‹ Contribution à l'Étude des Parotidites ChroniquesChapitre 18 sur 25 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(LECLERC : Presse Médicale, 7 juillet 1923)

Homme de 40 ans. Pas de maladie antérieure. Depuis l'enfance, présente un phénomène singulier. À chaque instant, dans la région des prolongements antérieurs de la parotide, se produit une tuméfaction légère s’accompagnant d'une certaine gène et d’un afflux de salive qui fait baver le malade. Il appuie alors très légèrement avec la main sur cette tuméfaction, la salive arrive à flots dans la bouche et la gène disparaît. Le phénomène se reproduit de dix à vingt fois par heure et le malade vide sa tumeur d'un geste machinal et sans même s’en apercevoir. Après le repas, il diminue de fréquence; la nuit, la salive s'écoule de la commissure gauche et le malade est obligé de mettre un mouchoir pour la recueillir.

Depuis 4 mois, un fait nouveau s’est produit à trois reprises ;

il survient un gonflement beaucoup plus considérable avec tempé-

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ralure et difficulté d'ouvrir la bouche et de manger ; l'affection fut prise pour les oreillons ; chaque fois, d’ailleurs, elle s’est résolue de la façon suivante spontanément : du pus arrivait dans la bouche par le canal de Sténon, la guérison se produisait alors en une huitaine de jours.

À l'examen, on trouve, dans la région du prolongement antérieur de la parotide gauche, en avant et un peu au-dessous du tragus, une petite tuméfaction à contours flous, variable d’un moment à l’autre. À l’examen de la bouche, on voit l’orifice du canal de Sténon un peu rouge et laissant sourdre une goutte de salive. Si,à ce moment, le. malade appuie sur sa tuméfaction, un jet important de salive s'écoule par l’orifice.

La palpation ne révèle pas de caleul salivaire. La radiographie ne montre rien d’anormal.

Le 27 avril 1918, intervention : anesthésie générale à l’éther, puis au chloroforme donné à la sonde. Cathétérisme du Sténon avec un stylet, puis une bougie fine. Celle-ci pénètre très loin, mais on ne sent aucun corps étranger. On pratique alors l’arrachement du nerf auriculo-temporal ; une résection pratiquée entre le tragus et le condyle du maxillaire découvre derrière les vaisseaux temporaux superficiels le nerf auriculo-temporal dont le bout central est poursuivi en bas, puis arraché. Suites opératoires aseptiques.

Dès l’opération, les symptômes accusés par le malade du côté de la salive ont complètement disparu. Le 9 mai 1918 les symptômes n'ont pas reparu.

Le 19 août 1918, on recoit des nouvelles du malade. Il n’est plus gêné par la salive la nuit. Il n’est plus obligé d'appuyer sur la joue pour faire circuler la salive dans la bouche. II y a eu encore un petit accident inflammatoire semblable aux précédents, mais beaucoup moins important et sans température. La peau de la région temporale, qui était insensible après l’opération, a retrouvé sa sensibilité. Le 15 septembre 1922, le malade écrit : « Ce qui fut ma maladie est devenu une chose à peu près insignifiante. Je n’appuie pour ainsi dire plus sur la joue pour faire couler la salive. Par les temps froids, je ressens seulement de temps en temps une légère douleur qui me gêne un peu pour ouvrir la bouche. Je n’ai plus eu d’abcès. » L'auteur, relatant une observation semblable de Leriche (1922), à la Société de Chirurgie de Lyon, terminée par la même opération, pense, avec celui-ci, qu'il s'agirait d’un syndrome ayant simulé les oreillons, croyant à une véritable dystrophie du tissu élastique et musculaire du conduit excréteur de la glande, état peut-être semblable à celui qui préexiste probablement à la pneumatocèle parotidienne des verriers.

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B. — TUBERCULOSE PAROTIDIENNE

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