OBSERVATION HI
Tirée d’une communication de Huet. Congrès de 1900.
Dr... Xavier, âgé de 14 ans, est venu pour la première fois à la consultation de la Salpétrière, le {1 décembre 1895. Il avait l’habitude de dormir les bras en élévation et en abduction. Il s’est réveillé, un matin de septembre, avec des fourmillements dans le membre supérieur droit, en même temps, celui-ci était paralysé. Les fourmillements ont disparu après quelques Jours, les mouvements des doigts et de la main sont revenus rapidement, mais les mouvements du bras sur l'épaule et la flexion du bras sur l’avantbras sont restés impossibles.
Quand nous le voyons pour la première fois, nous constatons une
paralysie du groupe radiculaire supérieur du plexus brachial, avec D R nettement caractérisée dans le sous-épineux, le grand rond, les trois parties du deltoïde, le biceps, le brachial antérieur et le long supinateur.
Dans le triceps brachial il n'existe pas de D R, mais l’excitabilité faradique et l'excitabilité galvanique sont diminuées, davantage dans le vaste interne et le vaste externe que dans la longue portion de ce muscle. Dans les autres muscles innervés par le nerf radial, dans les muscles innervés par le nerf médian et par le nerf cubital, il existe aussi un peu d’hypo-excitabilité faradique et galvanique, mais cette hypo-excitabilité n’est que peu prononcée et sans manifestation de D R. A cette époque, on ne constate pas de troubles de la sensibilité.
Quatre mois après, mars 1896, il existe toujours de la D R dans les muscles du groupe radiculaire supérieur du plexus brachial, de Phypo-excitabilité simple dans le vaste interne et le vaste externe du triceps, un peu d’hypo-excitabilité aussi dans la longue portion de ce muscle. Dans les autres muscles du membre inférieur, les réactions électriques ne sont plus que peu diminuées.
Le 12 octobre 1896, treize mois après le début de la maladie, l’amélioration a fait des progrès sensibles.
La motilité des muscles paralysés à commencé à reparaître depuis quelques mois.
Maintenant le malade peut jouer sans s'arrêter, et même répéter une seconde fois un morceau de violon, que quelque temps auparavant il ne pouvait jouer qu'en s’interrompant plusieurs fois.
Le sous-épineux est toujours très amaigri, le deltoïde est aussi amaigri, mais moins que précédemment ; il fonctionne assez bien maintenant et permet d'élever, avec difficulté toutefois et sans grande force, le bras jusqu’à la verticale.
Le biceps et le long supinateur ont fait des progrès notables et permettent de fléchir, mais faiblement encore, l'avant-bras sur le
bras.
96 août 1898. — Les muscles sont toujours amaigris. Leur amélioration a continué à s’accentuer ; l’an dernier, le malade ne pouvait élever le bras en abduction qu'en mettant la main dans la supination ; actuellement, il peut élever ainsi le bras jusqu'à l’horizontale en tenant la main en pronation; il élève aussi plus facilement le bras jusqu’à la verticale. Dans l'exploration électrique, on ne trouve plus de modifications qualitatives de D R, mais l’excitabilité faradique et l’excitabilité galvanique sont encore diminuées dans les muscles du groupe radiculaire supérieur.
43 mars 1899.— Dans ces six derniers mois, l’amélioration s’est encore accentuée.
Depuis longtemps ce malade a repris son travail ; il vient de terminer son apprentissage de mécanicien en prothèse dentaire et il doit partir prochainement en province exercer son métier. La guérison, cependant, n’est pas encore complète. Le deltoïde, bien qu'ayant notablement repris, est encore assez maigre, surtout dans sa partie antérieure ; néanmoins, son action est assez bonne.
Le malade peut élever facilement le bras jusqu’à l'horizontale en avant, sur le côté et en arrière, mais il ne peut opposer qu'une résistance assez faible à l’abaissement passif du bras.
C’est sur le côté que le mouvement d’élévation se fait le plus facilement.
Dans ce sens, le malade porte assez facilement le bras jusqu'à la verticale; il éprouve plus de peine pour élever le bras verticalement en avant.
Le sous-épineux à gagné notablement en volume et la rotation de l’humérus en dehors se fait assez bien. Le biceps est l’un des muscles les mieux réparés ; sa force est assez considérable et oppose une assez bonne résistance quand on cherche à étendre l’avantbras sur le bras; il est toujours, cependant, notablement plus maigre que celui du côté opposé. Le brachial antérieur et le long supinateur agissent bien aussi, quoique affaiblis encore et plus maigres qu'à gauche, Le triceps dans ses trois portions, surtout dans
ses parties interne et externe, reste plus maigre qu'à gauche, mais il oppose une bonne résistance aux mouvements passifs.
Tous les autres muscles du membre supérieur agissent bien et avec force.
L'avant-bras reste cependant dans son ensemble plus maigre que celui du côté gauche. À la pression du dynamomètre, on obtient à droite 32, à gauche 35 kilos.
A droite, du tremblement apparaît souvent dans tout le membre supérieur, dès que la fatigue se fait sentir.
Les réactions électriques des muscles du groupe radiculaire supérieur sont maintenant très satisfaisantes, un peu diminuées encore cependant avec les courants faradiques et avec les courants galvaniques, mais moins qu’au dernier examen.
2e malade a été revu une dernière fois en octobre 1899.
L'état est sensiblement le même qu’au mois de mars.
En somme, après quatre ans, l'amélioration est très marquée, mais la guérison n'est pas encore complète.