SI
maladie et sont justiciables du traitement de la maladie ellemême.
Les paralysies para-diarrhéiques sont presque toujours d'origine médullaire ou névritique.
Choléra (1)
Rares au début, les paralysies para-cholériques surviennent surtout pendant la convalescence.
On à noté, cependant, au début, la paralysie de l'orbiculaire des paupières, d'où ulcération de la cornée (de Grsefe); la paralysie motrice et sensitive, limitée à quelques muscles des membres (origine périphérique), l'abolition des réflexes (origine médullaire).
Les paralysies de la convalescence sont plus fréquentes, quoique encore très rares.
Légères en général, dans quelques cas exceptionnels, elles provoquent des amyotrophies persistantes.
Grippe (2)
Les dernières épidémies de grippe ont fait multiplier les travaux sur ce sujet.
(1) Laveran.— Art. choléra, du dict. encyclopédique. Widal.— Art. choléra, du Traité de médecine, 1891. Griesinger.— Traité des maladies infectieuses, 1877. Jaubert.— Convalescence du choléra (th. Paris), 180('>.
Gabier.— Paralysies périphériques dans le choléra. Un. médic. 1S6G.
(2) Blocg.— Hev. générale, in Gazette hebdom., 1890, p. 2G7.
Etudes sur les maladies nerveuses.
Grippe et maladies nerveuses, Paris, 1894.
Bidon.— Académie de médecine, 27 mai 1890.
Rev. de mëd., oct. 1890.
Il semble que l'infection grippale imprègne tontes les parties du système nerveux ; les formes nerveuses de la grippe (abattement général, somnolence, céphalalgie susorbitaire, rachialgie) sont les plus fréquentes: c'est avec une prédilection manifeste que la grippe frappe sur le système nerveux .
Aussi les troubles paralytiques réveillés par la grippe sont-ils fréquents et de toute origine (cérébrale, mésocéphalique, spinale, névritique, névrosique).
Hémiplégies, syncopes respiratoires et cardiaques (Sansom. — Sem. méd., u° 36, 1894, p. 290), paralysie des muscles de l'œil, de l'accommodation, névrite optique, acoustique, paraplégie, paralysies diverses, gangrènes symétriques, névralgies, troubles intellectuels, névroses (1).
Début tantôt brusque, tantôt lent. Des symptômes nous n'avons rien à dire, les paralysies para-infectieuses qui surviennent au cours de la grippe étant en tout semblables à celles qui surviennent dans les autres infections aiguës.
Brionne. — Th. Paris, 1S90 (hystérie).
Dore— Th. Montpellier, 1890.
llavage. — Rev. de médecine, fév. 1891 (névrites .
Bonnet. — Th. Lyon.
Widal.— Traité méd., art. grippe.
Virey, Traslour.— Th. Paris, juillet 1893.
Grasset. — Leçons sur la grippe (Montpellier méd., 1890).
Bernhardt. — Paralysies, suite d'influenza. Jahrerbericbt f. gesannte, med. 1890.
llolmer.— Névrite suite d'influenza. Eira XIV, p. 7.
Westphallen. — Névrite multiple, suited'inlluenza. Pétersbourg Iioch, n° 21.1890.
Martel. — Névrite radiculaire après grippe. Bull. soc. des hôpil. de Paris, VII, p. 2S0, 1890.
Homen — Névrites après inllueuza. Finska Lœk, handl, CXXXII, 12, 1890.
Ulhoff, Fukulor, — Paralysie des muscles de l'oeil, après influenza.
Kot/is. — Paralysie chez les enfants après l'induenza. Thérap. Monaslch, 12, 1890.
Voir, de plus : Hol:,Brosset. Lojanoco, Marselli, Drascli, Fereole, etc., etc. [1] Grasset. — Clinique 1891, p. 42S hystérie post-grippale).
Grasset-Jeannel. — Hystérie mâle et neurasthénie (Montp. méd., 1892 r
Nous devons faire remarquer seulement qu'à l'action de la grippe se joint parfois celle d'une infection surajoutée, pour provoquer le processus paralytique.
Paludisme (1)
Les paralysies para-paludéennes ont été observées depuis bien longtemps. Fernel les signale le premier, Sennert, Hoffmann, Vogel, de Haen, Chilien, Borsieri, Torte, Verllioff, Sauvages, plus récemment Ouradou (Th. Paris 1891), Grasset (Montp. méd. 1876), Vincent (Th. Montpel. 1878). Boinet et Salebert (Rev. de méd. 1889) s'en sont occupés.
