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L'atélectasie pulmonaire

Les phénomènes d’atélectasie passent souvent inaperçus. Ils sont cependant fréquents. g

Dans une statistique de BrAHpy, les cas mortels relevaient pour près de la moitié d’une atélectasie massive découverte à l’examen anatomique. Mlle BLANCHET relate, dans sa thèse, une observation suivie de guérison où la paralysie diaphragmatique se compliqua d’atélectasie du poumon droit, découverte à l’examen radiologique.

Ces accidents sont vraisemblablement en rapport dans

RE

certains eas avee une obstruetion bronchique relative, par les mucosités et complétée peut-être par le spasme. Mais la simple hypoventilation conséquence immédiate de la paralysie respiratoire, suffit à les expliquer, C'est ce que démontre une expérience de MM. Binkr et JauL- MES sur un poumen isolé, rythmiquement ventilé et artifciellement perfusé: là réduction de la circulation d’air détermine, au bout de quinze minutes environ, des zones d'atélectasie qui disparaissent sous l'effet d'une hyperventilation et reparaissent si la ventilation est de nouveau réduite,

Ÿ, — Les phénomènes infectieux broncho-pulmonaires

LS peuvent apparaître dès les premiers jours de la paralysie respiratoire, mais ls sont susceptibles de ne survenir que dans les semaines ou Îles mois suivants.

La fièvre apparaît ou réapparaît si elle avait déjà existè, l'état général s'altère, les svmpièmes asphyxiques reprennent de l’acnité, Ces phènomènes infectieux bronchiques ou pulmonaires sont connus depuis longtemps, puisque DUCRENNE de Boulogne les signalaït et insistait sur leur graviié particulière, capable d'entraïner la mort au cours d'une atteinte respiratoire qui paraît bénigne. « Les malades ne peuvent plus alors débarrasser leurs bron- &hes des mucosités qui s'y accumulent: dans ces circonslances, ils dépérissent par asphyxie, »

lei encore, les auteurs américains opposent à ces troubles morbides des thérapeutiques multiples. Pour les prévenir, ils isolent le malade, J

Les personnes qui l’approchent portent un masque devant la bouche pour empêcher la contamination; les soins qui sont donnés aux malades doivent être méticuleux, la plus grande asepsie est désirable,

Si, malgre cela, les complications infectieuses pulmeomaires surviennent, le drainage postural, l'aspiration bronchique sont souvent employés, M. B. BRâänpy si-

gnale que parmi les 53 pour 100 des poliomyélites avec paralysies respiratoires d’origine spinale qui se sont terminées par la mort, la moitié des décès étaient dus à des complications pulmonaires.

Nous allons rapporter ici un cas de polyradiculonévrite au cours de laquelle des phénomènes infectieux pulmonaires sont venus entraîner la mort un mois et demi après le début de l'affection.

OBSERVATION VI. — Polyradiculonévrile généralisée &vec dissociation albumino-cytologique. — (Observation inédite du Pro-

fesseur ATAJOUANINE).

R... Albert, né le 7 juillet 1912, entre le 22 novembre 1989 à l’hôpital Desgenettes avec une quadriplégie flasque douloureuse.

Au début de novembre, il avait eu à sa formation (dépôt de cavalerie) une angine sans fausses membranes, sans épidémicité locale; elle s'était accompagnée de fièvre à 38°5-39°. de gêne à avaler, de lassitude, Elle avait duré 3 à 4 jours. R.. était alors parti bien portant en permission pour quelques jours.

Le 15 novembre, il se senc fatigué, ses jambes sont lourdes, il manque, d'équilibre et surtout aux mouvements éprouve dans les membres inférieurs de la courbature. Le soir de sa rentrée de permission, le 17 novembre, il a beaucoup de mal à se déplacer, les jambes sont très lourdes, très douloureuses, incoordonnées. Le 18, il est paralysé des membres inférieurs ; les jours suivants, les membres supérieurs se prennent, la face est atteinte vers le 25, et peu après une gêne respiratoire apparaît (le malade à de la

* peine à tousser, il expectore difficilement).

Le 18 décembre, le Professeur Agrégé ALAJOUANINE l’examine. I1 constate une quadriplégie flasque avec troubles sensitifs subjectifs et troubles objectifs dissociés; la sensibilité profonde est touchée. Il existe une diplégie faciale, des parésies masticatrice, pharyngée et vélo-palatine, une paralysie de l’accomodation et une

paralysie diaphragmatique.

