on transplante de la muqueuse vésicale dans un muscle, le tissu conjonctif voisin s’ossifie.
Dans un cas comme dans l’autre, l’épithélium urinaire
envahit le tissu conjonctif, y croît en formant un kyste autour duquel se produit l’ossification.
Désireux d'étudier l’ostéogénèse dans des conditions permettant d'éliminer l’action du périoste de Pendoste et des ostéoblastes, LERICHE et LUGINESCO ont répété récemment ces expériences sur des chiens.
Chez 8 de ces animaux, les auteurs avaient greffé dans différents muscles, dans les gaines musculaires et dans le tissu cellulaire sous-cutané des lambeaux de muqueuse vésicale. Dans 7 de ces cas il s’est produit une ossification.
Chez deux animaux, sur lesquels des fragments de paroi vésicale dépourvus de muqueuse avaient été greffés, aucune ossification ne s'est produite.
La constance du phénomène, la quantité appréciable d'os formée au contact d’un lambeau vésical relativement petit, font entrevoir une possibilité d'utilisation expérimentale de cette propriété singulière de lépithélium urinaire.
Chez un chien sur lequel ils avaient réséqué un fragment de cubitus de 3 em., les auteurs ont pu, grâce à une greffe d’épithélium vésical, obtenir une réparation complète et solide de ce cubitus en 2 mois.