‹ Contribution à l'étude des Parotidites Post-OpératoiresChapitre 6 sur 20 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (Inédite).

(Due à l'obligeance de M. le Docteur Canaguier).

Hystérectomie abdominale totale pour fibrome de l'utérus. Parotidite post-opératoire.

Madame C. 44 ans, de Grand-Lucé (Sarthe), vient me consulter pour une enflure du membre inférieur droit rendant la marche très pénible et remontant au 1€r janvier 1911. Je me rendis rapidement comple que cet œdème devait provenir d’une compression pelvienne et l'examen au ventre fit découvrir une tumeur abdominale volumineuse.

Il n’y a rien d’intéressant à signaler dans ses antécédents héréditaires.

Du côté des antécédents personnels on doit noter outre diverses maladies banales peu intéressantes, un syndrome de Basedow pour lequel elle se fait soigner depuis plusieurs années ef qui se résume dans ses grandes lignes par les signes suivanis: exophlalmie, pas de goîlre perceptible, tachycardie, tremtement, état d'irrilabilité nerveux très exagéré.

La maladie qui l'amène à me consulter aurait donc débuté

à Son avis au débul de janvier 1911 par de la difficulté à la

marche et de l’œdème du membre inférieur droit, C’est là toute l’histoire de sa maladie. Jamais de douleurs abdominales ou de pesanteurs dans le ventre; jamais d’hémorragies. Toujours très bien réglée, ses pertes étaient peu abondantes et actuellement elles diminuent par lapproche de la ménopause, On doit Signaler quelques pertes blanches surtout avant et après les règles. Pas de troubles de compression du côté du rectum ou de la vessie. Etat général satisfaisant.

Le palper abdominal décèle une tumeur pelvienne difficilement accessible at que l’on ne peut bien reconnaître que‘par le paiper combiné au toucher. On trouve dans le cul-de-sac postérieur une tumeur lisse de la grosseur du poing et une autre tumeur emplissant le cul-de-sac droit. Ces tumeurs font corps avec l’utérus et en refoulant en haut cet organe la main placée sur labdomen peut sentir de nouvelles tumeurs fixées à l'utérus.

4 août 1911. — Laparotomie médiane sous-ombilicale, Hystérectomie total: classique permettant d'extraire un utérus hérissé d’une douzaine de fibromes sous-péritonéaux de diverses grosseurs dont le plus volumineux siégeait sur le bord droit et comprimait les vaisseaux iliaques. Repéritonisation complète; un drain abdominal dans le Douglas; drainage vaginal.

5 el G août. — La malade à peine réveillée se met à s’agiter follement, poussant de véritables hurlements. La morphine ne suffisant pas à la calmer on doit l’attacher sur son lit car elle arrache ses pansements.

9 août. — Etat plus calme, au point de vue opératoire va très bien; léger suintement séro-sanguinolent par le drainage vaginal. -

16 août. — Brusquement la température qui oscillait autour de 370 monte à 38°8 en même temps qu'apparaît une tumeur sur le côté droit de la face. Cette tumeur oblongue en forme de poire occupe la région parotidiemne tout entière. De consistance rénitente elle est douloureuse au toucher et la peau qui la recouvre est légèrement chaude et hyperhémiée. En même temps Ia malade accuse un trismus assez important, Je lui fais faire deux fois par jour des onctions sur la région parotidienne

avec une pommade au collargol au 1/10 suivies de pansements.

LENCO: Elat parotidien Slalionnaire, sauf que les douleurs qui s'irradiaient vers l'oreille ont disparu.

1% et 15 août. -- Tumeur parotidienne se résorbe et les phénomènes réactionnels qui l’accompagnaient s’atténuent.

16 août. — La parotidile est terminée complètement et la température est redevenue normale,

20 aoûl

La malade rentre en convalescence à son domicile,

OBSERVATION II (In thèse Morel).