Motiité :

— Les deux membres inférieurs sont totalement immobiles ; aucun mouvement volontaire n’est possible; les mouvements pelvi-

trochantériens sont à peine ébauchés.

La flaccidité musculaire est complète, il existe un ballottement

très net du pied; les réflexes de posture sont absents.

Les réflexes tendineux sont abolis, les cutanés plantaires ne

sont pas trouvés, les abdominaux et crémastériens sont absents.

— Le tronc est très parésié; le malade ne peut ni se tourner,

ni s’asseoir.

— Les mouvements respiratoires de l'abdomen sont anormaux à l'inspiration, l'abdomen s'affaisse, tandis qu'il se soulève à l’ex-

piration ; la respiration costale est conservée mais peu intense.

— Aux membres supérieurs, on constate :

A droite, une paralysie totale flasque, avec seulement une

ébauche de mouvements de la main; À gauche, la motilité est plus grande;

Des deux côtés, l’hypotonie est manifeste.

Paires crâniennes :

— Diplégie faciale, totale pour le facial inférieur; au facial supérieur, quelques mouvements sont possibles, mais l’occlusion des yeux est impossible (signe de Charles Bell en tentant ce mouve-

ment).

— Les masticateurs sont parésiés.

— La langue également; elle est un peu fibrillante. — L'hémivoile gauche est atteint.

— La force musculaire des sterno, et des muscles de la nuque

“est diminuée.

— La motilité oculaire est normale, mais il existe une paralysie de l’accommodation, le malade ne peut lire et cela dès les premiers jours.

— Les autres nerfs crâniens ne sont pas touchés.

OL TAN Sensibilité :

Au point de vue subjectif : engourdissements, fourmillements dès le début. Douleurs diffuses,

Objectivement, le palper des masses musculaires est douloureux, la recherche du signe de Lasègue est très positive, Les sensibilités au tact, à la piqûre, au chaud et au froid sont bonnes.

L'exploration de la sensibilité profonde révèle de gros troubles ; 1e sens de position des orteils, celui des membres inférieurs est très perturbé. :

La température est à la normale, mais elle a été de 38-39° pendant quelques jours.

La ponction lombaire a retiré un liquide limpide: le 25 novembre, il contenait : 2,6 lymphocytes par mmS3, 1 gr. 25 d'albumine, O0 gr. 83 de sucre; le 5 décembre : 1,6 lymphocyte, 1 gr. 50 d’albumine ; la réaction de B. W. a été négative.

Ün ensemencement du pharynx n’a pas montré l'existence Ge bacilles diphtériques.

Une hémoculture, faite au cours d'une poussée à 39°, a été

négative.

Le 8 janvier 1940 : une amélioration progressive des symptômes parétiques sest faite, dans les membres du côté gauche.

Le malade peut remuer le membre inférieur gauche; il se sert de sa main gauche pour manger et il est capable de soulever avec cette main le membre supérieur droit encore inerte.

Il existe une amyotrophie importante aux 4 membres. A là face, les phénomènes parétiques sont encore très nets; cependant l’occusion des yeux est possible.

Le malade est assis dans un fauteuil, mais il dit être gêné et .« gonflé de l’abdomen ».

Le 9 janvier : il a des frissons, se plaint d’être enrhumé ; sa température est à 38°5 le soir. On lui donne plusieurs lavements, car il se plaint toujours d’une sensation de gonflement de l’abdo-: men, de compression à la base du thorax.

Il a une expectoration abondante mousseuse, qui le gêne pour

respirer.

Fe,” FES

La dytutition n'est pas gène, et le matin le malade a pu se LR rÈSeN

Le soin gête mxphiutoire Sue; elle persiste malgré la pese de vehtoues et l'injection de cornmine, Le malade est agité, QUIL | so pouls est rapide, petit, Le môdecin de garde ordonne de tuire de L'huile camphie, de la spurtéine, Mais ii continue à être HR QAR 68 MeURN ASS brusquement,

Le dingnostie de polradieniondrnie génénmlisée avec dissocittion tibumihercytolughne est hien celui qui doit être porté chez un 1 male, L'évolution vers ln guérison sétuit amorcée puisque les phéRemÈRR phialytiques des membres étaient en nette régres- Son: lonque, à l'ocnasion d'une complication broncho-pulmonaire Rieut 14 Maert est survenue rapidement par asphyxie, semble-t-il, l'atteinte du diaphragme doit être ineriminée dans cette. évulution ht L'affhotion aigus broneho-puihmonaire qui paraissait peu grave par ellemème à qiminué suffisamment le champ de l'hématone AR restnint par à pRralysie phréhique, @ë la mort par asphy- Xie où à té KR conniquence dirente ,

Parfois c'est encore plus tardivement qu'une inflammation pulmonaire survient et détermine l'issue fatale; tel est le eas de Mile H., dont nous rapportons r’observation.

