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CHAPITRE II

Anatomie de la Parotide

Il nous semble logique de faire précéder notre étude d'un court exposé anatomique et physiologique, pour mieux saisir l’étiologie et la pathogénie de la parotidite post-opératoire, et en déduire un traitement rationnel.

La parotide est un organe glandulaire annexé à la cavité buccale dans l’intérieur de laquelle elle déverse son produit de sécrétion, la salive parotidienne.

Au nombre de deux: l’une droite, l’autre gauche, la parotide se trouve située dans une loge qui porte son nom et qui est délimitée de la façon suivante: en avant, par la branche montante du maxillaire inférieur: doublée en dehors par le masséter et en dedans par le ptérygoidien interne; en arrière, par l’apophyse mastoïde, continuée par les faisceaux mastoïdiens du sterno-cléido-mastoïdien et plus profondément par le ventre postérieur du digastrique, puis par lPapophyse styloïide d’où s'échappe en rayonnant le bouquet de Riolan avec ses trois fleurs rouges et ses deux fleurs blanches; en haut, sa paroi est constituée par la partie postérieure de la capsule de Particulation temporomaxillaire, en arrière de laquelle se trouvent les portions cartilagineuse puis esscuse du conduit auditif externe; en bas, elle est séparée de la loge sous-maxillaire par une

Tous

bandelette fibreuse s'étendant de la gaine du sterno-cléidomastoïdien au gonion, la bandelette sous-maxillo-parotidienne; en dehors, la glande qui la remplit arrive directement en rapport avec les téguments, peau matelassée par le issu cellulaire, dont elle est séparée par l’aponévrose cervicale superficielle; en dedans enfin, notre loge parotidienne affecte la forme d'un coin qui s'enfoncerait entre les ligaments sphéno-maxillaire en avant el stylo-maxillaire en arrière. C’est à travers cet hiatus que la glande recouverte par ce que certains désignent trop généreusement sous le nom d'aponévrose parotidienne profonde, fait hernie dans lespace latéro-pharyngé, laissant en arrière et un peu en dedans d’elle les gros vaisseaux à destination céphalique.

La parotidite présente des rapports intimes avec des vaisseaux des nerfs et des ganglions qui comme elle se trouvent contenus dans la même excavation. L’artère carotide externe pénètre dans la loge par sa face postérieure à la jonction du tiers inférieur et des deux tiers supérieurs de celle-ci. Elle devient de plus en plus superficielle à mesure qu’elle se dirige vers le col du condyle du maxillaire inférieur, point où elle se bifurque en plein tissu glandulaire en ses deux branches terminales, après avoir donné naissance à lauriculaire postérieure.

Plus superficiellement, se trouve la jugulaire externe, éanal veineux homologue, du moins chez l'adulte, de Partère carotide externe.

Sorti du crâne par le trou stylo-mastoïdien, le nerf facial se dirige vers le côté externe de la carotide externe, puis arrive sur le côté externe de la jugulaire externe, contourne celte veine en passant au-devant d'elle et se divise sur sa face superficielle en ses deux branches terminales, ftemporo-faciale et cervico-faciale, qui de leurs ramifications vont sillonner la face et la partie supérieure et antérieure du cou.

Branche du nérî maxillaire inférieur, lauriculo-temporal contourne le col de ja mandibule comme le sciatique po-.

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plité externe contourne le col du péroné, s'engage dans l'épaisseur de l'extrémité supérieure de la parotde. puis se redresse pour monter werlicalement en avant du conduit auditif externe.

Les uns superficiels, les autres profonds, les ganglions parotidiens présentent {ous des rapports intimes avec le tissu glandulaire. Les premiers situés immédiatement audessous de l’aponévrose superficielle se logent en avant du conduit auditif externe et du tragus; ce sont les ganglions yreauriculaires. Les autres, plus profonds, se groupent le long de la jugulaire externe. ‘Tous ces ganglions reçoivent des lymphatiques émanés de la face externe du pavillon de l'oreille, du conduit auditif externe, dé la caisse du tympan, de res et de la racine du nez (Most, Poulsen, Küttner, Poirier).

la peau des régions temporale et frontale, des paupiè-

Peut-être mème recevraient-ils des vaisseaux émanés de la muqueuse des fosses nasales et de la partie postérieure du rebord alvéolaire du maxillaire supérieur.

Outre le prolongement pharyngien précédemment cité, la parotide toujours contenue dans sa loge émet un prolon: gement antérieur ou massétérin, qui peut s’isoler du reste de l’organe. Quelquefois, on rencontre, dans la joue, un lobule glandulaire tout à fait isolé, avec un canal distinct venant s'ouvrir dans le canal de Sténon; c'est la parotide accessoire bien décrite par M. le professeur Villar.

Au niveau de la partie tout antérieure de ce prolongement massélérin, se trouve l’origine apparente du canal excréteur parotidien, ou canal de Sténon. Ce canal chemine sur la face externe du masséter, contenu dans un dédoublement aponévrotique, enjambe la boule graisseuse de Bichat qu'il contourne, perlore obliquement le buccinateur, glisse sous la muqueuse du versant génien du sillon gingivo-génien supérieur, et se termine enfin par un orifice punctiforme, parfois silué sur une pelile saillie, orifice qui siège au niveau du collet de la deuxième grosse molaire. Classiquement, sa direction est assez bien indiquée par une ligne allant

du lobule de l'oreille à l'aile du nez. Au point de vue de sa ramescence intra-glandulaire, le Sténon présente normalement une grande ressemblance avec le Wirsung pancréatique. Il existe, dans les deux cas, un conduit principal dans lequek s’abouchent plus où moins obliquement des conduits secondaires.

Histologiquement, la parotide est une glande séreuse formée d'un grand nombre de petits grains sécréleurs, les acini. Chaque acinus est constitué par un épithélium délimitant la cavité dite acineuse; cet épithélium étant implanté sur une membrane propre, dont il est séparé par place, par des cellules contractiles de Boll. Autour de chacune de ces petites parotides en miniature se trouve un lacis irrégulier formé par des vaisseaux sanguins et lymphatiques et par des nerfs entremêlés les uns avec les autres.

Le canal de Sténon présente lui aussi une membrane propre, fibreuse, d’une assez grande épaisseur, soutenant une double couche cellulaire. Entre l’épithélium et la paroi conjonctive s’insinuent encore des cellules de Boll.

En résumé, nous considérons schématiquement Ia parotide comme un organe bipolaire interposé entre la circulation générale et le milieu buccal et présentant des rapports plus ou moins intimes avec une foule d'organes importants.

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