CHAPITRE PREMIER
ETIOLOGIE
L'inflammation de l’apophyse tibiale n'apparait que du jour où, de cartilagineuse, cette apophyse présente son début d’ossification. Avant d'étudier la nature de l’imfection et les causes favorisantes de cette localisation, nous devons donc examiner le développement de cette apophyse.
1° Développement de la tubérosité antérieure du tibia
A la naissance, le tibia possède une diaphyse osseuse. Quant à l’épiphyse d’abord cartilagineuse qui formera les condyles et les surfaces articulaires du tibia, elle présente vers le troisième mois de la vie extra-utérine ou inême aux environs du quatorzième mois, comme l'ont montré Rambaud et Renault, un point d’ossification. Puis l’ossitication envahit l’épiphyse laissant cependant au niveau de la face antérieure du tibia une encoche où persiste une petite languette cartilagineuse dans laquelle apparaîtra ultérieu-
rement un point d'ossification spécial. Ces étapes de los-
sification ont été suivies par Aboulker sur des coupes et des radiographies.
C’est le point d’ossification siégeant au niveau de la face antérieure du tibia qui nous intéresse plus particulérement, car c'est au niveau de ce point que se développe la tubérosité antérieure. « Le point d’ossification tubérositaire, dit Sappev, apparaît vers la douzième année. Six où huit mois après Son apparition, 1] se soude par son bord supérieur à l’épiphyse voisine et figure alors une sorte de médaillon suspendu à la partie antérieure de celle-c1 ; plus tard 1] se soude au corps de los ». Pour d'autres auteurs l’ossification apophysaire serait plus précoce. Rambaud et Renault la font débuter vers 8 ans dans certains cas, parfois à 14 ans seulement. Aboulker n’a pas observé d’ossification avant l’âge de 9 ans. Gaudier et Bouret n’ont pas constaté de noyau tubérositaire avant 14 ans. La majorité des auteurs admet que le point tubérositaire apparait entre 8 et 15 ans. Puis lossification se poursuit du centre vers la périphérie, envahissant la zône cartilagineuse. L'apophyse se soudera d’abord à l’épiphvse par son extrémité antérieure. Ce n’est que vers l’âge de 20 ans que tout cartilage disparait et que l’apophyse se réunit et se soude définitivement à la diaphyse.
Schlatter admet deux points d’ossification : un point épiphysaire et un point apophysaire qui se rejoignent en se développant en sens inverse. Pour lui le développement de la tubérosité a lieu entre la treizième et la quatorzième année, Kranse, Keibel, Jensen, ont une opinion analogue. Bergmann se base sur vingt radiographies u’enfants de 1} ct {4 ans- pour admettre un noyau apophysaire propre
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que l’on peut voir complètement Séparé de l’épiphyse et du prolongement épiphysaire qu'il est fréquent d'observer; mais il existerait plusieurs points d’ossification séparés. C'est de la coalescence de trois noyaux distincts que nait l’apophyse dans plusieurs cas observés par lui.
L'existence du centre «d’ossification apophysaire n'est cependant pas admise par tous les auteurs. Pour Langer Toldt, entre autres, la tubérosité antérieure du tibia nait du centre épiphysaire par un prolongement. Osgood dit que le tubercule tibial se développe aux dépens de l’épiphyse par un prolongement linguiforme (tonguelike process) S’étendant en bas vers la surface antérieure de la diaphyse. Il s'appuie sur des préparations faites par Dwight et Young pour dire que l’ossification apophysaire n’est que l’extension à ce niveau de l’ossification épiphysaire dans la majorité des cas. Il admet cependant que parfois il existe un centre d’ossification indépendant né dans le prolongement cartilagineux.
En résumé, les descriptions du développement de la tubérosité antérieure du tibia varient suivant les auteurs. Tantôt on parle d’un ou de plusieurs points d’ossification distincts, tantôt on fait de la tubérosité un simple prolongement du point d'ossification épiphysaire. Où signale aussi des relations entre l’ossification diaphysaire et Fossification apophysaire. Il ressort une certaine obscurité de l’ensemble de ces descriptions. Elle tient probablement à des variations individuelles dans le développement de l’apophyse, variations qui semblent encore exister sur le même individu au niveau de chaque membre: (Berg- Mann).