Il y a trois grandes divisions à établir dans les troubles paralytiques para-paludéens:
1° Paralysies passagères (hémiplégie ou paraplégie,), liées
(1) Bourru. — Maladies dos centres nerveux consécutives au paludisme. Acad. de médecine, 25 oct. 1887.
Laplane. — Sein, méd., 23 sept. 1891. Hémiplégie palustre.
Boinet et Salebert. — Troubles moteurs dans l'impaludisme(Rev. deméd. 1889).
Kelsch et Kiener. — Maladies des pays chauds, 1889.
Laveran. — Paludisme, 1891.
Widal. — Art. Paludisme, Traité de médecine.
Gvinon,— Agents provocateurs de l'hystérie. (Th. Paris, 1889, p. 9i).
Grasset. — Montpellier médical, 1894 (névrose).
Lejonne. — Influence du paludisme sur le développement des névroses (th. Lyon, nov. 1890).
Crespin. — Essai d'interprétation pathogénique de certaines névroses postinfectieuses (th. Lyon, 1891).
Teissier. — Infl. dupai, sur le développement des névroses (Bulletin médical, 30 novembre 1890).
Sinr/er. — Semaine médicale, 1887, p. 238.
Combemale.-T Bulletin médical du Nord, 1891, p. 2C7 et Progrès médical, 10 juillet 1892.
Macnamara. — Brit. med. journ., 8 mars L890 .
Prince. — Tabès post-paludéen (New-York. med. Rev., juillet 1880, p. 205).
Clément. — Hystérie et paludisme (th. Montpellier, juin 1894).
Boinet — Scm. méd., 1894, n" 22, p. 174.
à l'accès de fièvre, disparaissant avec lui ou ne durant que quelques jours, justiciables de la quinine, offrant tous les caractères des paralysies corticales, dues à une congestion très légère; elles n'entrent pas dans notre cadre, puisqu'elles marchent avec l'accès et disparaissent parla quinine.
2° Paralysies avec état apoplectiforme plus ou moins complet, qui font que ces paralysies sont moins fugaces que celles du premier groupe, mais guérissent le plus souvent. Celles-ci ne sont plus justiciables du sulfate de quinine et demandent un traitement particulier, c'est ce qui, avec leur durée plus considérable, les distingue du premier groupe.
3° Paralysies absolument indépendantes du paludisme, autrement que par la cause occasionnelle (les para-paludéennes caractéristiques), tantôt d'origine cérébrale (sensitivo-motrices, hémiplégie ; c'est le mode le plus fréquent des paralysies dans le paludisme) ; tantôt d'origine médullaire (paraplégies habituellement complètes d'emblée, plus prononcées à la périphérie qu'à la racine des membres inférieurs, sans troubles de la vessie ni du rectum, s'accompagnant parfois d'alrophie et revêtant l'aspect du béribéri] ou névritique (limitées à des groupes musculaires, à un seul nerf (souvent le sciatique), soit névrosiques (thèses de Lejonne, Crespin, Clément, observ.de Grasset, Guinon).
Ces paralysies dépendent soit des altérations du sang consécutives à la présence de l'hématozoaire de Laveran, soit de troubles circulatoires.
Le pronostic, pour l'avenir de la fonction, est bénin dans les paralysies transitoires, plus grave dans les névrites périphériques, et sérieux dans le cas de lésions myélopathiques.
Variole (1)
De toutes les fièvres éruptives, la variole est celle qui entraîne le plus d'accidents paralytiques. Elle vient cependant bien loin après la fièvre typhoïde (sur deux raille varioleux, seulement 10 paraplégies).
Dès le XVII e siècle, Horstius et Freind avaient signalé les paralysies para-varioleuses et insisté sur ce fait que la bénignité de la fièvre éruptive ne garantit pas de cette conséquence. Sydenhain, Mead, Lieutard, Van Swieten, Morton, ont donné des observations analogues.
Ces troubles peuvent survenir à toutes les périodes de la maladie. Au début; la paraplégie, bien décrite par Trousseau, exagération du symptôme rachialgie. A la période d'état, même complication, beaucoup plus grave alors.
