ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Elle donne des renseignements de la plus haute importance. N'ayant pas eu l’occasion d’examiner nous-mêmes des coupes anatomo-pathologiques de parotidites tuberculeuses opérées, nous nous en rapportons à l’étude, déjà ancienne, mais dont les conclusions sont toujours exactes, qu'en à faite Loumaigne dans sa thèse en 1911. Nous ne ferons done que rappeler les principaux points de cette étude.
Au point de vue macroscopique, le professeur Lenormant distingue deux formes anatomo-pathologiques qui s'opposent plus apparemment que dans la réalité
Une forme disséminée ou diffuse, Une forme confluente ou circonserite, à foyer unique.
Dans la première, qui paraît être la forme la plus fréquente, on observe, au début, de petits noyaux blanc grisâtre, friables, bien distincts et séparés les uns des autres par un tissu glandulaire sain. Plus tard, ces noyaux peuvent subir la transformation caséeuse, se ramollir, formant autant de points diffluents, mais toujours bien distincts.
Dans la forme confluente, beaucoup plus rare, il n’existe qu'une masse unique, d'aspect tumoral, mais subissant rapidement la transformation caséeuse, se creusant d’une cavité anfractueuse dont la surface interne est couverte de petits tubercules gris-rougeâtre caractéristiques. Cette cavité contient parfois du muco-pus, de consistance laiteuse, en plus ou moins grande quantité.
Au point de vue clinique, ce qui distingue ces deux formes consiste dans la plus grande rapidité d'évolution de la forme confluente.
Au point de vue microscopique et histologique, quelle que soit la forme macroscopique, nous trouvons des lésions à peu près similaires : les nodules tuberculeux sont les mêmes que dans les autres atteintes tuberculeuses. Nous
v trouvons des cellules géantes et des cellules épithélioïdes typiques.
Les lobules glandulaires sont presque complètement détruits et les cellules des acini subissent une dégénérescence qui tend à leur faire perdre toute différenciation.
Les canaux excréteurs ont leur épithélium altéré, surtout ceux de petit calibre, qui sont plus fragiles. Leur paroi peut être le siège d’une infiltration embryonnaire, ou bien, au contraire, subir des lésions destructives importantes.
Quant au tissu conjonctif interlobaire, 1l est souvent complètement modifié, subissant l’infiltration embryonnaire des lobes voisins, surtout dans les formes confluentes.
Les vaisseaux sont toujours atteints ; ils présentent des lésions de phlébite et surtout d’artérite : soit périartérite, soit endartérite végétante à tendance oblitérante. Enfin, les ganglions intraparotidiens ne montrent pas toujours de lésions bien caractéristiques. Quelquefois même, ils sont absolument intacts.
Pour Nadal et Pouget, la forme confluente de Meslay et Parent serait le résultat de la caséification d’un ganglion intraparotidien primitivement atteint de tuberculose et seul hypertrophié.
PATHOGÉNIE
La pathogénie de la tuberculose parotidienne, malgré les recherches des auteurs, reste encore assez obscure. Il semble cependant admis par tous, que dans la majorité des cas, le point de départ résiderait dans une infection buccale, d’origine dentaire par exemple, ou cutanée, ou pharyngée. De là, l’invasion de la glande se ferait par voie lymphatique, marquant un temps d’arrêt plus ou moins long dans un ou plusieurs ganglions intraglandulaires et se disséminant dans le parenchyme voisin.
« En effet, toute lésion inflammatoire chronique, telle qu'une tuberculose ganglionnaire, détermine dans son voisinage des lésions de cirrhose glandulaire, et la valeur du parenchyme étant ainsi amoindrie, on comprend que
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sa puissance bactéricide diminue et que le bacille puisse envahir le terrain préparé par ses toxines. » Le professeur Lemaître affirme que « cet envahissement secondaire du tissu glandulaire par des ganglions tuberculeux du voisinage représentait, pour lui, la voie d’infection la plus fréquente ». Il existe cependant d’autres voies d'infection théoriquement possibles, mais les faits ne l’ont jamais démontré. En effet, la voie ascendante, canaliculaire, est peu probable, étant donné les propriétés bactéricides certaines de la salive ; quant à la voie hématogène, l’absence de foyers tuberculeux en activité, situés en d’autres points de l’organisme, semble infirmer sa possibilité.
TRAITEMENT
Au début de ce sicele, les auteurs qui se sont intéressés à cette question ont peut-être été un peu trop catégoriques en affirmant que l’extirpation totale chirurgicale constituait, à tout coup, le traitement de choix. On en est revenu. Feuz, en effet, écrivait en 1934
« L'intervention peut se justifier surtout lorsque la glande est bien encapsulée et qu’il est possible de la cliver aisément. Mais à ce stade de développement, l’affection ne préoccupe guere le malade qui pense à autre chose qu'à consulter le médecin... » Et plus loin : «En matière de tuberculose, le bistouri est une arme trop dangereuse pour ne pas inciter à une sage prudence. »
Donc, sauf dans quelques cas, assez rares d’ailleurs, et dont l'indication est bien précise, où le traitement chirurgical s'impose, le traitement médical constitue la base solide de la thérapeutique de cette affection, à laquelle on joimdra l’action bienfaisante des agents physiques et de l'héliothérapie.
S'il en est besoin, on pourra recourir aux ponctions pour éviter une fistulisation toujours possible, suivies ou non d’injections modificatrices, telles que l'huile goménolée ou une solution de sulfate de zinc.
PAROTIDIFE SYPHIPEPIOQUE
Il s’agit d’une affection rare, puisque, d’après Alpern, seulement 0,7 p. 100 des malades syphilitiques traités au J. Hopkim Hospital présentaient une atteinte des glandes salivaires.
Le sexe ne semble jouer aucun rôle dans l’étiologie de cette affection.
La date d'apparition de l'atteinte parotidienne, par rapport à l'accident primaire de la syphilis acquise, est beaucoup plus fréquente à la période tertiaire qu’à la période secondaire.
Dans l’hérédosyphilis, les altérations parotidiennes apparaissent pendant la seconde enfance et l'adolescence.
Quant à la localisation de l'atteinte parotidienne, la bilatéralité semble être plus fréquente que l’unilatéralité : 23 cas sur 40, d’après Alpern.