OBSERVATION IX
Inédite.
Mme L...,927 ans, entre à l'hôpital pour impotence fonctionnelle du bras gauche.
L’interrogatoire de la malade ne révèle rien de particulier dans ses antécédents héréditaires. Elle n’a eu aucune maladie dans son enfance. Réglée à 14 ans, elle n’a jamais présenté de troubles de ce côté.
Mariée à 19 ans, son mari est en bonne santé et, ni chez elle, ni chez lui on ne trouve de traces de tuberculose et de syphilis.
A 91 ans, elle eut une grossesse et accoucha à terme d’un enfant mort-né, sans cause apparente.
Au cours de cette grossesse, elle fit une chute sur le coude dans un escalier. Elle consulta un médecin qui ne trouva ni luxation, ni fracture. La malade non satisfaite alla trouver un rebouteur qui diagnostiqua une luxation de l'épaule. Il exécuta sur le membre supérieur des manœuvres aussi violentes que variées. Depuis cette époque, la malade présente de l'impotence fonctionnelle du bras gauche. ;
Le 9 juin 1908, la malade vient à la clinique et nous constatons
ce qui suil :
A l'examen général nous sommes en présence d’une femme forte, bien constituée, Ce qui nous frappe de suite, c'est l'état d'esprit de la malade, qui est très inquiéte de son affection, se désespere et éclate en sanglots à tout propos.
A l'examen organique on ne trouve rien du côté des organes internes. À la palnation de l'abdomen on ne trouve pas de point ovarien bien net.
On note seulement de l’anesthésie cornéenne et pharyngée. Les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés. |
A l’examen du membre supérieur gauche, nous voyons que celuici est ballant le long du corps. Nous notons une atrophie marquée du deltoïde, donnant à l’épaule l'aspect en épaulette de la luxation de l'articulation scapulo-humérale, de l’atrophie des muscles, sus et sous-épineux, du grand pectoral ainsi que du biceps.
L'exploration des mouvements montre l'impossibilité complète de l'abduction, élévation du bras, La malade peut bien fléchir l’avantbras sur le bras, mais ceci sans aucune force. Les mouvements de flexion des doigts sont conservés, quoique affaiblis. On note 9 aa dynamomeètre au bras gauche et 31 à droite. Les mouvements d’extension des idoigts sont aussi très diminués. On ne trouve pas d’anesthésie au niveau du membre supérieur, mais de l’hyperesthésie au niveau des deltoïde, sus et sous-épineux et grand pectoral.
L'examen électrique nous donne les renseignements suivants :
L’excitabilité faradique des nerfs et des muscles est la même à droite et à gauche, les réactions sont donc normales.
Le courant galvanique nous donne :
Deltoïde faisceau antérieur.,...,., — 9 — — latéral ts trs JE ter — — postérieur ....... — 4.5
BiCEpS Free CE RENE PRNLIE 0.5
ÉriGepe ue Vi IN po ST MUR
ÉXtONSONPS ere NAT ent RESTES
PPS Re eue dune ae — 2,5
Interosseux .......... TAMEE CR — 1.7
Court abducteur du pouce ..,.... — 9,75 LE LA + 8
En somme il n'existe pas de réaction de dégénérescence. Ces renseignements fournis par l'examen électrique, nous font porter le diagnostic de paralysie radiculaire du plexus brachial à type total, due à un hystérotraumatisme. La radioscopie nous avait montré d'autre part l'absence de lésion de l'articulation scapulo-humérale.
Le traitement est alors commeucé sous forme de courant galvanique appliqué avec le rouleau. Puis l’excitation des muscles est produite avec le courant faradique. Enfin on ne néglige pas la psychothérapie puissamment aidée par quelques applications de courants de haute fréquence.
Du 9 juin au 5 juillet la patiente subit 9 applications et l’amélioration fait de suite des progrès considérables confirmant ainsi le diagnostic. On constate au dynamomiètre :
Le 9 juin 9 14 — 13 21 — 19
5 juillet 20
De plus le bras peut être élevé horizontalement et soutenu ainsi quelque temps. Les phénomènes d'hyperesthésie n’ont pas diminué.
Du 7 juillet au 17 septembre 1908, la malade eut encore 13 séances, le 12 juillet on note 24 au dynamomètre et le 13 septembre 80.
A ce moment, la malade rentre chez elle, où elle peut se livrer aux travaux du ménage, chose qui lui était impossible auparavant, De plus la palpation des points douloureux est beaucoup moins pénible qu’au début du traitement.