‹ Contribution à l'étude des ostéomes de l'ethmoïdeChapitre 34 sur 48 · OBSERVATION XXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVII

Ostéome de l'ethmoïde, Opéré par le procédé de MOURE. par les Docteurs E. ESCAT, de Toulouse, et J. BONZOMS, de Perpignan.

L. B..., actuellement âgé de 25 ans, cultivateur, habitant Theza (Pyrénées Orientales), introduisit à l'âge de 3 ans un clou de soulier dans la fosse nasale droite et, selon la règle observée dans les cas semblables, cacha sa sottise.

[ ne fit des aveux à ses parents que quinze jours après l'accident. en raison des phénomènes douloureux qu’il éprouvait.

Une rhinorrhée se déclara, mais les symptômes douloureux s'étant spontanément amendés, la présence du clou dans le nez fut oubliée pendant deux ans.

A cette époque seulement, l'enfant fut conduit à un médecin de Perpignan, qui pratiqua l'extraction du clou: cette extraction

fut, parait-il, suivie d'une hémorragie nasale très abondante.

A l’âge de 10 ans, le jeune B..., fait une chute d'un premier étage (soit d'une hauteur de 4 mètres). Il se tira de cet accident avec une simple tuméfaction de la partie droite de la face, pour laquelle on fit une application de sangsues; quinze jours après, l'enfant était complètement rétabli.

A 18 ans, B.., est traité pour fièvre typhoïde; à la suite de cette maladie, il accuse de la rhinorrhée pour laquelle il consulte le D' Bonzoms, qui prescrit des fumigations mentholées. Y eutil à cette époque, sinusite aiguë ouverte ou simplement présomption de sinusite? M. Bonzoms ne peut l’affirmer, car il a perdu le souvenir de cette consultation remontant à l'année 1905: quoi qu'il en fut, la rhinorrhée cessa complètement au bout de quelques jours.

Le 2 mai 1912, B..…., est présenté à M. Bonzoms par le Dr Abeilhon (d’'Elne).

Depuis trois ans environ, le malade accuse une insuffisance respiratoire nasale progressive, surtout à droite, de la céphalalgie et de fréquentes épistaxis.

Ayant pratiqué l'examen rhinoscopique, M. Bonzoms porte le diagnostic d'ostéome de l’ethmoïde et conclut à la nécessité de l’ablation de la tumeur par la voie trans-facio-nasale.

Désirant avoir notre opinion sur le cas, M. Bonzoms, avant de prendre une décision, nous adresse le malade, qui se présente dans notre cabinet le 7 mai 1912.

Le sujet ne présente aucune déformation extérieure de la face.

Comme symptômes, il accuse simplement de l'enchifrénement a droite, une sensation de plénitude nasale de la céphalalgie et des épistaxis répétées.

L'examen rhinoscopique antérieur nous montre les trois quarts supérieurs de la fosse nasale droite occupés par une tumeur recouverte d'une muqueuse normale, la tumeur libre seulement par ses faces antérieure et inférieure, enserrée entre la paroi externe de la fosse nasale et la cloison paraît insérée comme une forte stalactite dans la région ethmoïdale, d'où elle paraît descendre.

La consistance de la tumeur, éprouvée avec le stylet, est exactement celle du tissu osseux. Sa fixité est complète. Sa face antérieure est mamelonnée, sa couleur visible à travers une muqueuse mince et tendue, est rose et un peu ambrée. Le stylet peut passer librement entre la face inférieure de la tumeur et le plancher nasal, mais c’est en vain que nous cherchons à contourner les autres faces, sauf celle qui correspond à la cloison, mais que, de propos délibéré, nous renonçons à explorer afin d'éviter de faire saigner la cloison.

La rhinoscopie postérieure montre que le cavum n'est pas envahi; la choane droite elle-même n'est point franchie par la : tumeur et on devine à peine son extrémité postérieure à travers l'orifice.

Devant ces signes, nous concluons, comme M. Bezoms, au diagnostic d’ostéome de l'ethmoïde et à l'indication formelle de l’énucléation par voie trans-facio-nasale.

Le 14 mai, avec l'assistance de MM. de Lamor, Abeilhon et Lujol, M. Bonzoms pratique cette opération.

Le naso-pharynx, préalablement tamponné, pour éviter l'irruption du sang par les voies respiratoires, M. Bonzoms pratique, sous chloroforme, l'opération classique de Moure : Après incision, allant de la région médio-sourcilière à l'aile du nez, qui est detachée, et rugination des surfaces osseuses, les parties molles sont réclinées des deux côtés, l'os propre droit, l'apophyse montante du maxillaire, une partie de l’unguis et de l’épine nasale sont réséqués de façon à ouvrir une large brèche vers l'ethmoiïde. L'ostéome se trouve alors à découvert, mais l'opérateur se heurte en vain à un bloc irrésistible contre lequel échouent tous les instruments. Aux prises avec une résistance dont l’instrumentation classique ne peut lui donner raison, M. Bonzoms renonce à poursuivre l'opération, rabat les parties molles et suture la plaie.

Quelques semaines après, M. Ronzoms nous demandait de reprendre cette opération avec son assistance.

Instruit par les difficultés qu'avait rericontrées notre confrère,

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