Mais c'est encore durant la convalescence que les troubles paralytiques sont plus fréquents : c'est toujours la paraplégie qui domine (membres inférieurs lourds, mais pouvant être remués sur le plan du lit; engourdissements, fourmillements, douleurs). Assez souvent, rétention d'urine (paralysie vésicale).
Parfois, la paralysie s'étend aux muscles abdominaux, thoraciques, affectant l'allure de la paralysie ascendante
(1) Saint-Philippe.— Gazette hebtlom. de Bordeaux, 1S79. Barthélémy.— Th. Paris, 1880.
Mariessolle.— Th. Paris, 1880.
Quinquaud. — Encéphale, 1881 .
Karth et Vilhocq.— Dict. encyclop., lSSb.
Baher et Dubreuilh. Dict. de méd. et de chir. prat., 1S85. L. Guinon. — Trait, de médec., II, 1892.
Castan. — Montpellier méd., 1890.
Dujardin-Beaumetz, — Gazette des Hôpitaux, 12 avril 1892.
— Sfi —
aiguë. On constate des paralysies de groupes musculaires isolés avec perversions sensitives.
On a encore observé l'ataxie (Railler), le pseudo-tabes postvariolique, la sclérose en plaques (Liouville, Marie, Castan), la paralysie atrophique de l'enfance (Roger et Damaschiuo).
Nous avons observé nous-même une sclérose cérébrale para-variolique, encore dans les salles de vieillards, service de M. le professeur agrégé Sarda.
Observation II
(Inédite)
Prise |w M. Ramirez, externe des Hôpitaux de Montpellier, complétée cl rédigée
parnona-niême.)
R... Alexandrine, 17 ans, enfant de l'assistance publique, n'a pas connu son père. Sa niciv, très bien portante, nullement nerveuse.
A l'âge de S ans, variole. Elle était alitée depuis une vingtaine de jours, l'exanthème en pleine desquamation, quand elle fut secouée par une forte convulsion, suivie de la paralysie de tout le côté droit, avec strabisme convergent gauche. Pas d'aphasie, nid'aphémie ; le lendemain el les jours suivants, les convulsions se répétèrent, et cela durant plusieurs mois : la contracture a paru 2 mois après la première convulsion.
Rien de remarquable depuis.
ICluI actuel. — Atrophie très notable du squelette et des masses musculaires des deux membres droits. La différence est d'aulanl plus grande que la jeune fille est forte, vigoureuse et les parties saines de son corps très considérablement développées.
Les articulations de l'épaule et du coude sont libres ; tous leurs mouvements s'exécutent. L'articulation du poignet est ankylosée ; la main droite est dirigée en arrière et en dehors.
Le membre inférieur est aussi atrophié dans son squelette et dans ses niasses musculaires; la malade boite, appuie son pied droit sur la pointe; de plus, elle soulève son membre en marchant; mais, dès qu'il a été soulevé, ce membre retombe sur la pointe du pied, comme dans la paralysie des fléchisseurs.
Tout le côté droit est atrophié, de sorte que la malade penche constamment vers la droite. Strabisme convergent de l'œil gauche.
Depuis 18 mois (6 ans Ij2 après le début), à la suite d'une chute sur la tète, elle a des crises comitialiformes, survenant très irrégulièrement (environ tous les quinze jours). Nous avons assisté à deux ou trois de ces crises; la malade en est prévenue par dos fourmillements au niveau de la main droite; si on lui comprime vigoureusement le poignet ou l'avant-bras, la crise peut s'arrêter. Si la crise poursuit sa marche : elle appelle au secours et se laisse aller, sans pousser un cri. La main et le bras droit sont pris de convulsions cloniques, qui envahissent successivement la moitié droite du tronc, de la tète et le membre inférieur droit. Durant la crise, elle bave, se mord la langue et perd connaissance. Les convulsions terminées, elle reste environ une minute dans un état comateux; la durée totale de la crise est de 3-4 minutes. Après la crise, elle souffre du membre supérieur droit durant quelques instants. Depuis 2 mois environ, elle a de l'hémichorée. La sensibilité est parfaitement intacte.
Maladroite en toutes choses, cette jeune fille n'a jamais pu apprendre à lire.
Le diagnostic ne nous paraît pas plus discutable ici que pour notre première observation ; le tableau est un peu différent: nous avons des convulsions au début, qui est brusque; puis hémiplégie; plus tard, des phénomènes comitialiformes survenus, il est vrai, à la suite d'un trauma sur la tête, 6 ans 1/2 après le début, comme si ce trauma venait pousser à paraître un symptôme manquant au tableau, les troubles intellectuels existant dès le début. Enfin, ces derniers temps, l'hémichorée droite (8 ans après le début). Et c'est au vingtième jour de la variole que se déclare bruyamment cette sclérose cérébrale.