Kyste de l'ovaire à pédicule tordu. Laparo‘omie Parotidite post-opératoire.

Mme W.…. 46 ans, ménagère, entre le 15 mai 1906 à l'hôpital Tenon, Salle Richard Wallace, dans le service de mon maître M. Legueu.

Elle n’a jamais été gravement malade, n'a jamais eu les oreillons. Réglée à 12 ans, mariée à 21, elle aeu six enfants à terme.

Dents en très mauvais état; dort sur le côté droit. Depuis 6 ou 7 mois, elle a vu grossir progressivement son ventre, sans cesser d’être réglée, sans souffrir. Depuis le 12 mai elle souffre. Ce jour-là, en traversant la rue, une douleur soudaine la courbe cn deux. Rentrée chez elle, elle s'alita et ne put trouver de repos à cause d'une vive douleur généralisée à tout l’abdomen avec irradiations dans les reins. Elle vomil à plusieurs reprises. Transportée à l'hôpilal le troisième jour (15 mai) elle est examinée, On constate un kyste ovarique anormalement dur et douloureux, du volume d'une têle d'adulte, Température: 390, syndrome péritonéo-abdominal assez marqué, mais langue humide, pas de dyspnée, pouls normal. Le diagnostic est évident: kyste de l'ovaire à pédicule tordu.

Le lendemain, 16 mai, chloroformisation (appareil de Ricard), sans incident, Laparolomie médiane sous-ombilicale, Découverte d'un kyste violacé qui est ponctionné au trocart. Evacuation de

3 litres d'un liquide citrin. Extraction simple de la poche kystique qui n'avait contracté aucune adhérence. La torsion égale à 2 tours de spire comprend le pédicule du kyste et la trompe droite. Ablation de l'annexe droite au-dessous de la torsion, Après constatation de l'intégrité de la trompe et de l’ovaire gauche on referme l'abdomen par une suture en un plan (fl de bronze d'’aluminium) sans drainage,

Le dimanche 20 mai (cinq jours après l'opération) la malade a pour la première fois une tempéralure anormale (380) Elle se plaint d’une tension douloureuse dans la région parotidienne droite et l'inspection montre une augmentalion de volume manifeste avec légère coloration rosée des téguments. Le palper, très douloureux, exagère une douleur diffuse. La déglutition est possible mais la mastication est très douloureuse. Langue sale un peu sèche. L'état général reste bon malgré ces symptômes parotidiens (pouls à 80, respiration normale, urines abondantes sans principes morbides), Par acquit de conscience on soulève le pansement abdominal: rien de ce côté ne justifie la température du soir (380 2),

Le lundi 21 mai (sixième jour après l’opéralion) on nous apprend que la malade a eu du délire pendant la nuit, qu’elle voulait se lever, rentrer chez elle, et que l'infirmière de veille a eu beaucoup de peine à la retenir. Température 380, Elat général, un peu moins bon que la veille. Le gonflement parotidien est extrême, les téguments sont envahis par un œdème dépressible au doigt. Douleur vive spontanée, Mastication et déglutition impossibles. Le soir, délire assez marqué, idées de mort prochaine; température 39. Le pouls est excellent. L'ensemble ne laisse pas d'inquiétude.

Mardi 22 mai. Etat local stationnaire. Tempéralure du matin, 39, du soir 39°2. Pouls excellent, conservation d'un bon état général; les symptômes généraux s’'amendent légèrement.

Mercredi 23 mai. En présence de la persistance de la température et des symptômes locaux, on incise, sous chloroforme la région parotidienne tuméfiée. Par l'incision il s'écoule une

petite quantité de pus grumeleux, mal lié, qui est recueilli ascp-

tiquement pour être examiné. On recueille aussi du sang par piqûre aseptique aux fins d'ensemencement.

Sous l'influence de l’évacuation de pus, les symptômes cèdent rapidement el le 29 mai la malade est guérie de sa parotidite.

