DIVISION DU TRAVAIL
Nous commencerons par faire une étude clinique de ces différentes formes de parotidites chroniques, en insistant plus particulièrement sur certaines d’entre elles pour les raisons que nous avons données plus haut.
Quelles sont, en effet, les différentes formes de parotidites chroniques ? Peut-on établir une classification bien exacte de ces affections souvent bien différentes et, pour ce faire, sur quoi peut-on se baser ?
Dans sa thèse, Diaz, en 1893, divisait les parotidites en parotidites primitives et parotidites secondaires ; mais lui-même se rendait compte de l’inexactitude de cette
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classification. « En effet, écrivait-il, nous devons tout d’abord dire que si, d’après cette classification, les parotidites sont les unes primitives, les autres secondaires, c'est sous la réserve d’une définition des termes, d’après laquelle l’épithète de primitive est réservée aux parotidites indépendantes des lésions de canalisation antérieures à l'infection. Mais ces parotidites mêmes sont secondaires à une cause générale, supérieure, et que résume la déchéance de l'organisme infecté, intoxiqué ou cachectique. Par conséquent, dans ces cas, la lésion glandulaire, toute primitive qu’on l'appelle, n’en est pas moins secondaire... » Cette classification ne peut donc satisfaire l’esprit.
Aussi, 11 nous a semblé plus logique de nous baser sur l’étiologie des parotidites chroniques, et c’est ainsi que nous étudierons successivement
Les parotidites toxiques
Bsopenes = Pb, Hs, Létc::
Endogènes : urémie.
Les parotidites spécifiques :
Tuberculeuses, Syphilitiques, Actinomycosiques.
Les parotidites par rétention :
Lithiasiques, Consécutives à l’inflammation chronique du Sténon.
Comme nous l’avons indiqué plus haut, nous ne ferons que mentionner les parotidites toxiques et lithiasiques, en insistant cependant sur leurs signes distinctifs, pour étudier plus spécialement les parotidites spécifiques et les parotidites par rétention dues à l’inflammation chronique du Sténon.
Nous terminerons par le rapport d’un certain nombre d'observations dont quelques-unes sont personnelles.
PAROTIDITES TOXIQUES
De ces parotidites, nous ne dirons que quelques mots. Ces affections sont relativement fréquentes et trop connues pour que nous ayons des idées nouvelles à ajouter aux études qui y ont été consacrées.
De nombreuses intoxications exogènes et même endooenes peuvent donner lieu à une atteinte progressive des glandes parotides, atteinte évoluant progressivement.
C’est ainsi que nous connaissons les parotidites saturnines qui, étant donné leur fréquence, peuvent être considérées comme le type de ces parotidites toxiques ; nous avons les parotidites cupriques : Chauffard en a rapporté un cas au cours d’une intoxication cuprique généralisée, chez un sujet présentant sur les incisives supérieures, au niveau des gencives, un liseré bleu verdâtre caractéristique.
Nous connaissons des atteintes parotidiennes dues à Pintoxication iodique : Cassalt et Lefèvre rapportent, en 1905, un cas de parotidite double par intoxication iodique retardée.
Nous connaissons les parotides mercurielles, parfois dues à l’hydrargyrisme médicamenteux.
Parmi les parotidites toxiques, il faut mentionner les atteintes glandulaires au cours de l’urémie, tel le sujet observé par Richerdson. Ces manifestations, toujours au mileu d’un syndrome clinique grave, passent souvent inaperçues.
Toutes ces atteintes parotidiennes survenant au cours d’une intoxication peuvent être aiguës ; mais elles aboutissent souvent à lPengorgement chronique. Cliniquement, elles se présentent toutes sensiblement avec les mêmes symptômes : début insidieux, puis engorgement progressif de la région parotidienne ; peu ou pas de signes fonctionnels
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ni de signes généraux. Pas de tendance à la suppuration, sauf à l’occasion d’une infection secondaire.
Et ceci nous amène tout naturellement à dire quelques mots au sujet de la pathogénie de cette affection.
Pendant longtemps, les auteurs ont pensé que, seule, l’altération du parenchyme sécréteur due à lélimination intra-salivaire d’un produit toxique tel que le plomb ou le mercure pouvait suffire à entretenir une parotidite chronique. Il semble que cette pathogénie soit insuffisante, car en ce cas, l’atteinte parotidienne serait beaucoup plus fréquente, et s’observerait dans presque tous, sinon tous les cas d’intoxication.
Aussi cette notion pathogénique à fait l’objet d’un certain nombre de critiques et de discussions, et il semble que l'opinion émise par Claisse et Dupré, bien que n'étant pas récente et remontant au début de ce siècle, soit définitivement celle qui donne aux faits cliniques leur meilleure interprétation.
Is ont été, en effet, les premiers à émettre, dans cette étude, la notion d'infection.
Après avoir décrit les altérations cellulaires d’ordre dégénératif au niveau de l’épithélium sécréteur que l’on peut observer au cours de ces parotidites, ils ajoutent
«La salive devenue toxique, à cause du métal éliminé et modifiée aussi dans sa composition normale par les lésions de l’épithélium, irrite au passage les canaux excréteurs ; toutes ces conditions réunies sont autant de causes d'appel pour l’infection ascendante. Le foyer générateur de l’infection lui-même, la bouche, est le siège d’une inflammation plus ou moins vive, dont la pathogénie, primitivement rapportée à l’intoxication seule, a été, depuis, reconnue infectieuse. »
Et ils concluent en disant
« Stomatites et parotidites toxiques sont deux termes d’une même série morbide, évoluant en réalité sur le même terrain embryologique, et justiciables d’une même concep-
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tion pathogénique. C’est pourquoi nous n’hésiterons pas à considérer les parotidites toxiques comme des infections glandulaires provoquées et entretenues par lélimimation
de mercure ou de plomb. »
Ces notions pathogéniques nous dictent tout naturellement les principes qui nous serviront de base pour établir un traitement.
Si, en effet, la suppression radicale de l’agent toxique suffit, dans la majorité des cas, à faire rétrocéder à peu pres tous les symptômes progressivement, il faut insister sur la nécessité presque absolue d’instituer une thérapeutique antinfectieuse et de prendre un soin tout particulier de l’état de la cavité buccale.
PARONIDELEEUBERCULEUSE