‹ Contribution à l'étude des paralysies alcooliquesChapitre 8 sur 10 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pronostic et traitement.

Le pronostic des paralysies alcooliques est essentiellement variable, suivant leur degré, leur siège, leur ancienneté. Il est évident que les parésies passagères dont nous avons parlé dans le cours de notre travail, parésies matinales ou encore limitées à un seul nerf, ont un pronostic relativement bénin, et qu’elles disparaîtront sans laisser de traces, si le malade renonce à temps à ses mauvaises habitudes. — Il en est de même pour les cas où, la paralysie étant peu marquée, ce sont les troubles de la coordination motrice qui dominent. Ici encore, la guérison peut et doit arriver, car nous avons déjà dit qu'un des caractères permettant de distinguer le pseudo-tabes alcoolique du tabes vrai, c’est sa curabilité.

Mais quand la paralysie se montre chez des buveurs depuis longtemps intoxiqués, quand elle évolue rapidement, peut-on espérer que la guérison arrivera? Autrefois on pensait que ces formes spéciales avaient une gravité toute particulière, et que le pronostic était toujours fatal. A peine trouve-t-on dans quelques auteurs (Th. GEttinger) la mention de malades qui, sous l’influence du traitement électrique, avaient vu leur position améliorée. On regardait leur marche comme essentiellement chronique et progressive. Nous pensons qu’aujourd’hui ce pronostic doit être moins sombre. En effet, si Ton se rapporte aux deux observations personnelles que nous publions dans notre thèse, nous voyons deux femmes, intoxiquées par les essences, être atteintes brusquement de paralysies avec douleurs atroces dans les masses musculaires, impotence fonctionnelle rapide et complète, et guérir au bout de quelques mois par un traitement régulièrement suivi ; les deux cas prouvent donc, selon nous, qu’il ne faut jamais désespérer de la marche de la maladie ; et surtout porter dès l’abord un pronostic absolument grave.

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