Nous nous trouvons, à n'en pas douter, en présence d'un cas de sclérose cérébrale para-variolique.
Dans la variole, la moelle peut être atteinte, mais aussi
et surtout les nerfs (observation de Joffroy), et, nous venons de le voir, parfois le cerveau ; enfin, les troubles sont quelquefois purement fonctionnels (névroses).
Rouceole (1)
De toutes les fièvres éruptives, c'est celle qui entraîne le moins souvent des paralysies.
L'apparition est plutôt tardive, l'intensité de la paralysie est moyenne, sa durée passagère ; la paraplégie est la forme dominante, mais on a noté aussi des déterminations paralytiques systématiques, diffuses ou partielles : paralysie ascendante aiguë (Bergeron, Liégeard), paralysie infantile I Holmes Coote), paralysie limitée à certains muscles, tétanie, sclérose en plaques, sclérose cérébrale (Richardière, Marie, Massalongo) (2) avec ou sans aphasie (3).
L'origine périphérique ou névrosique de certaines de ces paralysies est universellement admise aujourd'hui (chorée paralytique, Blocq) (4i.
Le pronostic est difficile à établir, la destinée, comme la forme des accidents, étant entièrement subordonnée aux processus anatomiques mis en œuvre par l'infection aiguë.
(1) Sannë. — Art. rougeole in Dict. encyclopédique. 1877.
Despine.— Art. rougeole in Nouv. Dicl. de méd. et de chir. pratique, 1878.
Perret.— Clinique de Lyon, 1887.
Llayle.— Paralysie dans la rougeole (th. Paris, 1888;.
Denarié.— (Th. Lyon. 1888-89).
Guinon.— Art. rougeole, du Traité de médee., II.
Allyn. — Med. news, 2S nov. 1891 41 cas de par. rubéolique).
Carpenler.— Zlud., 13 février 1892.
Monvo.— Névrite périphérique consécutive a la rougeole 'Lancet, 14 avril 1894).
(2) Massalongo.— Riforma. médica., 3 septembre 1892, p. 615. [3] Combemale. — Arch. générales de médecine, juin 1892.
(4) Blocq.— Etude des maladies nerveuses, Paris, 1894, p. 138 .
Scarlatine (1)
Si on laisse de côté tout ce qui tient aux complications uréraiques et rhumatismales, les observations de paralysies para-scarlatineuses sont rares .
«Elles semblent être plutôt cérébrales que spinales ou périphériques et comportent un pronostic beaucoup plus favorable, si leur apparition est tardive que si elle est précoce. Dans ce dernier cas, il s'agit presque toujours d'hémiplégie spasmodique infantile. L'aphasie temporaire avec ou sans paralysie, les troubles mentaux, les pseudo-tabes ont été observés. La chorée apparaît souvent à la suite de la scarlatine. » (Grasset— Rauzier.)
Nous n'avons trouvé nulle part d'observations de paralysies développées à la suite de la .sue/te miliaire. Nous en rapportons deux cas dans notre seconde partie, observations absolument inédites, dues à M. le docteur Privât, ancien médecin inspecteur des eaux de La Malou. L'une a trait à une hémiplégie, l'autre à une paraplégie. ^Voir observations XIX et XX dans la seconde partie).
(I) Sanné. — Art. scarlatine, Dict. encyclopéd., 1879.
Picot. — Art. duNouv. Dict. de médec. et chir. pratiques, 1880. Guinon. — Loc. cit. (Traité de médecine).
Thomas. — Troubles nerveux consécutifs à la scarlatine. (Revue médicale de la Suisse romane, décembre 1891).
— fin —
Erysipèle 1
C'est surtout dans l'érysipèle de la face qu'on observe des paralysies. Elles sont d'ordinaire peu accusées et peu durables, associées à des troubles de l'intelligence et des sens qui démontrent hautement les procédés cérébraux mis en œuvre pour produire les troubles du mouvement. Cependant, certaines de ces paralysies peuvent prendre parfois des allures qui comportent un pronostic fâcheux. Dans ces cas, qui ont trait à des méningo-encéplialites profondes, la paralysie n est plus para-infectieuse, c'est un symptôme de l'encéphalite.
