‹ Contribution à l'étude des Paralyses Cubitales Tardives (à propos de 4 observations)Chapitre 7 sur 27 · NOEL EU · texte numérisé non relu

NOEL EU

bras à l'occasion d'un syndrôme cubital apparu 30 ans après une chute sur le coude:

Pasteur-Vallery-Radot [48], publie un fait semblable.

Nous rapportons (observation n° |) un cas de paralysie cubitale tardive dû à un cubitus valgus dont l'origine est la suivante : Fracture de Monteggia avec résection de la tête radiale d’où raccourcissement de l'attelle externe de l’avant-bras.

Quelle que soit la nature de ces traumastismes du coude, ils surviennent le plus souvent au cours de l'enfance. Dans nos observations les âges sont : 6, 7, 11 et 12 ans. L'âge moyen signalé par les auteurs est aux environs de 6 ans. Cependant Roger [58] a traité des paralysies cubitales tardives dont le traumatisme initial s'était produit à 23, 37 et même, exceptionnellement une fois, 64 ans. A l'opposé, Mouüchet (36), a vu l'accident survenir chez un enfant de 18 mois. On conçoit que dans ces conditions le sujet puisse ignorer son antécédent pathologique. Il entre après ce traumatisme initial dans la période dite de latence, au cours de laquelle il ne ressent aucun trouble si ce n’est parfois un enraidissement de l'articulation, une accentuation du cubitus valgus s'il existe.

Cet intervalle libre est généralement long. En moyenne 22 ans dans la statistique de Gay et Love : 4 mois et 60 ans sont les délais extrêmes observés par ces auteurs. Nous relevons dans la littérature des chiffres concordants : Panas [47], 12 ans: Bressot, 17 ans; Mouchet [36], 18 et 22 ans: Devic et Mme Moreau [17]; Sencert et Simon, 20 ans: Rolland et Barge [59], 25 ans; Sengensse [63], Ricard [56], 30 ans.

Puis, insidieusement ou à l'occasion d'un surmenage sportif ou simplement professionnel, parfois d'un

SETOUNLES

second traumatisme, la paralysie cubitale tardive va s installer.

Habituellement au cours de l’âge adulte : 16 et 13 ans étaienttles âges extrêmes des malades de la Mayo Clinic — 38 ans l’âge moyen.

Notons enfin que 80 % de ces malades appartenaient au sexe masculin. Le garcon est sans doute plus turbulent et plus exposé aux coups que la fille. Et par la suite, il surmène davantage un coude déjà malade.

PATHOGENIE

Dès 1899, Mouchet [6] s’expliquait clairement sur la pathogénie de la grande majorité des paralysies cubitales tardives. Il insistait sur la succession invariable des 3 étapes

l°) Fracture du condyle externe de l'humérus dans le jeune âge.

2°) Installation et accroissement progressif d'un cubitus valgus. |

3°) A la longue, névrite du cubital.

Revenons sur chacun de ces trois points.

Ï. — Fracture du condyle externe dans le jeune âge. La fréquence de ces fractures peut être attribuée en partie à « l’âge de la turbulence et de la maladresse », mais aussi à la fragilité relative de l'extrémité inférieure de l'humérus, contrastant avec la solidité des ligaments articulaires. C'est ainsi que le mouvement de l'hyperextension de l'avant-bras sur le bras, qui produit presque toujours une luxation chez l'adulte ,produit d'ordinaire une fracture chez l'enfant. Précisons la nature de cette fragilité humérale en résumant rapidement les étapes de l'ossification de l'extrémité inférieure de cet os.

a) À 2 ans : apparition du noyau condylien dans la partie externe de l'extrémité jusque-là entièrement cartilagineuse; «4

b) À 4 ans : ce noyau a formé le condyle huméral, mais aussi la lèvre externe de la trochlée. Le noyau diaphysaire pénètre déjà largement dans l’extrémité inférieure, dont il formera la plus grande partie; Ë

c) À 6 ans : apparaît le point osseux épitrochléen:;

d) À 9 ans : le point épicondylien;

e) À 11 ans : le point trochléen qui va donner la lèvre interne de la trochlée:

f) À 15 ans : les points condyliens et épicondyliens, fusionnés, forment un massif osseux séparé de la diaphyse par un cartilage oblique : c'est le condyle externe des chirurgiens, comprenant l'épicondyle et la lèvre externe de la trochlée.

Et c'est précisément le développement de ce fragment condylien fracturé, et son défaut de développement ultérieur qui seront à l'origine de :

IL — L'installation et l’accroissement progressif du cubitus valgus.

Pour Mouchet [6], l'accroissement de ce cubitus valgus est-en effet « progressif avec l’âge, parce qu'il y a arrêt de l'ostéogénèse du côté externe de l’'humérus avec continuation de cette Re dans |:

massif condylien interne ».

Mais pour Destot, ot et Barlatier [16], cubitus valgus ne proviendrait pas d’une imperfection ostéogénique progressive. Îl serait contemporain de l'accident et dépendrait du déplacement en dehors. et en:haut du :condyle externe. Si la déformation n’apparaît que tardivement, c'est qu'elle ne deviendrait évi: dente que lorsque l'extension du coude, restée long-

temps limitée, serait devenue plus ample. et :permettrait de mieux se rendre compte du déjettement latéral de l’avant-bras.

Quoiqu'il en soit ce cubitus valgus est de Hetales ment parfaitement bien supporté par le sujet. Et le malade de notre observation n°’ | n’a nullement été incommodé, 33 ans durant, par une angulation de son avant-bras droit de quelque 145”.

Notons que dans ce cas, cet important cubitus valgus résultait à la fois de ph du condyle externe et de la résection de la tête radiale, deux causes tendant au déjettement en dehors de l'avant-bras.

Cette attitude en valgus entraîne un. rapprochement de l'olécrâne contre l'épitrochlée et par suite un effacement de la gouttière du nerf cubital. On arrive ainsi à la : û

Page 1