‹ Contribution à l'étude des paralysies radiculaires du plexus brachial: Electrodiagnostic - Electropronostic - TraitementChapitre 17 sur 35 · AP · texte numérisé non relu

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remarqué que dans les mouvements d'abduction, les racines antérieures se tendent et se rompent avant les racines postérieures.

7° Paralysies sensitives.

Par contre, il existe aussi des paralysies dues exclusivement à la lésion des racines postérieures. Ce sont des paralysies sensitives. Raymond en a observé un cas dù à une hemipachyméningite cervicale d'origine rhumatismale, ayant amené une névrite des racines postérieures du plexus brachial.

Les exemples de ce genre sont très rares.

Dans ce cas, le diagnostic est très difficile à faire avec une lésion des cornes postérieures qui amène aussi des troubles de la sensibilité à topographie radiculaire.

En résumé, nous étant basé sur les gros signes suivants :

Constatation d’une paralysie à répartition radiculaire.

Présence de la réaction de dégénérescence ;

Constatation de troubles de la sensibilité à topographie radiculaire.

Nous avons diagnostiqué une paralysie radiculaire, que nous avons rattachée à un des types décrits cidessus.

Mais un grand nombre d’affections peuvent donner l’un ou l’autre de ces symptômes, il nous faut préciser certains points du diagnostic différentiel.

Les monoplég'ies ne sont pas rares, dans l'hystérie surtout, sous la forme de l’hystéro-traumatisme ; pour les différencier d’une paralysie radiculaire, nous nous baserons sur les points suivants :

Le début se fait souvent plusieurs jours après le traumatisme.

Tous les muscles sont en général frappés.

Les troubles de la sensibilité sont en général très marqués, cependant, dans un cas, nous les avons vus faire totalement défaut ; ils sont aussi prononcés à l'extrémité qu’à la racine du membre et se limitent en trait d'amputation au niveau de l’épaule.

L’amyotrophie peut atteindre un certain degré.

Les réactions électriques consistent en hypoexcitabilité faradique et galvanique, mais on ne rencontre jamais de réaction de dégénérescence.

Enfin, dans les antécédents personnels, on trouvera des symptômes de nervosisme et d'émotivité exagérée, ou des crises nerveuses. À l'examen objectif, on remarquera des zones hystérogènes, de l’abolition des réflexes pharyngiens et du rétrécissement du champ visuel, de la dissociation des réflexes rotüliens et patellaires.

Une luxation de l'épaule, ou une fracture de l’humérus, sera à différencier, dans certains cas, d’une paralysie radiculaire. La palpation de la tête humérale, la position du bras, les points fixes douloureux, la limitation des mouvements provoqués et surtout la radiographie nous mettrons à l’abri de toute erreur.

De même une lésion articulaire, avec atrophie

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musculaire réflexe, sera mise en évidence par la constatation même de la lésion articulaire, l'absence des troubles de la sensibilité et de DR.

La disjonction épiphysaire des nouveaux-nés syphilitiques, donnant la pseudo-paralysie syphilitique, ou maladie de Parrot, se reconnaïtra aisément, car il n'ya pas de paralysie musculaire. De plus, à la pression, on provoquera une très vive douleur sur la région épiphysaire.

On trouvera, en outre, des stigmates de syphilis : pemphigus, coryza tenace, hyperthrophie du foie et de la rate.

L’ostéomyélite des nourrissons se caractérisera, en plus de l’impotence du membre, par des douleurs très vives et des phénomènes généraux très graves.

En présence d’une paralysie d’un membre supérieur, on peut se demander si l’on n’est pas en présence d’une monoplégie résultant d’une hémiplégie ancienne.

Les commémoratifs, les phénomènes parétiques retrouvés dans le membre inférieur ou à la face, l’exagération des réflexes, l’absence d’atrophie marquée, nous ferons faire le diagnostic.

Nous pourrions avoir à faire à une poliomyélite, que ce soit une paralysie infantile, ou une paralysie spinale de l'adulte.

Nous en ferons le diagnostic, en nous basant sur les antécédents (accouchement difficile, forceps, tractions), sur la localisation spéciale de la paralysie radiculaire obstétricale(type Duchenne Erb),surl'absence

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de troubles de la sensibilité dans [a poliomyélite antérieure et la forme fébrile du début (Observ. IV).

Il existe des cas de syringomyélie unilatérale qui produisent une monoplégie brachiale. Nous rechercherons alors la thermoanalgésie et nous vérifierons l’état des réflexes.

Lorsque la lésion est bilatérale, le diagnostic est encore plus facile (Observ. ).

L'hematomyélie pourra aussi être soupconnée, en cas de début brusque, si l’étiologie est cachée. Elle donne d’ailleurs rarement des lésions limitées à un membre et l’on peut trouver le syndrome de Brown-Séquard.

Chez des tabétiques on a rencontré aussi des atrophies, rappelant les paralysiesradiculaires. L’atonie, l'abolition des réflexes rotuliens, le signe d’Argyll Roberston, le signe de Romberg, les douleurs fulgurantes nous révèleront facilement l'affection en cause.