Les fils de bronze de la suture abdominale sont enlevés à cette date: la cicatrice est absolument nette. L'examen direct du pus montre la présence de staphylocoque à l’état pur.

Le sang ensemencé en eau peptonée est demeuré stérile. Les cultures en bouillon du pus ont été altérées par un mauvais réglage de l’étuve.

Trois mois plus tard la malade revenait à l'hôpital pour des symplômes de cystite L'examen cytoscopique montra à M. Legueu la présence d'une tumeur vésicale. La malade opérée sous

chloroforme n'a pas eu de parotidite post-opératoire.

OBSERVATION III (In thèse Morel).

Caïtration unilatérale droite pour dégénérescence sclérokystique de l'ovaire; parotidite post-opératoire.

Mme M.., 31 ans, ménagère, entre à l'hôpital St-Antoine, pavillon

Gosselin, Hit n° 4, dans le service de mon maitre M. Monod, le 16 décembre 1905. Pas de maladies dans l'enfance, pas de fièvres éruptives, pas d’oreillons.

Réglée à 12 ans; trois enfants à terme à 22, 24 e: 27 ans. Une fausse couche de 3 mois à 29 ans.

Depuis une année la malade souffre constamment, surtout lorsqu'elle à séjourné debout pendant un certain temps. Généralement sourdes el”conlinues, ses douleurs ont parfois des irradiations dans la cuisse droite. L'examen montre l'existence d'une petite masse anneCxiclle mobile à droite, Leucorrhée abondante.

La malade a une dentition très défectueuse. Elle dort sur le côté däroit.

Le 20 décembre, anesthésie chloroformique (appareil de Ricard) sans incident. |

LEO us

Laparotomie. On constate des lésions très minimes; Yutérus esi sain, les annexes gauches également, l'ovaire droit est gros, bosselé de petits kystes, la trompe droite un peu épaissie et indurée. On pratique l'ablalion des annexes droites, L'intervention a été simple, facile et rapidement exécutée.

Le 21 décembre, brusque élévation thermique à 39, sans aucun autre symplôme,

Mais le lendemain malin apparilion d'une tuméfaction au ni- -veau de la région parotidienne droile, qui-est devenue douloureuse

dans la nuit. La température monte à 39°2;

le pouls reste bon, à 80; phénomènes généraux peu marqués (un peu d'agitation et de icquacité le soir).

4 tuméfaction dans les jours qui suivent, devient plus 1l9caliséc, plus saillante. Sous la peau un peu chaude et tendue on croit sentir la fluctualion.

Incision le 27 décembre 1906. Ecoulement d’une certaine quantité dé pus. La fièvre tombe et es symptômes locaux disparaissent presque immédiatement (29 décembre).

L'examen du pus montre la présence exclusive de staphylocoques.

OBSERVATION IV (In thèse Morel).

Hystérectomie abdominale totale pour salpingite bilatérale refroidie. Parotidite post-opératoire.

Mme B., 25 ans, ménagère, est dans le service de M. le docteur Le Dentu depuis un mois. Elle y refroidit uné salpingite (salle Saint-Jean n° 2) Cette femme généralement bien portanté n'offre comme antécédents pathologiques qu'une double atteinte d'orcillons (?) à 6 ans et à12 ans. Bien réglée et régulièrement elle a eu deux enfants dont le dernier a 3 ans.

Elle présente une assez bonne dentition. ŒElle dort soit sur

Je côte droit soit sur le côté gauche (plus souvent sur ce dernier)

Le 29 décembre 1906 elle est anesthésiée (chloroforme à la

compresse) et opérée (hystérectomie abdominale totale). La chlo-

rie

roformisalion assez houleuse a nécessité à plusieurs reprises le détergeage de la gorge avec un tampon monté. L'intervention a été simple; les trompes assez mobiles, le péritoine sain, les quelques adhérences facilement rompues, pas de pus, pas de traces d'’inflammation récente.

