OBSERVATION II
(Personnelle)
Mme X.., âgée de 56 ans, vient nous consulter au mois de novembre 1935 pour une tuméfaction de la région parotidienne gauche. Elle nous explique que cette tuméfaction est de date relativement récente, 3 semaines environ, mais qu'elle vient surtout parce qu’ «elle a eu la même chose » à droite il y a 5 mois environ, ce dont elle a souffert pendant 3 mois. C’est, en effet, à la fin de juin qu'elle fait remonter le début de ses accidents ; insidieusement, la parotide droite avait augmenté de volume et l’évolution se faisait progressivement sans aucun signe fonctionnel depuis ? mois, lorsqu'elle eut, vers le 15 septembre, une crise inflammatoire aiguë violente : tuméfaction rouge et très douloureuse dela parotide; gêne considérable à la mastication et à la déglutition, S'accompagnant de température, de céphalée, etc. Elle vint alors consulter à Tenon où elle fut hospitalisée et traitée par des massages de la glande plusieurs fois par jour et des injections sous-cutanées de propidon : le 28 : 3 emc., le 30 : 3 cmc., le 4 octobre : 4 eme. Cette crise dura une semaine et, alors que la malade ressentait depuis un certain temps une sécheresse pénible de la bouche, brusquement, à la suite d’un massage de la glande, elle rejeta par la bouche, venant de l'orifice de Sténon, une certaine quantité de liquide muco-purulent, vaguement teinté de sang. Les douleurs disparurent alors progressivement, le volume de la glande diminua aussi, mais ne revint pas tout à fait à la normale.
La malade paraissait done guérie, à part cette petite tuméfaction de la parotide droite qui ne la gênait pas, quand, le 30 octobre, elle s’aperçut que la région parotidienne gauche commençait, elle aussi, à gonfler. Elle s’appliqua alors quelques compresses, se fit quelques massages, mais sans résultat. Aussi elle décide de revenir nous consulter, et c’est alors que nous l’examinons.
Ses antécédents ne révèlent aucune maladie grave. Pas de fausses couches, pas de traces d'intoxication.
A l'examen, nous constatons une tuméfaction de la parotide gauche du volume d’une petite noix, lisse, apparemment bien limitée ; les téguments sont normaux.
La palpation révèle une tumeur assez ferme de consistance, lisse, bien limitée, mobile dans la peau et sur les plans profonds. Cette tumeur est très sensible à la pression. Pas d'adénopathie de la chaîne jugulaire.
A l’examen de la bouche, on note un orifice de Sténon légèrement saillant, rouge, laissant s’écouler, à une pression modérée de la
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glande, un liquide trouble, mélange de salive et de muco-pus. Par ailleurs, les dents sont presque toutes en mauvais état, cariées et recouvertes de tartre. Pas de stomatite. Un cathétérisme du Sténon montre un canal libre de tout obstacle.
Devant ces symptômes et étant donné l'atteinte antérieure de la parotide droite, qui est encore légèrement augmentée de volume, nous pensons aussitôt à une parotidite par infection canaliculaire ascendante à point de départ buccal. Aussi, la malade est soumise au même traitement que pour la parotide droite : massages de la glande et injections sous-cutanées de propidon ; au bout de deux injections de 2? cmc., la tuméfaction parotidienne a bien diminué de volume ; il n’y a plus de douleurs et la pression de la glande fait sourdre un liquide salivaire beaucoup plus clair. Après une troisième injection de 3 cmc., la malade nous quitte apparemment guérie. Cependant, nous lui conseillons de se faire soigner la bouche, sans quoi les accidents parotidiens reviendraient toujours avec autant de facilité.
OBSERVATION III (Inédite)
(Due à l’obligeance de M. le docteur Ombrédanne)
Il s’agit d’un homme, M. A. L..., âgé de 53 ans, qui, en 1930; présentait depuis un certain temps, une augmentation de volume progressive de la région parotidienne gauche. L'évolution, qui avait été jusque-là insidieuse, changea brusquement et le malade se plaignit, vers le début du mois de mars, de violentes douleurs spontanées et à la mastication. La température montait à 3805 et la tuméfaction grossissait considérablement, remontant vers l'œil, et derrière le pavillon auriculaire. Il vint alors consulter à l'hôpital Tenon où on l’examina le 10 mars.
On constata alors une tuméfaction inflammatoire aiguë de la parotide gauche ; bien que les tissus voisins fussent œdématiés, on limitait assez bien les contours de la glande qui était plus volumineuse que normalement ; celle-ci était assez mobile sous les téguments et sur les plans profonds ; la palpation était très douloureuse.