Le streptocoque de Fehleisen a été retrouvé dans les méninges.
L'érysipèle provoque aussi des névrites (névrite optique) (2) et par suite cécité.
Les syndromes nerveux d'origine organique ou fonctionnelle sont relativement fréquents à la suite de l'érysipèle (pseudo-tabes, Grasset, Paulet: épilepsie, chorée, hystérie) (3).
(T Raynaud.— Art. du Nouveau Diot. de méd. el chir. prati. Vautrin et Spillmann. — Art. du Dict. encyclopédique, 1887. Guinon. — Art. erysipèle, Traité de médecine, II. Paulet. — Pseudo-tabes post-infectieux th. Montpellier, 1892 Grasset. — Un cas de pseudo-tabes infectieux: paralysie symétrique après un
erysipèle. Montp. méd., p. 253, 1892 Leu.— Sur un cas de névrite multiple infectieuse après un erysipèle de la face. Charité annalen, XV, p. 27(3, 1890.
- Snefi.— Cécité consécutive a l'érysipèle de la face. In Sem. Méd., 1893, n°32, p. 254 Fowler-Scougal. — Atrophie des deux nerfs optiques consécutive à un erysipèle de la face. In Sem. méd., 1893, n- 32, p, 254. 3 Grasset. — Nouveau Montpellier-Médical, 1895.
Tuberculose aiguë (1)
Fidèle à noire définition des paralysies para-infectieuses, nous n'avons point à nous occuper ici des divers troubles moteurs, survenant aux cours des méningites tuberculeuses et de la période terminale de la phtisie aiguë. Ces accidents font partie du tableau môme de la maladie; ils font corps avec elle et ne sont point greffés sur elle.
Les paralysies à signaler comme s'étant développées à l'occasion de la tuberculose aiguë sont rares. La tuberculose aiguë pardonne rarement, quelque forme qu'elle revête; la caractéristique des paralysies para-infectieuses est desurvenir au déclin de la maladie. On peut comprendre dès lors pourquoi sont rares les cas de paralysies développées à l'occasion de l'infection tuberculeuse aiguë.
Néanmoins, on a trouvé des lésions périphériques chez des malades morts d'accidents tuberculeux aigus et qui avaient présenté des symptômes de névrite périphérique de leur vivant C'est surtout le sciatique qui est lésé en ces cas là.
Nous ne considérons comme para-infectieux, au cours de la tuberculose aiguë, que les seuls troubles périphériques,
(1) Rendu.— Th. doct.,1876.
Landouzy.—- Th. doc. 1876.
Peler.— Leçons de clinique médicale, loin. II Debove. — Société méd. des Hôpitaux, 1878.
Friot. — Sciatique chez les phtisiques. (Th. Paris. 1879). Béringier.— Th. Paris, 1880, a" 72
Jappa. — Altération des nerfs périphériques dans la phtisie. |Th. Saint-Pétersbourg, 1888).
Verne. — Névrite multiple périphérique dans la tuberculose. (Th. Berlin, 1889). Pitres et Vaillard. — Névrites périphériques chez les tuberculeux.
les phénomènes d'origine centrale faisant partie dn tableau des méningites, et les névroses survenant à l'occasion de la tuberculose ne se développant jamais au cours de la tuberculose aiguë.
Rhumatisme articulaire aigu (1 1
Dans l'étude des troubles moteurs para-rhumatismaux, il est plusieurs gros écueils à éviter. Parfois le malade ne remue pas, uniquement pour éviter la douleur; il existe des atrophies périarliculaires qui n'ont rien de paralytique; des hémiplégies et toutes autres formes de paralysie d'origine cérébrale qui ont des lésions cardiaques pour causes; les pseudo-rhumatismes ne sont pas des paralj'sies ; enfin le rhumatisme peut frapper en tous les points de l'axe cérébrospinal et du système périphérique, provoquant des troubles moteurs.
Tout cela n'entre point dans notre cadre.
(i; ForwelL— Lancet, 29 mai 1886.
Leussier.— Th. Paris, 1868.
lioi.— Th. Paris. 1*80.
Durand.— Th. Paris, 1880.
Guinon. — Agents provocateurs de l'hystérie, 1889.
Résilier.— Ar). Rhumat., Dict. encyclopédique.