Les polynévrites infectieuses ou toxiques simuleront rarement une paralysie radiculaire. Leur caractère étant la bilatéralité des lésions. Déjerine eut pourtant une observation de cette sorte. Pour faire le diagnostic, on s’appuiera sur l'étiologie, la douleur sur les troncs nerveux.

Nous songerons aussi que nous pouvons avoir à faire à une névrite ascendante qui peut gagner les racines.

L’atrophie musculaire progreësive du type Aran- Duchenne, ou une myopathie, principalement la forme juvénile d'Erb, peuvent simuler, la première

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une. paralysie du type inférieur, la seconde une paralysie du type supérieur. Nous baserons notre diagnostic sur le début dans le jeune âge, l’étiologie familiale et surtout sur l'absence de réaction de dégénérescence.

Les myélites transverses peuvent provoquer aussi des lésions analogues aux paralysies radiculaires, il y aura alors de la DR, mais l’exagération des réflexes rotuliens, la trépidation épileptoïde et le signe de Babinski nous y feront penser.

Enfin, la dernière partie de notre diagnostic sera le diagnostic de l'étiologie. Le plus souvent, l'interrogatoire nous aura amplement renseigné. Si non, l'examen clinique, aidé de la radiographie, nous prouvera une lésion osseuse humérale, glénoïdienne ou vertébrale, ou bien encore une lésion des parties molles, tumeurs, gomme, etc., dont nous aurons à tenir compte au point de vue du pronostic.

Pronostic

L'examen clinique ne nous fournit que peu de renseignements au point du vue du pronostic de la paralysie en elle-même. Il ne nous fournit aucun moyen d'apprécier la durée de l’affection.

Seul l’examen électrique des nerfs et des muscles pourra nous renseigner sur ce point important. Nous avions vu au chapitre du diagnostic que nous pouvions, en nous basant sur les différentes réactions électriques des nerfs et des muscles, créer différentes classes de paralysies. À chacune de ces classes se rattache un pronostic différent et nettement établi.

Dans la première catégorie, nous avons fait rentrer les cas où le nerfet le muscle ne présentent que de l'hyperexcitabilité, ou de l’hypoexcitabilité faradique ou galvanique. Le caractère de Ja secousse est bou, elle est vive et rapide. Dans ce cas, le pronostic est bon. Nous sommes en présence d’une forme légère, qui guérira rapidement. |

Puis vient une classe de paralysie, où nous avons

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de la DR partielle, c’est-à-dire que le nerf répond encore au courant faradique et au eourant galvanique, que le muscle présente de l'hypoexcitabilité au faradique, au galvanique, avec de l'égalité polaire, de l’inversion de la formule, ou même la formule normale, mais avec une contraction ralentie. La durée de la paralysie sera plus longue, mais le pronostic sera bon et la guérison sera parfaite si le traitement bien compris est institué de suite.

Dans une troisième catégorie de faits, le nerf sera inexcitable au faradique et au galvanique, les muscles présenteront de l'inexcitabilité faradique de l’hyper ou de l’hypo excitabilité galvanique avec PF => NF, ou bien PF =NF, ou même NF > PF, mais avec la contraction lente et souvent la réaction de Remack-Doumer.

Ces cas sont considérés comme très graves par beaucoup d'auteurs, qui jugent le cas désespéré.

Cependant grâce aux observations que nous avons pu réunir et aux malades que nous avons pu suivre un temps suffisant, nous pouvons dire que le pronostic, quoique très sérieux, est loin d’être désespéré.

Nous rapportons ici les observations des malades, chez qui nous avons trouvé de la D R totale, avec secousse lente et même déplacement du point moteur. L’affection chez ces sujets a eu une évolution longue, mais les uns ont récupéré entièrement l'usage de leur membre et leur force musculaire est revenue presque complètement. Chez les autres, l'amélioration a été si considérable et s’est pour-

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suivie avec une marche si uniforme, que nous espérons les voir entièrement rétablis dans un avenir plus ou moins proche.

Dans cette catégorie de faits, il faut compter que l’évolution vers la guérison sera longue et demandera pour être complète plusieurs années.

Enfin, dans une quatrième classe, nous ne trouverons plus aucune excitabilité tant au faradique qu'au galvanique des nerfs et des muscles. L'excitation sur le tendon ne pourra même plus être provoquée. Nous serons alors en face d’un cas dont le pronostic sera désespéré, nous n’en attendrons ni guérison, ni même d'amélioration, car la dégénérescence musculaire et nerveuse est complète.

Nous pouvons, chez un malade, trouver une paralysie rentrant entièrement dans l’une ou l’autre de ces catégories. Mais le plus souvent chez un même sujet nous trouverons les muscles atteints à des degrés différents. Aussi verrons-nous la régression de la paralysie se faire plus ou moins rapidement dans les différents muscles, suivant la catégorie dont ils relèvent.

Au point de vue de la régression des lésions, nous signalerons ce fait, que le retour de la motilité précède le retour à l’état normal des réactions électriques, et ceci surtout pour la lenteur de la secousse et l’inversion de la formule, qui persiste plus longtemps. Les modifications quantitatives au faradique et au galvanique évoluent à peu près parallèlement à la régression ou à l’aggravation des troubles fonctionnels,

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