Le 2 janvier 1907 (5 jours après l'opération), la malade, jusqu'alors apyrétique présente une brusque élévation de tempéralure (3%), On procède au pansement abdominal, pensant ainsi trouver la cause de cette alerte: on ne trouve rien. Mais le lendemain, 3 janvier, la malade atlire l'attention sur sa parotide droite, qui, dit-elle, est douloureuse, et on constate une légère tuméfaction.

Dans la journée du 3, le gonflement devient plus manifeste, en même temps qu'apparaissent une douleur locale assez vive avec irradiations vers l'oreille, de la gêne dans la mastication puis du trismus. La température se maintient à 3805, Le pouls bat à 140, Le facies est anxieux. Un délire violent s’empare de la malade (hallucination de la vue, zoopsie) On pratique une injection intraveineuse de collargol.

Le 4 janvier, le gonflement s'est précisé; la déformation du visage est caractéristique, tout le côté droit de la face prend l'aspect mongoï'ien. Au niveau de la partie inférieure de la région parotidienne, sous la peau tendue, luisante, chaude et rouge on note de la fausse fluctuation due à l’œdème de la région. La douleur déjà spontanément très vive et paroxystique est encore exagérée par le mouvement, les essais de déglutition et le moindre frôlement. Trismus très marqué, s'opposant à l'examen de l'orifice buccal du canal de Sténon. Le pouls et la température sont sensiblement les mêmes que la veille. Les phénomène: déiirants ont plutôt augmenté, l'incohérence domine dans les discours de la malade.

Incision de la parotidite. Quelques grumeaux de pus mal lié Séchappent, mêlés à une certaine quantité de sang. Drain, pansement humide, On prélève à la pipette des grumeaux de pus aux fins d'un examen direct et d’un ensemencement. Etant donné l'injection de collargol de la veille on juge inutile de prélever du sang en vue d’une culture.

Lä tempéralure tombe peu à peu, en même (emps que l’état général (délire) s'améliore. Le drain ramène du pus pendant quatre jours, puis est enlevé définitivement. Le 16 janvier la malade est complètement guérie.

Examen bactériologique,

Pas d'examen du sang.

Examen du pus. Cet examen direct montre du staphylocoque et des débris de polynucléaires. ;

La culture de cé pus en bouillon donne deux variétés microbiennes:

19 Un staphylocoque doré, dont l'aspect, Îles colorations, la culture répondent au type classique.

2 Un bacille qui ressemble au b. subtiliss Après isolement des deux cultures, on pratique linoculation de chacune d’elles au lapin et au cobaye.

a) Inoculation du bacille. — Cobaye de 820 grammes; injection intra-périlonéale de culture; résultat négatif.

Lapin de 3.150 grammes; injection intra-veineuse de culture; résultat négatif.

b) Inoculation du staphylocoque. — Le 22 janvier 1907 on injecte dans la veine auriculaire d’un lapin de 2 kijogrammes 950, un centimètre cube en bouillon datant du 6 janvier (une partie de l'injection passe accidentellement dans le tissu cellulair: sous-cutané), Le 23 janvier le lapin est paralysé du train postérieur, I1 meurt le 31. Macro:ic >piquement on ne trouve aucune lésion, La culture du sang du cœur donne du slaphylocoque pur.

Le 22 janvier un cobaye de 780 grammes reçoit dans le péritoine deux centimètres cubes de culture en bouillon, Mort le 23 janvier, Aulopsie: un peu de pus au niveau de la piqûre dans les muscles de la paroi abdominale. Pleurésie double énorme. Légères faussas membranes péritonéales. La cullure du sang du cœur aussi bien que du liquide pleural donne du slaphylocoque

pur.

An aDtee

OBSERVATION V (In thèse Morel).

Grossesse extra-utérine enkystée. Parotidite post-opératoire.