Trousseau. — Clinique méd.. t. II, p. 826.
Rail, Fernet, Mora. -Th. Paris, 1865.
Dubois. — Névrites a début brusque chez les rhumatisants.
Thomas. — Névrite rhumatismale aiguë.— Journ. amer. med. Assoc.,27 février 1892,
Hoffmann. — Paralysie périphérique du nerf sus-scapulaire d'origine rhumatismale. Neurol. Centralblatt., 1888.
Macnamara.— Névrite rhumatismale. Brit. Journale n°15, 31, 1890.
Bury . — Névrite multiple dans le rhumatisme aigu.
Les auteurs qui se sont occupés de la question ont classé parmi les paralysies para-rhumatismales divers troubles moteurs fugaces, gardant les allures alertes de l'infection causale, frappant un moment un membre, puis l'abandonnant pour frapper ailleurs, justiciables du salicylatede soude.
Pour nous, ces paralysies sont une dépendance immédiate de l'infection ; elles sont infectieuses et non para-infectieuses, puisqu'elles ont les allures et le traitement de la maladie même, et la preuve c'est que parfois le rhumatisme, au lieu de frapper d'emblée les articulations, commence par une de ces paralysies, se localisant plus tard sur les jointures ; arthropathies et paralysies disparaissent en même temps.
Exemple: Un soldat, pris de phénomènes d'infection générale, présente, au matin du quatrième jour, une paralysie complète de l'oculo-moteur droit, avec congestion rétinienne. Le septième jour seulement survient l'arthropathie. La paralysie de la 3 e paire rétrocède; au 11 e jour, arthropathie et paralysie ont disparu (1).
Nous pourrions citer nombre d'autres exemples semblables; celui-là suffit pour expliquer notre idée.
A côté de ces paralysies à allure incontestablement rhumatismale, il en est d'autres qui entrent dans notre cadre ; ce sont les troubles moteurs d'ordre divers qui surviennent soit au début, soit au cours ou au déclin du rhumatisme aigu, et qui, contrairement aux précédents, ne remplacent pas au besoin l'arthropathie et ne disparaissent pas avec elle; ils survivent à l'attaque aiguë et parfois même ne surviennent que quelques jours après la guérison complète; c'est bien là le type parfait de l'apparition des paralysies para-infectieuses.
(1) Michel.— Monastblatt f., Augenheilk, X, p. 167, 18T2.
Les cas de troubles, affectant ces allures, sont peu nombreux, mais on en a cité de tous ordres ; c'est la forme paraplégique qui est la plus fréquente; puis les névrites périphériques, limitées au territoire d'un nerf, à un ou plusieurs muscles (Dubois, Thomas, Gordinier, Lœvenfeld, Hoffmann, Bury).
Les névroses sont fréquemment provoquées ou réveillées par l'infection rhumatismale aiguë, et, parmi elles, surtout la chorée et l'hystérie. Il faudra donc songer à l'origine névrosiqne, quand on étudiera les troubles moteurs para-rhumatismaux.
Pneumococcie (1)
Aujourd'hui que la pneumonie n'est plus une maladie locale, qu'elle est la simple localisation sur le poumon (loca-
(1) Jaccoud.— Les paraplégies et le mouvement. Macario. — Bulletin de thérapeutique, déc. 1850. Moniteur des hôpitaux, fév. 1853.
Union médicale, 8 nov. 1859.
Charcot, — Traité des paralysies dynamiques, 8 nov. 1859.
Leçons cliniques sur les maladies des vieillards. Lépine.— Hémiplégie pneumonique (th. Paris, 1870). Grisolle. — Traité de la pneumonie, 2 m " éd.. p. 444. Raymond. — (Sem. méd., 1893, p. 175). Psychoses post-pneurnoniques. Geoffroy— Th. Montpellier, 1880.
Rouilot. — Gazette hebdomadaire de Bordeaux, 1882, n ,s 42 et 43. Lemaiie. — Epilepsie pneumonique. (Uev. de méd., oct. 1888j. Bavth — Art Poumon, du Dict. encyclopédique, 1889. Stephan. — Paralysies pneumoniques (Hcv. de médec, janv. 1889). Aufrecht.— Arch. f. Kinder, 1890, T. IV.
lioulloche. Des paralysies pneumoniques. (Th. Paris, 1892). Sallard. — Pneumonie lobaire aiguë. (Manuel méd. Debove-Achard, 1893). Netler. — Pneumonie, in traité de médecine, tom. III.
