‹ Contribution à l'étude des paralysies alcooliquesChapitre 4 sur 10 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

tant plusieurs observateurs ont noté dans la paralysie alcoolique des lésions diffuses de la moelle et surtout celles des grandes cellules des cornes antérieures qui sont les plus faciles à observer à cause de leur volume.

Les altérations du cerveau sont indéniables, de parla clinique; l’alcoolisme aboutit en effet souvent à la démence, et, cette dernière n’est que le syndrome clinique résultant de l’impotence fonctionnelle des circonvolutions cérébrales. Nous pouvons rappeler à ce propos, indépendamment des déments alcooliques qui peuplent les asiles, les nombreux cas qu'on a voulu isoler, à tort selon nous, sous le titre de pseudo-paralysie générale alcoolique et dans lesquelles l’autopsie montre des adhérences méningées étendues.

Certaines boissons, le vulnéraire anisé par exemple, dont l’usage est fréquent chez les femmes qui travaillent dans les lavoirs, détermineraient, selon M. A. Voisin, un état de stupeur cérébrale et même de démence tout à fait particulier ( Congrès d'Oran). L’intoxication alcoolique porte donc sur tous les tissus à des degrés divers suivant la hiérarchie de ces tissus : dans le système nerveux elle frappe à la fois le cerveau, la moelle et les nerfs ; et ses effets sont d’autant plus marqués que les essences entrent pour une plus forte part dans l’intoxication. Les paralysies périphériques ne sont donc qu’un chapitre, le mieux connu il est vrai, des lésions du système nerveux dans cette intoxication. Ces considérations ne sont pas inutiles, car nous pouvons, d’après elles, esquisser d’avance les caractères généraux de ces paralysies. Ils seront proportionnés à l’intoxication, c’est-à-dire qu’avec un poison donne et un sujet donné, plus ou moins impressionnable, on obtiendra tel degré ; et ce degré pourra varier depuis la simple parésie jusqu’à la paralysie flasque totale. D’autre part, les paralysies porteront sur toutes les fonctions du faisceau nerveux puisque la lésion frappe le cylindre axe; et les troubles sensitifs, vaso-moteurs et trophiques seront constants et proportionnés aux troubles moteurs. Enfin, il existera toujours dans ces paralysies un élément central : impuissance médullaire, hébétude cérébrale, dont on devra tenir compte si on veut être complet.

Page 1