AYANT- L'INTERVENTION
BRU re
culation à un cobaye dont l’autopsie, faite 25 jours après, ne montrera aucune lésion.
Intervention le 29 novembre (M. Laroyenne). Incision au niveau du bourgeon charnu. On tombe sur un Os qui paraît dur et la trépanation mène dans le canal médullaire sain. On se reporte alors plus haut'et une nouvelle trépanation conduit dans le foyer suppuré. Celui-ci renferme du pus blanc bien lié, qui a du être entouré primitivement d'une coque de membrane pyogène dont on recrouve les lambeaux. L'étendue de cette cavité irrégulière est telle qu’elle se prolonge en arrière jusqu'au voisinage du creux poplité et en haut jusqu'au contact de l'articulation. Le curettage de cette cavité amène à effondrer : 1° la paroi postérieure du uiverticule poplité ; 2° à enlever quelques fragments de la surface tibiale articulaire recouverts de cartilage, mais à aucun moment la cavité articulaire proprement dite n’est ouverte. On termine par un tamponnement à l'éther iodoformé. On met en plâtre.
Le plâtre est enlevé au bout de 44 jours.
Quelques jours après cette première opération, la malade souffre bien moins, elle reprend appétit. - 1 Le 6 avril 1920, la fistule suppurant toujours, on pratique un nouveau nettoyage qui permet de reconnaître une cavité épiphysaire encore profonde de 3 à 4 centimètres.
Le 15 avril, nouvelle intervention motivée par la persistance de la fistule. On agrandit l’orifice du trajet dont un des bords restait douloureux. On explore la perte de substance osseux et, tant pour faciliter le drainage que pour enlever des portions osseuses qui paraissent suspectes, c’est-à-dire atteintes d'ostéite sans caractères particuliers (raréfaction osseuse, séquestres lamellaires), on refait un très large évidement de l'épiphyse tibiale supérieure. L'orifice postérieur du foyer qui s'ouvre dans le creux poplité est retrouvé et nettoyé. La paroi supérieure de l'épiphyse du côté de l’'articulation est partiellement enlevée au niveau de sa partie antérieure sans que l'articulation paraisse avoir été ouverte. Tamponnement à l’éther -iodoformé. On remet la gouttière plâtrée qu'on laisse en place 33 jours.
Le 7 juillet 1920, la malade quitte l'hôpital en excellent état général, mais avec une fistule qui suppure très peu. Elle marche sans douleur.
Le 14 août elle est revue ; la fistule a bien diminué. La malade revient toutes les trois semaines pour PARENTS et
cautérisations au nitrate d'argent. :
Le 9 octobre, le genou est revenu à son aspect normal. Il persiste une fistule déprimée qui suppure très peu et dans laquelle le stylet s'enfonce d'environ 3 centimètres. Les mouvements du genou sont les suivants : extension complète ; flexion active jusqu'à l'angle droit ; marche à peu près sans
, boiter, un peu gênée cependant à la descente. La malade a fait 10 kilomètres sans fatigue.
Il s’agit en somme dans cette observation d’une suppuration intéressant la presque totalité de l’épiphyse tibiale supérieure avec un retentissement articulaire qui guérit après traitement de la lésion tibiale.
On peut se demander à quelle sorte de lésion on a affaire. Son siège épiphysaire fait rejeter l’idée d’une ostéomyélite ordinaire de l’extrémité supérieure du tibia qui intéresserait plutôt la diaphyse. D'autre part l’intégrité relative de l'articulation du genou dont les lesions paraissent simplement réactionnelles et l’évolution de la maladie écartent le diagnostic de tumeur blanche avec localisation tuberculeuse sur l’épiphyse tibiale.
On pense alors à un point de départ possible dés lésions au niveau de la tubérosité antérieure du tibia ou à son voisinage. La localisation de la fistule osseuse en regard de cette tubérosité confirme dans cette idée et plus encore l’image radiographique qui montre le maximum des lésions en ce point sous la forme d’une tache claire. |
Il est vrai que l’épiphyse est presque totalement envahie par la suppuration et que l’on est peu habitué à voir des lésions apophysaires présenter une extension aussi grande ; mais le retard anormal que la malade à mis à se faire soigner peut expliquer ce développement, insolite de la maladie. Il est même remarquable que larticulation du genou n’ait pas été envahie.