Salomon. — Contribution ù l'étude de l'hémiplégie pneumonique. (Th. Paris, 1893).
lisation favorite, il est vrai, de l'infection pneumococciqne), on comprend mieux qu'autrefois qu'elle puisse, de même que les autres infections aiguës, provoquer l'apparition de troubles paralytiques.
Constatéesdès longtemps (Hippocrate, Avicenne),les paralysies post-pneumoniques n'ont été scientifiquement étudiées que dans ces dernières années (Macario et Giibler, Charcot et Lépine).
Des distinctions doivent être établies parmi les faits donnés comme paralysies para-pneumoniques. Un premier groupe est constitué par les paralysies dénommées amyosthéniques par Gubler, et qui offrent bien tous les caractères des paralysies para-infectieuses, telles que nous les comprenons.
Le second groupe est constitué par l' hémiplégie pneumoni/jue, si admirablement étudiée par Lépine. Cette hémiplégie traverse le cours de l'infection, distincte de la marche de la maladie aiguë. On ne la remarque avec son tableau si net, si tranché, que dans la pneumonie; d'autre part, ses allures cliniques sont bien celles des paralysies para-infectieuses. Nous nous abstenons, pour le moment, de la classer soit parmi les paralysies que nous éludions, soit parmi les phénomènes purement infectieux.
Son tableau a été bien décrit par Lépine {loc. cit.) et Salomon (th. de Paris, 1893). Nous renvoyons à ces deux thèses pour cette description.
Nous ne nous occuperons pas des troubles moteurs dus à la méningite pneumococcique, car ils font partie du tableau de cette maladie et bénéficient de son traitement.
Les vraies paValysies para-pneumococciques sont très rares; elles apparaissent insidieusement à la phase de déclin de l'infection, plus souvent durant la convalescence; elles revêtent la forme de paraplégie, de paralysies vaso-motrices
(Landouzy, th. d'agrég., p. 212) ; elles affectent parfois des allures graves dans cette dernière forme ; quelques groupes musculaires peuvent être envahis isolément. Quelquefois, la pneumococcie provoque l'apparition d'une névrose (chorée, neurasthénie, hystérie) et, par suite, les troubles moteurs peuvent être d'origine névrosique (Blocq, /oc. cit., 138).
Nous ne discutons pas l'origine réflexe des paralysies ; nous ne pouvons admettre cette théorie pathogénique poulies paralysies para-infectieuses ; elle est destinée à expliquer seulement des akinésies, qui n'entrent pas dans notre cadre.
Pleurésies (1)
Ce que nous venons dédire des paralysies para-pneumoniques peut s'appliquer aux paralysies para-pleurétiques, étant donné que, souvent, la pleurésie est dénature pneumococcique : même début, môme marche, même terminaison, même fréquence de formes.
Mais, ce que l'on étudie généralement sous le terme
I Lépine, Maurice Raynaud, lirouardel. — Note sur un état parélique développé dans les membres du côté correspondant à un empyème. 'Soc méd. des Hôpitaux, 1875, p. 122.
De Valicourt, — Etudes sur les hémiplégies observées au cours des pleurésies,
Berlin du Château.— Contribution à l'étude de paralysies dites réflexes, 1K78.
Aubouin. — De l'épilepsie et de l'hémiplégie pleurétiques, 1878.
Trousseau. — Clinique médicale, tome II, p. 3.
Martin. — Sur les phénomènes réflexes de l'empyème. Th. Paris, 18*1,.
Roperl. — Epilepsie pleurétique. (Th. Paris, 1884).
Jeauselme. — Accidents nerveux consécutifs à la thoracentèse et à l'empyème. Rev. de médecine, 1892).
Xetter. — Traité de médecine III, art. pleurésie.
Courtois Suffit.— Manuel de médecine, 1893, art. pleurésie.
tiessinger.— (Revue de médecine).
«paralysiespleurétiques»,cesont les akinésies qui surviennent après l'einpjènie: l'épilepsie et l'hémiplégie pleurétiques. Ces deux manifestations, différentes de troubles nerveux, ne sont, ni l'une ni l'autre, para-infectieuses; elles sont intimement liées à l'opération de l'empyème; ce qui le prouve, c'est que, si on ne pratique pas l'empyème, elles ne se produisent pas C'est le type de ces paralysies qu'on a dénommées réflexes, faute de pouvoir les expliquer autrement. Le groupe s'en est restreint de plus en plus. Nous nous croyons autorisé à l'effacer complètement du cadre pathogénique des paralysies para-infectieuses, après la définition que nous avons donnée de ces paralysies.
