‹ Contribution à l'étude des ostéomyélites costales aiguësChapitre 29 sur 33 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Ostéomyélite de la cinquième côte gauche. Résection sous-périostée de la partie malade. Guérison, par J. Braquehaye, interne des hôpitaux. (Société anatomique, octobre 1894).

Marcel B..., âgé de 3 ans et demi, vint à la consultation le 21 septembre, à lhôpital Trousseau, pour une tumeur fluctuante de la paroi thorac que. |

Les antécédents héréditaires du petit malade ne nous apprennent pas grand’chose. Notons cependant que le père est syphilitique. Mais lorsqu'il s’est marié, il ne présentait plus aucun accident depuis plusieurs années. Il n’a d’ailleurs rien eu depuis. La mère est anémique, mais ne tousse pas, se porte bien. Jamais elle n’a eu de fausses couches, ni rien qui permette de supposer la syphilis chez elle.

Aucune tare tuberculeuse du côté paternel, ni du côté maternel.

Le jeune malade, fils unique, s’est toujours bien porté. Vers l'âge de un an il eut de r’entérite et vers la même époque des ganglions sous-occipitaux qui ont disparu spontanément.

Il y a trois mois, au commencement de juillet, les parents romarquèrent que la taille de l'enfant augmentait rapidement et en même temps, ils, constatèrent qu'il portait sur la paroi thoracique une petite tuméfaction douloureuse. Celle-ci disparut, puis apparut de nouveau au milieu du mois d'août pour diminuer de nouveau.

Depuis huit jours la tumeur a augmenté encore. Elle est sensible et l'enfant se plaint de souffrir en ce point quand il joue

ou quand on le porte sur les bras. Les parents prétendent avoir

remarqué qu'il avait la peau chaude et qu'il était sans cesse altéré à cette époque, mais jamaisil ne dut garder le lit, il continua toujours à jouer avec ses camarades. L’appétit et la gaîté n’ont disparu à aucun moment. j -

Quand nous voyons le petit malade, nous constatons (le 24 septembre 1894) qu’il porte une tumeur fluctuante, un peu plus grosse qu’un œuf de pigeon, sur la paroi thoracique 4u niveau du point où la ligne axillaire gauche coupe la cinquième côte. Cette grosseur superficielle est fluctuante. La peau est normale et mobile au-dessus d’elle. Il y a cependant une légère exagération de la circulation veineuse.

A la palpation, on sent que la tumeur esi complètement adhérente à la côte sous-jacente; il! existe en Ce point un épaississement de l'os lui servant de base d'implantation, Cette portion de la Côte est douloureuse à la pression.

En présence de cette évolution chronique sans fièvre, oh posé le diagnostic d’abcès froid costal.

Le 22 septembre. — Opération. — Après chloroformisation et asepsie de la région, Avis Arslôls à la côte. Mais au lieu de trouver une paroi nette, facile à disséquer, on constate qu'il - existe une zône d'inflammation diffuse au milieu des tissus voisins. L'abcès est alors incisé. Il s’en écoule un pus blanchätre, pas très épais, mais bien lié, n'ayant en aucune façon l’aspect séreux et grumeleux du pus d’abcès froid.

Excision de la zône inflammatoire infiltrée au voisinage. Le stylet mène alors sur une côte dénudée, mais donnant là sensation d’os éburné. Le périoste est décollé à ce niveau.

Incision du périoste parallèlement à la côte. Celle-ci est ensuite dénudée à la rugine courbe et réséquée. Pendant qu'on

rugine la côte, on constate qu’il existe un séquéstre sur son

2e Que

- bord supérieur. Ce fragment osseux, allongé et effilé à ses deux extrémités, est maintenue en place par le périoste qui se recourbe au-dessus de lui sans lui adhérer. Sur la côte ellemême, on voit une aiguille d'os nouveau venant à la rencontre de l’extrémité du séquestre. ;

Le diagnostic d’ostéomyélite costal est alors posé, en présence des pièces anatomiques, malgré l’évolution rapide de l’abcès qui avait fait penser à un abcès froid.

; Après la résection, suture partielle de la plaie au crin de Florence ; drainage à la gaze iodoformée.

Les suites opératoires furent simples. La température n’a jamais dépassé 37°,6.

Le pansement s'étant dérangé, fut refait le 26 septembre. La plaie était alors en trés bon état. Mais les crins ne furent enlevés qu’au pansement suivant. huit jours aprés l'opération.

Le petit malade est actuellement guéri.

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