III. — Paralysie du nerf cubital
En effet le nerf se trouvant à l'étroit dans sa gouttière est heurté dans chaque mouvement du coude (la flexion comme l'extension) par l’olécrâne qui fait saillie dans une gouttière épitrochléo-olécrânienne rétrécie. En outre, comme le font remarquer Magee et Phalen, [30] la longueur du trajet que le nerf parcourt au coude est augmentée du fait du cubitus valgus : le nerf est donc étiré à chaque mouvement de flexion du coude.
Quoiqu'il en soit, ces micro-traumatismes répétés sont à la longue responsables de la paralysie,. Pourquoi n'est-ce qu'après 20 ou 30 ans qu'elle se produit ?
On invoque comme cause HR de un traumatisme plus violent par effort brutal où longtemps prolongé, un surmenage professionnel ou sportif ainsi l'observation de Broca et Mouchet [6] en 1899: & il jouait facilement à son sport favori, le tennis, sans négliger l'aviron : ce dernier exercice le peïdit.
Il prit une telle part à des courses d’aviron sur le lac de Genève qu'il ressentit de vives douleurs avec fourmillement dans la sphère du cubital. En même temps les mouvements des doigts devenaient plus gênés... »
Dans notre observation n° |, le sujet voit ses troubles apparaître pour avoir, à l’occasion d’un corps à corps, donné un violent coup de poing sur le casque d'un rebelle.
Notre malade n° 2 heurte son coude dans un accident d'avion.
Par contre, dans notre troisième observation, pas de traumatisme révélateur : la paralysie cubitale survient insidieusement, sans cause apparente.
Notons à ce sujet que Forster [18] a vu des paralysies cubitales survenir à l’occasion d’un autre état pathologique : un grave influenza par exemple.
La pathogénie que nous venons d'exposer s’applique à la plupart des cas où la fracture de l’humérus survient dans l'enfance, où la soudure du condyle externe est imparfaite. Parfois, la fracture est plus tardive, mais même alors on trouve un rétrécissement de la gouttière épitrochléo-olécrânienne.
Dans ces cas, comme dans ceux que nous avons cités au chapitre précédent le nerf est irrité dans un conduit devenu trop étroit : c'est le mécanisme que Sicard et Gastaud ont dénommé : « Névrodocite ».