Angines non diphtéritiques
Avec G. Sée, Giïbler, Landouzy, nous admettons la possibilité de paralysies survenues à l'occasion d'angines aiguës non diphtéritiques. Les observations signalées représentent très exactement la marche des akinésies para-infectieuses. Mais, avec ces maîtres éminents, nous conseillerons aux praticiens de fouiller le malade; la nature de l'angine peut être méconnue; l'apparition des paralysies doit faire soupçonner la diphtérie, les angines non diphtéritiques ne provoquant les troubles moteurs que dans des cas d'une excessive rareté.
Maladies aiguës des organes génito-urinaires
Alasuite de néphrites, de cystites, d'urétlirites de toute nature, de phlegmons des ligaments larges, il peut se produire des paraplégies d'origine centrale (Rayer, Leroy d'E-
tiolles, Macario, Nonat, Wallin, Reter), ou névritique (Dana, Lœwenfeld, Upson, Eisenlohr, Mills).
De toutes les affections aiguës des organes génito-urinaires, celles qui provoquent le plus souvent les troubles moteurs sont : la blennorrhagie (1), considérée aujourd'hui par un grand nombre d'auteurs comme une maladie générale (infection gonococcique) et la puerpéralité (2).
Nous n'avons pas à revenir sur la description des troubles moteurs qu'elles provoquent ; nous l'avons déjà dit bien souvent : tous ces troubles sont uns, quelle que soit l'infection qui les provoque. C'est surtout de la paraplégie et des troubles d'origine périphérique que l'on observe; on a signalé de la cécité par névrite optique dans la blennorrhagie.
Les névroses sont fréquentes à la suite de la puerpéralité (hystérie, chorée, neurasthénie).
Nous citons en note les nombreux travaux parus ces dernières années sur ces intéressantes questions.
(I Voir sur les complications paralytiques de la blennorrhagie :
Uayem et Parmentier.— Hcvuc île médecine, 10 juin Isss.
Chaîner et Février.— Revue île médecine, 10 dé. 1888.
ùufour— (Th. de Paris, 1889).
Spillmann et Haushalter.— Hev. de médecine, août 1891.
Haynaud.— Journ, des mal. eut. etsyph.,mai 1891 et Revue de méd., mars
Oudin.— Société de dermatologie, 7 juillet 1892.
Thibierge— Art. blennorrhagie du Traité de médecine, II, 1892.
Panas. — (Sein, médicale 1890), (névrite dans blennorrhagie).
liosc (P.).— La gonocoque. (Th. Montpellier, 1S93).
Cros (M.).— Polynévrites blennorrhagiques. (Th. Montpel. 1893). (2) Pour la puerpéralité, voir :
Colombet.— (Th. Paris, 1880), paralysies gravides.
Tuilant.— (Th. Paris, 1891), paralysies d'origine puerpérale.
E. Sottas et J. Sottas.— Polynévrites puerpérales (Gazette des Hôpitaux, 1892|.
Carre— Aphasie puerpérale (Arch. de Tocologie, juillet 1893).
Moebius.— Neuritis puerperali». Neurol. Centr., 1887, p. 208.
Wilfield.— Névrite et grossesse. Lancet, 30mars 1888.
Handfort. — Puerpérisme, facteur étiologique de névrite multiple, 1891.
Nous n'avons pas connaissance de paralysies provoquées à l'occasion d'aucune des autres maladies infectieuses, les névrites périphériques signalées après le charbon (Striimpell, Jendrassik) n'étant rien moins que certaines (1).
Arrivés à la fin de ce chapitre, nous pouvons le résumer en quelques mots : début soudain, rapide, plus souvent lent, insidieux; survenant rarement au début et à la période d'état, plus souvent pendant ou après la période de convalescence ; marche progressivement et régulièrement croissante, disparition rarement brusque, guérison habituellement complète.
Tels sont les stigmates cliniques des paralysies para-infectieuses. Toute paralysie à qui manquera un de ces caractères, à moins qu'elle ne soit d'origine névrosique, n'est pas une paralysie para-infectieuse.
(1) Bonnet.— Th. Lyon, 1893, p. 16.