‹ Contribution à l'étude des ostéoses métalliques: Cadmium, Plomb, BismuthChapitre 29 sur 37 · A AE · texte numérisé non relu

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conique des autres sighes cardinaux du saturnisme (anémie, présence dans le sang d’hématies ponctuées, liseré gingival, présence dans l’urine de quantités anormales de plomb). La constatation de ces signes serait d’un appoint important pour le diagnostic de saturnisme chez l’enfant et le nourrisson, et suffirait. à emporter le diagnostic en cas dé doute. Les anomalies osseuses dues au plomb, bien que n’entraînant. par elles-mêmes aucun trouble fonctionnel, n’en seraient pas moins intéressantes pour cette raison.

Il est regrettable que chez l'adulte il n’y ait pas eu d'étude parallèle faite. Aucun auteur en particulier ne signale dé radiographie osseuse faite chez un adulte atteint de saturnisme.

Des recherches systématiques faites chez les individus les plus exposés au plomb, c’est-à-dire les ouvriers (et ils sont nombreux) qui manipulent ce métal, mériteraient, à notre avis, d’être entreprises. On conçoit l'importance qu’aurait en médecine professionnelle la mise au point éventuelle de symptômes. radiologiques permettant un dépistage précoce du saturnisme.

Les mêmes considérations s'appliquent du reste: exactement au bismuth.

Dans une troisième calégorie se rangent toute une: série de troubles analogues au rachitisme commun et engendrés par de nombreux métaux. Ici, les faits sont beaucoup moins nets et frappants que dans les cas précédents ; parfois, même, ils sont contradictoires,

les expériences ne reproduisant pas toujours, pour

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un même corps, les mêmes manifestations. Surtout, il s’agit là, uniquement de faits expérimentaux qui n’ont reçu jusqu'ici aucune confirmation en clinique humaine.

Leur intérêt réside dans la preuve nouvelle de l’importance des éléments métalliques vis-à-vis du sys: tème osseux qu'ils apportent. Mais jusqu'ici aucune application pratique directe ne semble en avoir été retirée.

Il est bien entendu que cette classification que nous venons d'établir est tout à fait artificielle et que nous ne préjugeons en rien du mode d’action de ces différents métaux.

Nous voudrions encore souligner deux points qui sans doute ont une importance dans l’explication des

phénomènes observés.

— le premier est l'intensité particulière {sauf en ce qui concerne le cadmium qui n’a été étudié que chez l’adulte) des réactions observées chez l’enfant ou le jeune animal. Il y à là certainement un fait en rapport avec la croissance ; le système osseux paraissant réagir plus vivement à cette période,

— c'est enfin le fait que les lésions constatées siègent toujours (au moins avec un maximum d'intensité) au niveau des extrémités

et non en plein corps de l'os.

Ces deux faits ont été du reste établis dans la loi

de KôzuiKer, V. EBnER, POMMER, V. RECKLINGHAUSEN,

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selon laquelle au cours des maladies généralisées du squelette, les régions les plus atteintes sont celles où se font des transformations physiologiques continuelles telles que les mâchoires, les os jeunes, les endroits mécaniquement éprouvés (insertions tendineuses), les os subissant une pression statique considérable.

En dernier lieu. nous avons cherché à nous rendre compte si la classification que nous avons établie d’après les faits cliniques ou expérimentaux relatés correspondait à des faits chimiques précis ; en particulier, si elle répondait à la classification de MENDE- LEIEFF. Il n’y a là rien de bien net. Le plomb et le bismuth qui sont tous deux des métaux lourds, produisant des lésions assez analogues, appartiennent, en réalité, à des groupes différents ayant donc des propriétés assez dissemblables.

Par contre, beaucoup de métaux, produisant des lésions de type rachitique, appartiennent au groupe II des métaux alcalino terreux (magnésium, calcium, béryllium, strontium) auxquels s'ajoute le cadmium.

Cependant, là encore il n’y a rien de bien définitif, étant donné que des métaux ne provoquant pas de réactions osseuses se classent dans les mêmes groupes; que des métaux du même groupe peuvent donner des anomalies différentes (cadmium et strontium) et que, enfin, des métaux à réactions osseuses compa-

rables se classent dans des groupes différents.

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Nous voudrions maintenant, pour conclure, essayer d'exposer les différentes théories qui ont été émises dans le but d'expliquer les faits que nous avons relatés. La pathogénie en reste actuellement confuse et discutée.

Quel est le rôle exact joué par les différents métaux dont nous nous sommes occupés dans la détermination des anomalies constatées : Rôle direct? Rôle indirect ?

Mais, auparavant, nous voudrions rappeler brièvement quelques faits de physiologie osseuse, tant il est vrai que pour comprendre ce qui est pathologique, il faut d’abord connaître ce qui est normal.

Voici quelques rapides notions telles qu'elles sont connues, en particulier depuis les travaux de LErICHE et PoricarD et qui nous paraissent indispensables. Le squelette joue beaucoup plus qu’un rôle de soutien.

est, avant tout, un réservoir important de sels minéraux (sels de calcium et de phosphore surtout). A ce réservoir l’organisme puise, lorsqu'il en est besoin, pour maintenir son équilibre humoral et c’est ainsi qu'il se fait de façon constante, par l’intermédiaire des vaisseaux et du courant sanguins, des échanges entre le système osseux et le reste des organes. Il semblerait donc logique, de prime abord, d'envisager la physiologie osseuse avant tout sous

cet angle.

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