Pas d’adénopathie. À l’examen de la bouche, on constatait un orifice de Sténon saillant, tuméfié. Les dents étaient en mauvais état. Une pression de la glande faisait sourdre de l’orifice un liquide muco-purulent. En quelques jours, la tuméfaction devint fluctuante, et le docteur Ombrédanne pratiqua une incision de la muqueuse buccale, qui laissa évacuer un flot de pus. En même
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temps, on injectait au malade 2 emc. de propidon. La suppuration continua pendant plusieurs jours et le drainage était facilité par une pression méthodique de la glande. Vers la fin du mois, et après deux autres injections sous-cutanées de 2? cmc. de propidon, la suppuration était tarie et le malade semblait guéri.
Mais le 21 avril, la région recommença à gonfler. On fit une radiographie qui ne montra aucun calcul. Malgré les compresses, la tuméfaction augmentait toujours de volume, s’accompagnant de signes fonctionnels intenses et de signes généraux. Le docteur Ombrédanne pratiqua une incision de la peau le long du bord postérieur de la branche montante du maxillaire et posa un drain. En même temps, injection de 2? cmc. de propidon. En 4 jours, la suppuration était de nouveau tarie et le malade quittait l'hôpital.
15 jours plus tard, nouvelle rechute : la région était de nouveau tuméfiée et très douloureuse. En ? jours, la suppuration se produisait et du pus s’extériorisait par une fistule au niveau de l’incision antérieure. Le docteur Ombrédanne injecta alors tous les 3 jours, localement, du bactériophage. En même temps, le malade absorbait, tous les matins, une ampoule de stalysine. La tuméfaction se réduisit alors très rapidement ; au début de juin, le malade était complètement guéri.
On lui avait conseillé de se faire soigner la bouche. Il se fit extraire plusieurs chicots et dents cariées et prit un soin tout spécial de son état buccal. Nous avons revu cet homme en avril 1935 ; il n'avait pas eu une seule rechute depuis 5 ans. Il présentait seulement une parotide gauche légèrement plus volumineuse et plus dure que la droite ; mais elle ne le gènait nullement.
OBSERVATION IV (L. N. PyrAH : Brilish Journal Surgery)
EAN SS homme Jorans:
Histoire. — Le malade déclare qu’en avril 1931, il souffrit d'une attaque de grippe et qu'insidieusement après, il eut un gonflement de la parotide gauche. Le gonflement était marqué pendant et après les repas et durant 2? ou 3 heures plus tard ; quand la glande était tuméfiée, il éprouvait quelque gêne, mais pas de douleur vraie. Pendant la période aiguë, il ne notait aucun écoulement de la bouche. Depuis quelques semaines, le gonflement persiste, bien qu'il diminue notablement ; mais depuis 3 ou 4 mois il éprouve une légère douleur de la glande après les repas, et il commence à sentir une saveur salée dans la bouche. Une pression sur la glande causait un écoulement de salive ayant cette saveur.
A l'examen (janvier 1932). — On note un léger élargissement de la parotide gauche. La surface de la glande élargie est tout à fait lisse et il y avait une sensibilité nette à la pression. L’orifice du Sténon gauche est légèrement injecté, et la salive exprimée à la pression de la glande est légèrement purulente. La parotide droite est normale. Les dents sont saines, un examen radiologique ne montrant aucune affection apicale ; la gorge et le nez sont sains aussi. B.-W. négatif. Pas d'organismes microbiens dans la salive, mais on trouve des cellules de pus. Un sialogramme de la parotide gauche montre que le Sténon est dilaté d'environ quatre fois son calibre normal, mais pas d’anomalie de celui des petits canaux. Un sialogramme de la parotide droite montre un tirage absolument semblable. À l’examen par rayons X, on avait éliminé le calcul de la glande.
Trailement. — Le traitement par léger massage de la glande, boissons acides pour exciter la sécrétion salivaire et lavages de bouche ne donnent aucun soulagement. Bien qu'il n'y ait pas une grosse obstruction de l’orifice de la glande, on pense que le conduit dilaté résulte d’une série de spasmes de cet orifice dans la bouche. La portion terminale du Sténon fut donc fendue d’un 1/2 pouce sous anesthésie locale et, tous les 8 jours, injection de lipiodol dans le canal. La salive est maintenant normale, et il n'y a plus de saveur salée dans la bouche. Il y a cependant une iégère sensation de plénitude de la glande, de temps en temps, après les repas, mais son élat est (très amélioré.