OBSERVAMION VIEIL — Paliompeliie anténeure aiguë avec parainsie rexpèretode, — Mert 1 mois plus tere Qu cours d'un bkode injecteur pulmengire avee reprise des phénomènes ASPRYAIQUER

Mademaielle H. 13 ans est soignée en ville par le Docteur

Maure, aù mais d'octobre 199, pour une poliomyélite antérieure

AUS avec atteinte des 4 membres des muscles de l'abdonien et des

manies rnaxpiaioires en particulier qu diaphragme. La respira-

tion, quoique diffieile, rapide, s'accompagnant de eyanose, n'a pas

Ressité 18 mwpiration artificielle, Elle a reçu seulement un trai-

tement SRI et local habituel de la poliomyélite : sérum de

convalescent de pallomyelite, sérum de Pettit, et-malgré la @iffi-

culté de transporter cette enfant quadriplégique, radiothérapie sur la moelle vers le quinzième jours, puis diathermie, bains chauds.

La paralysie respiratoire régressa rapidement, en particulier les contractions du diaphragme réapparurent bientôt comme cliniquement normales.

Les membres supérieurs, le membre inférieur gauche récupérèrent une grande partie de leur motilité et de leur force musculaire; seul le membre inférieur droit resta très touché.

Le Docteur Lance consulté, conseilla et fit des bottes plâtrées pour les membres inférieurs, une coquille pour le rachis, afin d'éviter les déformations ultérieures.

L'état général de la petite malade est bon et en juin 1940, elle put sans incident remarquable quitter Paris pour n'y revenir que fin septembre. A cette date, elle a fait de nouveaux progrès au point de yue moteur, elle peut se tenir à table et prend ses repas avec sa famille. Elle reste une grande partie de la journée assise dans un fauteuil et le retour de la motilité des membres supérieurs

est tel qu'il lui est possible de tricoter.

Les soins qui lui ont été prodigués depuis le début : bains chauds, diathermie, sont continués.

En février 1941, survient un épisode grippal. Immédiatement l’état général est très mauvais. La température oscille entre 37°5 et 40°. A la base pulmonaire gauche existe un gros souffle à timbre tubaire. L’expectoration qui paraît devoir être abondante est expulsée avec peine, elle est faite de gros crachats verdâtres, adhé-

rents.

La révulsion, le Dagénan, les vaccins donnent une amélioration pendant 48 heures, mais brusquement l’état général s'aggrave. On observe des phénomènes paralytiques de l'hémithorax gauche. Le foyer s'étale, l’expectoration cesse, et 48 heures après, la jeune malade meurt au milieu de phénomènes asphyæiques.

Dans cette observation, l’affection pulmonaire survenue 16 mois après la paralysie respiratoire poliomyélitique a évolué rapidement vers la mort, grâce sans doute à la parésie persistante de l’hémi-

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FU), es

diaphiagme pauehe qui a mippart etiniquement les deux derniers Jours ot qui à contribué à provequter l'axphyxle

A ces lésions infectieuses pulmonaires aiguës qui vor luent sur un poumon dent la ventilation est déjà diminude du fait des paralysies musoulaires, nous devons ajouter une complication très spéciale et qui deit ètre exceptionnelle, peut-être mème s'agit-il d'une colnoidence: l'évolution d'une tuberoulese pulmonaire,

C'est une telle affection qui est survenue chez la pelite malade dont l'histoire elinique a êté rapportée à la Société Médionle des Hôpitaux de Paris, par MM, Nm, Gros, Fougurt, Mme Cornet et M, Fauver,

ORSEREMMION VUE = (RME),

& L'enfant ©, Albertine, Agde de 6 ans, entre à l'Hôpital Bretonneau le 29 janvier LAN Ka MmÔPE RONS RPPRNE que ts jours auparavant, elle à 6 prie de douleurs uns les Mas: npidement est apparue hine Empotence complète des eux NMmbeR ROCOMPRERÉS de queiques phéhemnes TOmMoneux,

