EMILE
qui mobilisé comme une porte quis’entr'ouvre, augmente l'orbite dans sa portion externe de 1 à 2 centimètres.
Quand la tumeur est enlevée on remet le volet osseux en place et on suture.
Ce procédé était dans l'esprit de son inventeur, destiné aux extractions des tumeurs du fond de l'orbite et de sa paroi externe, mais point à coup sûr de la région ethmoïdienne. Lagrange après avoir créé et mobilisé son volet ostéo-périostique récline l'œil en dehors vers la région temporale entre-bâillée et donne ainsi la possibilité « d'introduire aisément dans la partie interne de la loge orbitaire le doigt. et tous les instruments nécessaires à l’extirpation du néoplasme ».
Ce procédé opératoire séduisant par son originalité
ne peut cependant pas être employé pour les tumeurs trop grosses et l’ostéome qui fait le sujet d'une de nos observations n'aurait pu faute de place être extrait de cette façon.
. Le procédé que Moure de Bordeaux publia en 1902 est susceptible de rendre de grands services pour l’exérèse des ôstéomes ethmoïdiens. Une incision allant de l’épine du frontal à la narine correspondante permet une fois le nez ruginé et.rabattu du côté opposé de mettre à nu tout le squelette au niveau de l’apophyse montante du maxillaire supérieur, de l'os propre du nez, de l'épine nasale du frontal, de l'unguis, de l’os planum, que l'on fait sauter à la gouge et à la pince ‘coupante créant ainsi une brèche osseuse par où l’on pourra sortir le néoplasme.
Cette technique rappelle les procédés assez semblables
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de Gussenbauer et d'Ollier où grâce à une incision à cheval sur la racine du nez on détache au maillet et à la gouge la branche montante du maxillaire puis on sépare l'apophyse nasale du frontal en continuité avec l'os lacrymal., On sectionne la lame vitrée de l’éthmoïde et la lame perpendiculaire et on a ainsi un lambeau os-parties molles qui renversé laisse à découvert les cavités profondes.
Ces méthodes opératoires grâce à la résection de la paroi interne de l’orbile dans sa partie antérieure, permettront d'aborder et d'extraire aisément la tumeur en facilitant le jeu des instruments. Si l’on a affaire à un ostéome spongieux pouvant être morcelé, ces voies d’abord seront parfaitement suffisantes, mais si l’ostéome est éburné volumineux et intimement soudé à l’ethmoïde il faudra recourir à un autre procédé d'extraction,
La base de la pyramide orbitaire présente en effet comme dimensions 35 millimètres de haut et 36 millimètres de large. Or le globe oculaire entouré de ses enveloppes est une sphère de 26 à 27 millimètres de diamètre. Les procédés de Moure, de Gussenbauer de Kroulein-Lagrange, Ollier, qu’ils s'adressent à la partie externe ou interne de l'orbite ne peuvent gagner dans le sens de la largeur plus de 2 à 3 centimètres au maximnm et à peine { centimètre dans le sens de la hauteur. ,
Comment dès lors sorlir par une fenêtre d’environ 3 centimètres de côté une tumeur comme celle de notre observation dont les diamètres sont de 31, 45, 36 millimètres ? Une extraction forcée serait dangereuse
car l'œil coincé entre la paroi externe et l'ostéome risquerait d'éclater.
On ne peut pas, d'autre part, s’agrandir davantage par la voie interne sans délabrer l’ethmoïde et les fosses nasales et s'exposer à des complications d'ozène artificiel post-opératoire,
L’effondrement du plancher du sinus frontal outre qu’il n’apporte guère de commodité est dangereux et se complique de déformations inesthétiques qui sont à envisager si l’on opère comme c’est le cas le plus fréquent de jeunes adultes.
La méthode de Kronlein-Lagrange associée au Moure donnerait évidemment un espace suffisant, mais ces deux procédés associés obligent à opérer en deux points différents, prolongent l'intervention souvent déjà laborieuse et ne laissent pas que d’être dangereuse pour l'œil qui, entouré d'os cisaillés et morcelés, risque de s’embrocher sur une esquille osseuse.
Reste la voie inférieure, transmaxillaire. C’est le procédé de choix pour les gros osféomes, celui qui donne un jour suffisant pour l’opérationet pour l’exérèse qui ne présente pas de dangers pour le malade, pas de grosses difficultés pour Fopérateur et qui n’est suivi d'aucune déformation inesthétique de la face.
Cette méthode que pratiquèrent MM. les D" Gilbert Sourdille et Maurice Sourdille pour opérer la jeune fille qui fait le sujet de notre principale observation, donna des résultats excellents tant au point de vue de la régularité de l'intervention que de la bénignité des suites opératoires, |
Précédée d’une blepharoraphie destinée à protéger l'œil pendant l'opération, elle consiste dans une incision qui partant du tiers intérne du sourcil aboutit en longeant le nez au pli labiogénien.