Poliomyélite antérieure ascendante
suraigué.
Les cas de paralysie dans la fièvre typhoïde appartenant à ce type scnt en somme excessivement rares. Il n’en existe que quelques-uns dans la science.
Nous en rapportons cinq observations, dont une recueillie dans le service de M. le professeur Spillmann.
L’affection est ici surtout localisée à la cellule motrice, corps du neurone périphérique, comme l’ont bien montré Marinesco et (Œttinger (1).
Les symptômes et la marche de ces paralysies rappellent singulièrement l'affection décrite en 1859 par Landry (2).
«Par sa marche à la fois insidieuse et précipilée, par ses symptômes d’abord mal déterminés et ses effets presque foudroyants, la paralysie ascendante aiguë rappelle certains caractères des maladies malignes et pernicieuses. » (Landry).
Dans toutes nos observations, les accidents débutent pendant la convalescence de la fièvre typhoïde au quatrième jour d’apyrexie (obs. I), au septième (obs. Il), au troisième (obs. IV).
(4) MaRiNEsco ET OETTINGER. — Paralysie ascendante aïquë à la suile de la variole. (Semaine médicale, 1895 ) (1) Lanpry. — Guzelle hebdomadaire, juillet 1859.)
Dans l’observation I, il s’agissait d’une fièvre typhoïde grave, mais dont la marche avait cependant été normale.
Dans l'observation II, la maladie fut très bénigne, ce qui n'empêche pas de se produire, pendant la convalescence, une complication de la plus haute gravité.
Le début est le plus souvent brusqueet inopiné, sans prodromes.
. Le malade constate un matin, sans que rien ait pu le faire prévoir, une difficuité dans les mouvements des orteils des deux pieds (obs. I).
Dans l’observatiou II, Leudet insiste également sur ce fait qu'il n’y avait eu aucune douleur.
C’esten se promenant dans la salle que la malade accuse subitement une faiblesse marquée des jambes, faiblesse telle qu’elle a grand’peine à se recoucher seule.
Même genre de début dans les observations II St AY
C’est le matin, après une nuit assez bonne, que le malade reconnait l’inertie de ses membres inférieurs et l'impossibilité de les déplacer (obs. IV).
« La paralysie se propage rapidement des parties inférieures vers les supérieures, avec une tendance constante à se généraliser.
Les premiers phénomènes se manifestent aux extrémités des membres, le plus souvent des membres inférieurs. |
De là, ils envahissent tout l’appareil musculaire
EN
de la vie animale en suivant une marche progressivement ascendante, et d’après un ordre à peu près constant :
1, Muscles moteurs des orteils et des pieds, puis muscles de la cuisse et du bassin ;
2° Muscles moteurs des doigts de la main et du bras, et ensuite muscles moteurs de l’avant-bras sur le bras; |
3° Muscles du tronc;
4° Muscles respirateurs, langue, pharynx, œsophage.
La paralysie est alors généralisée, mais elle est d'autant plus complète qu’on se rapproche davantage des extrémités.» (Landry.) C’est bien, en effet, ce qui s’est passé dans nos cinq observations.
Les sphincters peuvent être touchés (obs. I, IV) ou intacts (obs. ID).
Il n’y a pas de troubles de la sensibilité (obs. I, Il, I), ou seulement des troubles légers, pas d’atrophie musculaire. ;
Les réflexes tendineux sont généralement abolis.
A la période finale, il y a des troubles bulbaires. La marche est très rapide; la paralysie est complète au quatrième jour (obs. I'et III); au septième (obs. 1”); dans l’observation IV, la marche est plus rapide encore, puisque la mort survient au bout de vingt-quatre heures.
Dans toutes les observations, on peut noter jusqu’à la fin la parfaite intégrité de l'intelligence.
L'observation I est caractéristique-à cet égard ; Je malade se rend:si bien compte de la marche de sa maladie qu’il demande lui-même un notaire et fait son testament.
Le lendemain, il était aphone et succombait aux progrès de l’asphyxie.
Ajoutons que la terminaison a toujours été fatale et que la mort est survenue dans un délai variant de vingt-quatre heures (obs. IV) à sept jours (obs. ID).