DUT
Idées délirantes
Après une forte commotion cérébrale se développe une phase toute différente, dans laquelle nous trouvons d’abord de véritables paroxysmes d’angoisse que le malade interprète dans le sens de la”persécution.
Crises de terreur quand il est seul au grenier.
« Des hommes viennent pour me tuer. »
Dès lors nous trouvons des idées délirantes classiques celles de la culpabilité et de l’indignité qu’il manifeste à tout instant.
« Je suis un indigne, un misérable. »
Puis vient le délire du type d’interprétation.
Le malade croit que tout le monde l’observe. Il rencontre partout la police, partout il y a des agents qui le surveillent.
Il n'ose plus lever les yeux, parce que tout le monde reconnaît en lui un grand coupable.
Le malade précise encore les idées de persécution.
« Il y a des voisins qui m’en veulent et qui savent faire de la sorcellerie, qui causent tous ces malheurs. »
Partout aussi il voit le doigt de Dieu qui va l’écraser d’un moment à l’autre pour le punir des crimes, qu’il croit
commettre.
Hallucinations
Puis un jour le malade a entendu une voix lui parler à l'oreille, lui dire : « Pas cela ! » quand il était en train
de jouer de la musique.
Cette voix, il ne l’a pas entendue par intuition, c’est-àdire perçue par son esprit, sans l'intermédiaire de louïe. Mais il la localise nettement en dehors. (était bien son oreille qui l’a entendue. C’était une véritable perception. Il s’agit donc là d’une hallucination sensorielle.
Cette hallucination lui intimait un ordre. Elle commentait ainsi un certain acte, qu’il était en train d'exécuter. C’éait là en quelque sorte une critique de son morceau de musique.
Il s’agit donc ici sûrement d’une de ces hallucinations qui font le commentaire de certains actes, et dans ce cas particulier en donnant un ordre :
« Fais ceci ou Pas cela. »
Ces hallucinations qui commandent se produisent en général d’une façon automatique et inconsciente.
Ceci, nous le remarquons fort bien chez notre malade.
Elles peuvent se rencontrer d’ailleurs chez les maniaques dont les états sont caractérisés par des fuites d’idées et par des phénomènes associatifs « mécanisés. »
Depuis cette première hallucination sensorielle il a entendu plusieurs fois la voix de sa bien-aimée, comme si elle eût été présente.
Une autre fois, il prétendit que son café, qui en réalité était bien sucré, aurait eu un goût très salé, un goût fort bi-
zarre. I dit bien ici que sa femme y avait mis quelque
Re
chose pour le contrarier. Il explique donc encore dans le sens de la persécution.
Et ceci nous amène à mentionner tout simplement, qu’il y a des auteurs qui ont prétendu que les hallucinations une fois établies, constituent mainte fois le point de départ des idées délirantes, et en particulier des idées délirantes de la persécution. :
Il y a dans ce domaine encore autre chose.
Le malade sent des forces étrangères refouler sa propre personne, lui commander, agir à sa place, influencer ses actes et ses pensées.
Il ne peut pas se soustraire aux ordres que lui donnent
ces forces :
« Je sens souvent un autre qui est derrière moi et qui
me commande. »
Comme le malade parle de forces étrangères, nous ne croyons pas qu’une image verbale ou auditive entre en considération, mais plutôt qu’il s’agit d’hallucinations motrices ou psychiques. Quand aux hallucinations motrices, nous n'avons pu en constater (donc psychiques).
Nous savons fort bien que la question des hallucinations
psychiques est loin de sa solution.
Nous tenons à relever ici que nous ne considérons pas les hallucinations psychiques comme pseudo-hallucinations des hallucinations sensorielles qui seraïent en opposition avec les hallucinations verbales vraies, comme le font Jasper et d’autres auteurs.
Nous crovons plutôt qu’il s’agit d’une localisation de phénomènes hallucinatoires tout autres. Ce sont les fonctions idéatoires qui réalisent ce que Pick appelle « les cadres du