EXAMEN RADIOGRAPHIQUE
Quand il envoie un malade au radiologue, l’oto-rhinolaryngologiste doit lui indiquer la zone à étudier et les renseignements qu’il attend de la radiographie, c’est-àdire : YŸ a-t-il une tumeur ? Quelle est sa densité? Quelles sont ses dimensions et ses rapports? Toutes indications d’une importance capitale, au point de vue diagnostic, pronostic et pronostic opératoire qui, de plus, apportent à l'opérateur une aide des plus précieuses en lui permettant d’opérer sur une tumeur dont il connaît déjà le volume, les limites exactes et les points d’adhérence possible avec les os de la région.
La radiographie peut ici nous donner tous ces renseignements, parce que la tumeur que nous lui demandons de reproduire est composée d’un tissu compact et dur, bien différent au point de vue densité de celui de l'os normal; d'autant plus que la région ethmoïdienne est une région de cavités qui donnera, sur cliché radiographique, une image claire, sur laquelle tranchera très nettement l’image de la néoplasie, dont nous pourrons ainsi apprécier la densité. ,
Comme pour tout examen de l’ethmoïde, l'exploration radiologique doit comprendre une série d'épreuves prises dans des incidences differentes, et montrant, sous tous ses aspects, la zone à étudier. On aura toute satisfaction en obtenant l’image de l’ethmoïde sous trois incidences à 90°, suivant les ordonnées de l’espace, ce qui permettra d'obtenir tous les renseignements demandés sur la morphologie, les dimensions et les rapports.
Anatomiquement, on est amené à prendre comme
Er pe plans de projection, le plan frontal (incidence de face), le plan sagittal (incidence de profil) et, par suite, le plan horizontal.
Examinons les particularités de ces différentes incidences dans l’examen de l’ethmoïde :
Incidence de face (PI. 1). — Pour enlever toute ombre parasite de superposition, il est nécessaire d'orienter le faisceau un peu obliquement de façon à rejeter les images de la base du crâne vers les parties inférieures de la face. En eflet, dans les incidences couramment employées, l'ombre du sinus sphénoïdal, celle des clinoïdes, des pointes rocheuses, de la base elle-même du crâne, viennent se former sur l’image du labyrinthe ethmoïdal, rendant l'interprétation de celui-ci, sinon impossible, tout au moins très difficile. Il y a donc lieu de procéder de la façon suivante : on placera le sujet en décubitus normal, ainsi qu'il est pratiqué habituellement, le front reposant sur la plaque où la cassette porte film; la région inter-sourcillière sera au centre de la cassette, l’ampoule radiogène à hauteur convenable (60 à 70 cent., distance anticathode-plaque). La direction générale du faisceau de rayons X correspondant à l’axe du localisateur, pour une ampoule centrée, doit tomber au centre de la cassette sous un angle de 60° ouvert vers le vertex, autrement dit, l’ampoule est inclinée de 30° sur la verticale vers les pieds du sujet, L'ethmoiïde apparaît ainsi très nettement, la projection de l’occipital de contexture simple ne gênant en rien l'interprétation. Entre les orbites, se profilant au-dessus des images de base, l’ethmoïde nous montre ses deux masses latérales avec les détails de son labyrinthe nettement limité au-dessus par la lame quadrilatère, qui apparaît de champ très nettement, formant croix avec la lame perpendiculaire que prolonge au-dessus l’apophyse crista galli; les limites de l’ethmoïde sout donc parfaitement précisées, sauf pour la zone inférieure, la continuité avec les fosses