‹ Contribution à l'étude des Ostéomes de l'OrbiteChapitre 12 sur 31 · RP TES TE · texte numérisé non relu

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supposer qu'un trauma violent (coup de cornes, coup de pied, coup de tète de cheval) est susceptible de créer un hématome sous-périosté à la faveur duquel la couche ostéogène d'Ollier proliférerait et constituerait une néorformation osseuse,

Pour expliquer les ostéomes non traumatiques, les pathogénies les plus diverses ont élé proposées.

Dolbeau' ne considère ces tumeurs que comme une

ossification périostée : indépendantes du squelette et analogues aux granulations ossifiées de la muqueuse du sinus maxillaire signalées par Follin et Giraldes. :

Pour Virchow ces tumeurs essentiellement osseuses s’expliqueraient par ce fait que l'orbite étant une région dont l'évolution embryonnaire est particulièrement lourmentée il pourrait s'y produire des troubles de développement créateurs d'exostoses.

Reincke, Mauclaire, Fisher assimilent ces tumeurs aux exostoses congénitales. Rokitanski les considère comme des enchondromes ossifiants. Arnold les attribue à un désordre des carlilages fœtaux.

Dor voit en elles le résultat d'une infection atténuée el Ribbel le produit d'une diathèse ossifiante.

Lagrange notant le jeune âge des malades (64 % de 12 à 25 ans, 16 % de 25 à 35 ans) admet qu'il s'agit d’un «trouble dans] évolution de l'orbite et des cavités des sinus qui l’avoisinent ». En raison du développement très lent de cette affection il croit que les ostéomes débutent à la période de croissance et il les range dans le cadre des exostoses épiphysaires de

l'adolescence.

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Une théorie qui nous paraît particulièrement séduisante est celle de Chipault : après la réunion des dente-

lures des os du crâne dans l'enfance, il reste entre les

sutures une membrane que l’on appelle cartilage sutural.

Or, l'orbite formée de la réunion du malaire, du frontal, du sphénoïde, de ethmoïde de l’unguis et du maxillaire supérieur, est striée d’un véritable réseau de sutures. L’une d'elles devenant le siège d’un point spécial d'ossification donnerait naissance à l’'ostéome, 0S surnuméraire, anormal, analogue aux os wormiens. La prédominance de ces tumeurs à la partie interne de l'orbite où le réseau sutural est particulièrement fourni vient à l'appui de cette thèse.

Mais on peut aussi expliquer cette constance du siège des ostéomes en leur donnant, comme le veulent cer-

lains auteurs 95 fois sur cent,une origine ethmoïdienne.

Les cellules ethmoïdales, cavités circonscrites par les lamelles des labyrinthes ne sont séparées de l'orbite que par la fragile lame- papyracée. Ces cellules communiquent avec”les sinus frontaux, maxillaires, et sphénoïdaux qui tous résultent embryologiquement de l'envahissement des os par les bulles ethmoïdales,

D'après celte théorie qu’elle fut sinusienne ou non, la tumeur osseuse se serait développée aux dépens d’une cellule ethmoïdale normale ou aberrante.

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