‹ Contribution à l'étude des paralysies radiculaires du plexus brachial: Electrodiagnostic - Electropronostic - TraitementChapitre 25 sur 35 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Inédite, recueillie par M. Roubier.

M. Du...,J..., 26 ans, domestique, est amené à la Clinique du professeur Teissier par le docteur Chanoz.

Le malade se plaint d’une paralysie du membre supérieur gauche.

Antécédents. — Parents morts d'affection inconnue.

Une sœur en bonne santé. — Deux frères, dont un mort de : pleurésie à 23 ans, et l’autre mort à 27 ans d'affection inconnue.

Célibataire, — Pas de syphilis.

Alcoolisme mixte, surtout vin (4 à à litres par jour), quelques liqueurs et absinthe. — Actuellement le malade boit moins.

A été déjà soigné à l'hôpital de la Croix-Rousse (service de M. Mollard) pour la même paralysie; dans le service, le malade a pris la fièvre typhoïde avec rechute, le tout ayant duré soixantecinq jours,

La paralysie date de quinze mois (août 1906) ; le malade était au

sommet d'un peuplier (20 mêtres de haut) et, à un moment, a perdu l'équilibre et a failli tomber, il était seulement tenu par les bras, il s’est alors tiré violemment sur les bras plusieurs fois de suite, il est parvenu à se remettre en équilibre et a pu descendre du peuplier. Immédiatement après l'accident, le malade a eu seulement une grande frayeur, mais pouvait encore se servir de ses mains.

C'est seulement le lendemain matin que le malade s'est aperçu qu'il avait les deux membres supérieurs paralysés ; le droit pouvait encore remuer un peu, le gauche était complètement paralysé.

IL a été d’abord à l'hôpital de Belley, où on lui a fait des massages et un peu d'électricité, qui ont peu agi. Puis on l'a envoyé à l’hôpital de la Croix-Rousse où Pélectrisation l’a un peu amélioré; il est sorti le 3 juin, après six mois de séjour dans cet hôpital. Puis il a été accepté comme domestique dans une maison bourgeoise, où il fait seulement quelques commissions ; il dit qu’il y a une amélio= ration très nette au bras droit ; le gauche s'améliore peu. M. Vignard l'adresse alors à M. Chanoz.

A l'entrée. — Membre supérieur droit. — Les mouvements qui, au début de la maladie, avaient disparu, sont à peu près tous reve nus en ce moment.

Le malade remue bien ce membre dans tous les sens ; mais il dit que sa force musculaire est bien plus faible qu'autrefois, et depuis le malade a maigri un peu. Pas de troubles de la sensibilité à la piqûre et au contact. Réflexes tendineux faibles. Pas de troubles vasomoteurs ni d’'æœdème.

Membre supérieur gauche. — Il est totalement paralysé; il n’y a absolument plus aucun mouvement de l'épaule, du coude ni du poignet. Il persiste quelques mouvements du pouce dans tous les sens assez légers, et un léger mouvement de flexion des doigts ; pronation et supination impossibles. L’épaule est tombante du côté gauche par rapport au côté droit, et la tête humérale est sentie séparée de la cavité par un sillon sous-acromal très net, les fosses sus et sous-épineux sont creuses par rapport au côté opposé, et

l'omoplate est libre dans tous les sens et paraît même se détacher du tronc (atrophie du grand dentelé).

Les doigts se mettent d'eux-mêmes en demi-flexion dans la paume de la main. Atrophie visible du bras, de l’avant-bras et de l'éminence thénar ; tendance à la main en griffe.

Au début a eu quelques douleurs dans le membre supérieur gauche. Actuellement ne souffre à peu près pas. Pas de réflexes. Fourmillements et picotements fréquents dans le bras gauche et les doigts. Pas de troubles vasomoteurs.

Sensibilité dans ce membre : Il y a de l'hyperesthésie très nette du côté gauche par rapport au côté droit (le malade dit lui-même que tous les médecins qui l’ont vu l'ont constaté); en quelques zones même, le moindre contact est douloureux, et ces zones sont surtout la face interne du bras et la partie antérieure et médiane de Pavant-bras.

Pas de zones d’anesthésie, Point sus-claviculaire d'Erb très net à gauche, Pas de tremblements fibrillaires.

Atrophie : Bras (20 cent au-dessus de l’olécrane) : à droite 28 gauche 26 — Avant-bras (15 c. au-dessous —— à droite 26

Co

— — — à gauche 20 1/2

Les pupilles sont égales et réagissent bien.

Rien au poumon, ni au cœur.

Pas de troubles gastro-intestinaux.

Pas de température,

Tempérament névropathique ; malade irritable, pas de crises, On ne trouve pas de stigmates hystériques ; pas d'anesthésie osseuse ; le champ visuel semble normal.

Le 29 janvier 1908, M. le docteur Chanoz pratique l'examen électrique et constate :

À l'épaule, de l'abolition de la contractilité faradique et galva-

nique dans les trapèzes, sus et sous-épineux, dentelé, rhomboïde, grand pectoral.

A l’avant-bras, la contractilité galvanique et faradique est conservée dans le territoire du radial, À la face antérieure du bras on note des contractions faibles et lentes.

Le 12 mars 1908, un nouvel examen électrique révèle de la réaction de Remack-Doumer, avec inversion de la formule dans le deltoïde, le biceps et le coraco-brachial.

Le malade a été revu à la fin 4908. On a constaté un certain retour des mouvements de l’épaule, malheureusement un examen complet n’a pu être pratiqué.

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