OBSERVATION XXV
(Service de M. le professeur SPILLMANN)
G..., âgé de %3 ans, ouvrier fumiste, entre le 5 août 1896 uvec une fièvre continue bénigne, datant de quelques jours.
Rien de particulier dans les antécédents héréditaires.
Le malade dit avoir eu une fièvre typhoïde à l’âge de 9 ans.
Il ressentait depuis quelques jours de la lourdeur des membres inférieurs et quelques lancées dans les mêmes membres.
De suite, après son entrée, se montre un début de para lysie des membres inférieurs, commençant nettement par les orteils, puis gagnant tout le membre et prenant en trois jours les muscles de l’abdomen, puis le bras en commençant par les mains.
Les muscl:s de la face et les muscles respiratoires sont épargnés.
Lorsqu'on soulève les membres, ils retombent inertes sur le lit.
Il y a de la raideur de la nuque.
La sensibilité est tout à fait intacte, réflexes abolis.
L'intelligence est intacte, céphalée continuelle, rétention d'urine et des matières fécales.
Marche de la maladie.
La paralysie se complète rapidement, puis il survient au bout de peu de jours des accès dyspnéiques durant une ou deux heures et se reproduisant plusieurs fois par jour.
Au bout de huit jours, ces accès diminuent, puis disparaissent.
En même temps, il y a des troubles de la voix, qui ne veut pas sortir, des troubles de la déglutition avec retour des aliments par le nez. Ces troubles disparaissent vers la même époque.
15 août. — Après un purgatif, selle abondante, le malade urine seul.
Les mouvements commencent à réapparaître d'abord dans le bras droit (supination, pronttion, mouvements des doigts) ; l’extension se fait moins bien que la flexion.
A gauche, mêmes mouvements, mais beaucoup moins étendus.
Aux membres inférieurs, rien encore.
Hyperesthésie musculaire généralisée; le malade crie quand on le bouge dans son lit.
11 septembre. — Les troubles respiratoires ont entièrement disparu.
Au bras gauche,les mouvements sont toujours peu étendus, la supination est impossible, ainsi que la flexion du poignet et du coude.
Les doigts remuent bien.
Aux membres inférieurs, l’impotence est complète.
Les réflexes sont abolis, la sensibilité conservée.
La pression des masses musculaires est encore douloureuse.
18 septembre. — Le malade commence à remuer les doigts du pied.
90 septembre. — Le malade commence à pouvoir serrer les objets à sa portée.
Légère flexion du membre inférieur, auquel le malade imprime quelques oscillations.