OBSERVATION VIII
(par E. ALPERN)
Elle concerne une femme de 35 ans qui entre dans le service au mois de juin 1934, pour une tuméfaction chaude au niveau de la branche montante du maxillaire du côté droit, apparue de facon très insidieuse. La malade ne s'en plaint que depuis une quinzaine de jours. À l'examen, il est facile de se rendre compte qu'il s'agit d’une tuméfaction de la glande parotide elle-même. La glande est augmentée de volume dans sa totalité, douloureuse au palper, dure dans son ensemble, mais présentant par endroits des zones ramollies, voire même franchement fluctuantes. La mobilité sur les plans profonds est à peu près nulle. La peau qui la recouvre est œdématiée, chaude, rosée, adhérent légèrement en certains points. L'examen de la bouche ne montre rien d’anormal, ni au niveau de la muqueuse, ni au niveau des amygdales. L'orifice du canal de Sténon présente un aspect normal. [Il n'y a aucune adénopathie. Il n'y a pas d’otite, pas d’ostéite. L’articulation temporo-maxillaire est libre.
L'autre parotide, ainsi que les glandes sous-maxillaires et sublinguales, sont normales. Les signes fonctionnels sont peu marqués : il n’y à pas de douleurs, tout au plus la malade se plaint-elle d’une certaine sécheresse de la bouche. L'état général est excellent, tout au plus note-t-on une fièvre à 380. L'examen clinique de la malade ne montre rien de particulier.
Dans les antécédents, on trouve deux fausses couches. D'ailleurs, la malade avoue avoir contracté la syphilis à l’âge de 22 ans, mais elle s’est à peine fait soigner. La réaction de B. W. dans le sang est fortement positive.
Dans les jours qui ont suivi l'entrée de la malade est apparue une ulcération au niveau d’un point fluctuant, à bords violacés, décollés et présentant un aspect pseudo-tuberculeux.
On prélève un petit fragment sur le bord de l’ulcération. L'examen histologique montre : quelques éléments glandulaires normaux avec nécrose superficielle, de la sclérose jeune avec infiltration lymphoplasmatique et des lésions de vascularite. Dès lors, le diagnostic de parotidite syphilitique est posé et
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un traitement par injections intraveineuses de novar est institué. Au bout de quelques injections seulement, la tuméfaction parolidienne subit une régression rapide et il ne subsiste qu’une légère infiltration dure, indolore.