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CHAPITRE IT Symptomatologie de l'otite latente

Laissant de côté l’oto-mastoïdite aigüe franche à symptomatologie locale bien évidente qui ne s’accompagne pas de signes toxiques, nous allons envisager en quelles circonstances, l’otologiste peut être appelé à porter le diagnostic d’oto-mastoïdite latente. -

Tout d’abord et avec un caractère d’urgence au cours d’un syndrome de dénutrition aigüe accompagné de troubles digestifs et généraux inquiétants.

D’autres fois, au cours d’un syndrome de, dénutrition lente. |

Enfin au cours d’une fièvre isolée inexpliquée.

Dans tous ces cas, on devra éliminer soigneusement tout autre foyer infectieux. Bien souvent, on ne pensera à l’oto-mastoïdite latente qu'après avoir

éliminé tout foyer pulmonaire (radiographie, cutiréaction...) et rénal (examen des urines). Le diagnostic d’oto-mastoïdite latente est un diagnostic d’élimination (RiBapeAu-Dumas).

$ I. Le Syndrome de dénutrition aigüe.

Parfois existent seuls des signes infectieux, mais le plus souvent, il s’accompagne de signes toxiques. L’altération du faciès est un des premiers signes de toxémie : la face est pâle, le teint plombé, les yeux cernés, creux. Ce tableau précède de quelques heures la chute de poids brutale. Les mouvements du nourrisson deviennent « lents et pathétiques » (FIn- KELSTEIN). Parfois l’enfant peut exprimer de façon rudimentaire sa douleur : quelques cris ou gémissements; l’enfant porte la main à son oreille, semble vouloir frotter la tête contre l'épaule, une joue est plus rouge que l’autre, parfois, subitement des convulsions, vomissements, différents signes d’irritation méningée. Un bon signe est la douleur à la pression du tragus ou sous le lobule de l'oreille. Toutes ces nuances discrètes au début s’effacent quand l’enfant s’agite et passeraient inaperçues si on ne prenait soin de les observer quand l’enfant se calme et retourne dans sa torpeur (CATHALA).

Quelques heures plus tard, on peut constater l’affaisseemnt de la fontanelle, la perte du tonus musculaire et de l’élasticité cutanée (signe du pli de Rrr- LIEZ et BARTHEZ) ; puis la teinte lilas du crâne (Ris8-

Dumas). Les urines sont rares. Le tout s’accompagne d’un syndrome humoral marqué.

En effet, « l’état cholériforme n’est pas le fait d'infections spéciales particulièrement communes dans la première enfance et exceptionnelles à d’autres Âges; il est l'expression clinique, propre à cette période de la vie, du trouble apporté à la nutrition, tout à la fois particulièrement active et singulièrement vulnérable et apte à se déséquilibrer. Le problème n’est pas d’ordre microbiologique ou toxicologique, il est d’ordre métabolique » (CATHALA).

On constate, en effet : |

1° Hémoconcentration et anhydrémie à un stade avancé entraînant une acidose marquée;

2° Hyperezotémie (NoBÉCOURT) ;

3° Rupture de l’équilibre chloré, le meilleur test d’acidose étant fourni par l’élévation du rapport

CL globulaire /

CL plasmatique

Indiquons brièvement l’importance qu’attache RigapeAau-Dumas et ses élèves aux modifications de ce rapport. « Quand on veut soigner le syndrome toxique par des méthodes physio-pathologiques, il importe d’être exactement renseigné par des dosages précis sur le sens et l’amplitude du déséquilibre, puisque c’est seulement ainsi que l’on peut à chaque

ne.

instant par l'emploi opportun de tel ou tel sérum ‘éalé, sucré, bicarbonaté, compenser tel déficit minéral ou neutraliser l’acidose menaçante.

CL globulaire : = 0,48: 1 CL plasmatique: A CL globulaire est augmenté :

Normalement,

et Sie — CL plasmatique

a) Par hyperchlorémie globulaire, tout Fi nouveau de sel est contre-indiqué. Sérum bicarbonaté pour combattre l’acidose;

b) Par hyperchlorémie plasmatique : le sérum bicarbonaté est indiqué pour redresser l’équilibre du chlore, le sérum salé doit être ajouté pour augmenter la valeur absolue du CE.

CL globulaire

Re seen té HOFMA.

CL plasmatique

Sérum glucosé avec insuline.

CL globulaire

D —————— diminué.

CL plasmatique

Solutions salées.

$ IT. Le Syndrome de dénutrition lente. -

ILest surtout marqué par un amaigrisseméent lent régulier ou une courbe de poids qui reste stationnaire. La radiographie, la cutiréaction nous ont per:

ee

mis nes la tuberculose. On ne trouve pas d’autre origine à cet arrêt de la courbe de poids.

En même temps, on peut constater de légers troubles digestifs, mais la diarrhée et les vomissements ne sont pas constants. L'enfant refuse le sein, l’abandonne rapidement ou prend mal ses biberons. Le nouveau-né est le plus souvent apyrétique, alors que le nourrisson présente de temps à autre quelques poussées thermiques en rapport avec l’évolution de l’oto- néons

$ III. Fièvre isolée.

C’est parfois le premier signe. On pratique un examen otoscopique qui permet de porter le diagnostic.

Examen ‘otoscopique.

Les otologistes ont toujours affirmé l'importance dé l'examen otoscopique avant de porter le diagnostic d’oto-mastoïdite. Le MÉE y avait insisté. Maurice RENAUT avait décrit la rougeur localisée à la périphérie du tympan ou le long du manche du marteau. Ces règles tombèrent un peu dans l’oubli. En

1941, M. EscaT rappelle sa nécessité. Il estime qu’il n'existe pas d’otites latentes, mais plus exactement des otites ne se révèlant que par des modifications très discrètes de l’image tympanique pouvant aisément échapper à un examen superficiel.

Res) de

J. LEMOYNE ajoute : « Me basant sur une expérience portant sur plusieurs centaines de cas, je déclare n’avoir jamais trouvé d’antrite après avoir constaté l’existence d’un tympan absolument normal. Cette conclusion est destinée à redonner toute sa valeur à l’examen otoscopique... »

Cet examen sera parfois très difficile du fait des ‘ particularités anatomiques de l'oreille du nourrisson. | es |

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