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OBSERVATIONS

À. — PAROTIDITES CHRONIQUES

par rétention due à l'inflammation chronique du Sténon

OBSERVATION I (Personnelle)

Le 4 novembre 1935. — Il s’agit d’un homme, M. N..., âgé de 10 ans, tailleur, qui, depuis une quinzaine d'années, constate une augmentation de volume progressive des régions parotidiennes. Cette augmentation évolue par poussées successives, espacées, jusqu’à il y à 2 ans, de 7-8 mois, et dans l'intervalle desquelles les glandes restent plus grosses que normalement.

Pendant les poussées, il existe des douleurs spontanées, mais surtout des douleurs provoquées par la mastication. La sécrétion salivaire est alors brusquement augmentée, parfois mélangée de pus et même de stries sanglantes.

En dehors des poussées, les glandes restent augmentées de volume, légèrement sensibles à la pression, mais ne gênant pas la mastication. La sécrétion salivaire revient très au-dessous de la normale, et le malade éprouve une désagréable sensation de sécheresse de la bouche.

A l'heure actuelle, le malade est hospitalisé depuis une dizaine de jours pour bronchite. Les antécédents pathologiques sont d’ailleurs assez chargés : en 1915, il a une rougeole et une grippe infectieuse ; en 1916, blennorragie avec orchite double ; en 1924, traité par le bismuth pour hyperchlorhydrie ; en 1928, hospitalisé pour pleurésie droite et dysenterie bacillaire ; en 1930, congestion pulmonaire ; en 1934, opéré pour appendicite aiguë.

Nous l’examinons au moment d’une poussée inflammatoire des parotides.

Le sujet a un mauvais état général. Il présente, à l’inspection, de part et d'autre d’un visage amaigri, émacié, pâle, des parotides également atteintes, également gonflées. Le sujet indique qu’elles ne sont guère plus grosses que pendant les intervalles d’accalmie. Le volume est à peu près celui d’un œuf de pigeon. La peau est lisse à leur niveau, de coloration normale.

A la palpation, on constate que la masse occupe entièrement

le creux parotidien. On peut assez facilement la circonscrire, le sujet étant maigre. On constate qu'il n’y à aucune adhérence anormale avec les parties voisines, et que la peau glisse facilement sur la tumeur.

A l'examen buccal, on constate, des deux côtés, un orifice de Sténon saillant et tuméfié. La pression digitale de la glande fait sourdre un liquide blanc laiteux, de consistance légèrement visqueuse, contenant quelques stries sanglantes ; et ceci des deux côtés.

Par ailleurs, pas de liseré gingival ; pas de stomatite. Mais les dents sont en mauvais état, surtout les molaires au voisinage des orilices sténoniens.

Chez ce malade, on a fait, il y a quelques mois, un cathétérisme des canaux de Sténon qui n'a mis en évidence ni calcul ni autres corps étrangers, mais des conduits perméables dans toute leur étendue.

Une radiographie récente, après injection de lipiodol inmtracanaliculaire, a confirmé ces résultats.

On a pratiqué enfin deux B.W. à un an d'intervalle, des examens des crachats qui se sont montrés toujours négatifs.

A ce malade, nous instituons alors la thérapeutique suivante : massages deux-trois fois par jour des glandes parotides, pratiqués par le malade, qui en a déjà l'habitude. Puis, sur les conseils du docteur Ombrédanne, on fait une injection sous-cutanée de 1 eme. de propidon. Le lendemain, le malade fait une légère réaction fébrile ; et ainsi 1 eme. de propidon tous les 2 jours pendant une semaine. À la fin de celle-ci, les deux tuméfactions ont sensiblement diminué de volume ; il n’existe plus de douleurs à la mastication, ni même à la pression. Celle-ci fait sourdre, à l’orifice du Sténon, un liquide clair, qui ne ressemble plus en rien à celui, plus trouble, des jours précédents.

En plus de ce traitement, nous entretenons, aussi soigneusement que possible, la désinfection buccale et conseillons au malade, à sa sortie du service, de se faire soigner les dents aussitôt que possible.

Nous revoyons le malade un mois environ après. L'état local s’est encore amélioré, bien que les deux glandes présentent toujours une petite tuméfaction, un noyau dur, mais sans aucun signe fonctionnel.

Il semble que, chez ce malade, il ne faille pas compter sur une « restitutio ad integrum » des parotides. Les lésions sont, en effet, trop anciennes et la nature fibreuse du parenchyme glandulaire trop avancée. Nous ne pouvons que veiller à l'intégrité du calibre des canaux de Sténon, de façon à éviter toute rétention salivaire et surveiller l’état buccal, de façon à réduire au minimum les dangers d'infection.

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