À Pexamen, ON tonsiate the phinplégie flasqte avee abelition de tous tes Nflaxes tondineux: ln station debout est impossible, HN semble y avoir des Uoubles sensitifs qiffioiles À préelser Le Wfiexe cutané plantaire Ke hit en flexion, On he trouve hi trot bles sphinetétiens, Ki troubles trophiques Par ailleurs, en Rte une paralysie fhetale à type périphérique avee signe de Charles Bell, Le reste de l'examen romatique est complètement négatif,

On pente à ue poliommilite; on pratique une ponction lembaire qui mme un liquide elair où l'unalrse mévèle une dissor cation aibumino-cytologique : albumine 1 en, 1 leucocyte par mib limètre cube »

L'obervation relate alors l'adème suraign Au peumen déclei Che par là ponetion lombain son traltement pur des dases considé. tables d'atropine 1 KA EUÉRISOR, PUIS FOpreRd à

€ « Le X Janvier, 1 fièvre remonte, la dyspnée et ln eyanese

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réapparaissent, le pouls grimpe à 149 Le lendemain, le t2blezy est de nouveau très grave. L'enfant, extrêmement dyspnéique, me en jeu tous ses muscles inspirateurs, mais l2 paralysie du phréatque et des intercostaux inférieurs devient évidente, L'asphyxie est menaçante malgré les inhalafions d'oxygène Malgré l'extrême gra

vité de son état, on transporte l'enfant à l'Hôpitsl sméricin de

Neuilly et on la place immédiatement dans le poumon d'acier Rapidement, sous l'effet de la respiration mécaniquement entre-

tenue, la eyanose et la dyspnée s'estompent. On voit apparaître

une dysphonie presque absolue avec dysphagie intense, tradmisant l'atteinte des muscles du pharyex et du laryax É

L'enfant va rester dans le poumon d'acier du 31 janvier au 4 février, sous contrôle médical constant. Le rythme des respirations entretenues est de 25 à 28. On fait boire la walade au corpte-

gouttes et, une fois par jour, en la nourri à Le sonde sophia gienne.

“Le 3 février, le Docteur ALaJoTaSISE peut faire un ex21069 peurologique. I} constate une peralysie des 4 membres 2 topographie surtout distale, une abelition de tous les réflexes. 11 sexe y avoir quelques troubles sensitife LA respiration est Qu {rpe <06tal supérieur. La paralysie faciale âroîte est peu marquée, Il existe de 1a dysphonie et de Ja gêne 2 la dédutition Bétention d'urine Ce n'est que 1e 6 février qu'on peut sorûir définitisement Fenfant de l'appareil. à

Deux jours après M Arsjoranme pratique un nourel examen, La quadriplésie est en régression trés marquée pour Le rseudhres supérieurs, ébauchée pour les membres inférieure Les réflexes tendineux restent abolis Il existe une légère zmyotrophie de la loge antéro-exterpe de la jambe et quelques troubles sensiiife La paralysie faciale à disparu. La respiration est résuliére, plus ample pour la région costale supérieure que pour La résion diaphragmatique.

Un examen radiologique a montré un petit foyer fuxts-hilaire droit considéré comme broncho-pneumonique

Le 20 février, l'enfant est ramenée 4 Bretonnesu Rapidement les paralysies et les troubles sphinctériens diminuent. Mzis, 2 12

MEN Dur

suite d'un épisode fébrile, un eliché montre des lésions juxta-hilaires droites: un lavage d'estomac ramène des bacilles de Koeh,. Actuellement (31 mars 1939), l'état est des plus satisfaisants

< … Que faut-il penser de la tuberculose pulmonaire turdivement constatée ? La cuti-réaction, négative au début (peut-être en raison d'une anergie transitoire) était positive au retour de l'enfant. Une enquête familiale nous à appris que deux petits frères avaient des cuti-réactions positives: Nous nous demandons cependant si les mouvements thoraciques forcés dans le poumon d'acier, par les micro-traumatismes répétés qu'ils produisaient, n'ont pas provoqué l'extension de lésions tubereuleuses d'abord minimes. Mais ce n'est là qu'une hypothèse et il n'en reste pas moins vrai que le poumon d'acier a permis la guérison d’une malade asphy-

xique ».

Ainsi, la tuberculose pulmonaire secondaire-à une paralysie res piratoire signalée dans cette seule observation, ne serait qu'une complication indirecte, dans laquelle le mode de traitement serait peut-être à tncriminer,

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