‹ Contribution à l'étude des ostéomyélites costales aiguësChapitre 9 sur 33 · V. — SYMPTOMES · texte numérisé non relu

V. — SYMPTOMES

Les symptômes de l’ostéomyélite costale sont absolument différents, selon que la lésion siège en avant ou en arrière, selon qu’elle est aiguë ou chronique, primitive ou secondaire, consécutive ou non à la fièvre typhoïde.

Nous décrirons ici Fostéomyélite aiguë et l’ostéomyélite consécutive à la fièvre typhoïde.

Prenons comme type, l’ostéomyélite que j'ai rencontrée le plus souvent, c’est-à-dire celle localisée à la portion antérieure de la côte. k

Les symptômes généraux : frissons, courbature, fièvre intense, peuvent être les premiers. Ils n’ont rien de spécial, et n’attireraient pas l’attention sur leur vraie cause, s’il n'apparaissait souvent, intense, et vraiment remarquable, une douleur thoracique, qui ne tarde pas à devenir le symptôme important.

D’abord diffuse, étendue, augmentée par la toux, par la respiration, elle se localise bientôt, ets’exagère encore. Prise tantôt comme un point de côté annonçant un début de pneumonie, tantôt si elle est postérieure, comme une douleur rhumatismale aiquë, elle devient plus précieuse

quand elle s’accompagne de gonflem ent.

DEA AESS

La peau a encore conservé ses caractères, à peine estelle légèrement œdématiée, que déjà, on rencontre en palpant la face externe des côtes, un gonflement peu étendu, mais dirigé dans le sens de Parc osseux, une sorte de bourrelet l'entoure etle limite.

À ce niveau, la pression fait renaître et exagère la douleur, ainsi que le témoignent les cris de l’enfant et la résistance qu’il oppose à se laisser examiner.

Cette douleur osseuse, dit M. le professeur Lannelonqué, dont la pression révèle le caractère et les nuances d'intensité, estle symptôme local dont la valeur estla plus grande ; il est constant et fournit sur le siège et l’extension de l’affection, des données queles autres symptômes n’expriment que beaucoup plus tard.

Ces phénomènes peuvent s’amender, puis disparaître, et la quérisun est ainsi obtenue.

Le plus souvent les symptômes généraux restent aussi intenses, la température aussi élevée ; le malade est pâle, affaissé : on remarquera que le délire et l’agitation sont assez rares. :

Au niveau du gonflement la peau a changé d’aspect ; elle est lisse, tendue, sillonnée de veines distendues, rouge et chaude ; le gonflement a perdu sa dureté et à lempâtement a succédé la fluctuation nette et franche, quand même, cet abcès fluctuant, repose sur une base indurée, qui est la côte malade.

Si l’on ouvre à ce moment l’abcès, on trouve le périoste décollé, los dénudé dans une partie de son étendue et il s’écoule une quantité variable d’un pus blanc

crémeux, souvent strié de lignes rougeâtres.

EN: Les

L’abcès non ouvert augmente rapidement de volume ; il perfore ou détruit le périoste dans une certaine étendue et de sous-périostique qu'il était, il devient souscutané. La fluctuation est toujours aussi évidente, mais il devient dans certains cas, difficile de reconnaître si l’on a devant soi un abcès d’origine osseuse et sur quel os porte la lésion.

La douleur devient moins aiquë, et sous l'influence d’un traumatisme, d’un effort, l’abcès crève et se vide, mais il se vide incomplètement d’où la formation d’une poche suppurante, fistuleuse qui ne sera supprimée que par la sortie spontanée ou chirurgicale, de la portion d'os lésée. Le stylet qui s'enfonce de tous côtés, qui trouve parfois des trajets de 10, 15 centimètres, rencontre la côte dénudée, ou le séquestre mobile de l’un de ses bords. L’extrémité de la côte peut être mobile sur le cartilage costal correspondant. La recherche de ce symptôme provoque une douleur très vive et s'accompagne de crépitation.

Lorsque le foyer ostéomyélitique n’est plus chondrocostal, mais qu'il se développe au niveau de la tête de l'os, les symptômes du début sont différents de ceux que nous venons de passer en revue.

Là, les signes généraux passent au premier plan; derrière eux s’efface le symptôme douleur. IT existe cependant; mais la lésion cachée par les masses musculaires et aponévrotiques se manifeste à peine par la tuméfaction des parties molles : de son côté, la douleur s’étend, mais sans se préciser, elle simule la névralgie et s’irra-

die le long des nerfs intercostaux:

Elle est augmentée par la pression, par les mouvements respiratoires et peut s’accompaaner de dyspnée.

L’abcès ne vient pas se montrer immédiatement à l’estérieur ; il fait saillie du côté de la cavité thoracique. Il donne lieu à des signés stéthoscopiques bien étudiés par Berthomier et par Barillet. D'une grande importance, ils donnent à l'affection des caractères tout particuliers que nous rencontrons dans une de nos observations.

La percussion fait nettement sentir une zone de matité plus ou moins étendue; à l’auscultation, on perçoit du souffle et de l’égophonie, tous les signes d’un épanchement pleural. |

M. Berthomier a observé que le souffle, l’égophonie disparaissent, lorsque l’abcès a distendu les parties molles. « Les signes stéthoscopiques, dit-il, sont intimement liés à. la tension et à la résistance des parties molles quiferment l’espace intercostal. Dès qu’elles se laissent distendre, les symptômes disparaissent ».Dans deux cas du même auteur, les deux foyers, l’antérieur et le postérieur étaient pris à la fois. Il a signalé alors, la présence d’un abcès au niveau du foyer antérieur, l’apparition du souffle et de l’égophonie au niveau du foyer postérieur annonçant qu'il existait un abcès sous-costal et la communication plus ou moins tardive des deux abcès.

En augmentant de volume, l’abcès se montre bientôt à l’extérieur dans un espace intercostal, quelquefois même loin de son point d’origine, comme cet abcès lombaire dépendant d’une lésion de la 10° côte.

Dans l'observation I de Barillet, le point de départ était

la portion postérieure de la 2° côte et le- pus de labcès

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