Mme A, 25 ans, comptable: Salle Sainte-Marthe, no 32, Hôtel-Dieu (service du docteur Guinard).

A eu la fièvre typhoïde à 15 ans, la variole à 18, pas d’oreilons. Réglée à 12 ans, mariée à 16 ans; a eu 4 enfants (à 17; 0182196211 ans)

Sa maladie actuelle a débuté il y a 3 semaines. Ayant un retard de règles de 2 mois elle se croyait enceinte, quand elle ressentit brusquement de vives douleurs dans les reins et dans le ventre. Elle perdit un peu de sang, puis survinrent les nausées el des vomissements. Conduite à l’hôpilal elle fut examinée par M. Guinard qui porta le diagnostic de grossesse extrautérine enkystée et fixa l'intervention au 7 janvier 1907.

Mais le 6 janvier veille de l'opération projetée elle ressentit des élancements très pénibles dans la région parotidienne gauche, et sa tempéralure jusqu'alors normale atteint d'un seul coup 390,

Le lendemain la malade présente une déformation unilatérale de la face, caractéristique. Tout le côté gauche du visage depuis la mâchoire jusqu'à la racine des cheveux, depuis la mastoïde jusqu'à l'aile du nez est uniformément œdématié. Les paupières de l'œil gauche sont boursouflées; épiphora. Nous parvenons à vaincre un léger trismus et nous constatons Îe mauvais élat de la denlilion particulièrement des molaires gauches.

La malade nous apprend qu'elle dort sur le côlé gauche,

Pendant les jours suivants, malgré le relour de la température àla normale, la malade présente des symplômes généraux très marqués (prostration, délire, La déglutilion est presque impossible, Les douleurs sponlantes semblent très vives, Le gonflement reste sensiblement dans les mêmes limites.

Le 11 janvier, ouverture spontanée, à la partie antérieure du

conduit auditif externe gauche, d’une abondante collection de pus. Le même jour évacuation spontanée du pus par le canal de Sténon, dans la bouche. Les phénomènes locaux et généraux s’amendent, la température qui s'était relevée tombe.

Mais les drainages spontanés semblent insuffisants et une reprise des symptômes à la date du 11 janvier nécessile une incision qui est pratiquée au point le plus saillant de la (uméfaction, un peu en arrière et au-dessus de l'angle de la mâchoire. On prélève du pus aux fins d'examen el d'ensemencement.

A partir du 16 janvier, tout rentra dans l’ordre, le drain mis dans l'incision fut retiré le 20; la cicatrisation complète de la plaie chirurgicale et de l’ouverlure spontanée fut terminée le 29 janvier.

Examen bactériologique. — Pas d’ensemencement du sang,

L'examen direct du pus s’écoulant par l'oreille et provenant de l'incision montre du staphylocoque.

La culture du pus de ces deux provenances donne uniquexent du staphylocoque doré.

Le 21 janvier 1907, on injecte dans la veine de l'oreille d’un lapin dé 2 kilogrammes 970, un centimèire cute de botillon dans lequel a été diluée une petite quantité de culture sur géloce de ce staphylocoque doré. Mort en 15 heures.

Autopsie. — Péricardite séreuse. A l'examen direct come dans les cultures qui en sont failes, on trouve du staphylocoque doré

dans le sang du cœur et dans l’épanchement péricardique.

OBSERVATION VI: {In thèse Morel).

Laparotomie pour hydrosalpinx. Parotidite post-opératoire.

Mme L.., 32 ans, ménagère, n° 15, salle Saint-Jean, service de M. Le Dentu, Hôtel-Dieu.

Pas d’antécédents morbides, pas d’oreillons.

Bien réglée, une couche à terme il y a 12 ans, une fausse

couche il y a 5 ans.

Depuis sa fausse couche, cette dame a toujours souffert, , surtoui à l’époque de ses règles; l'examen ayant montré l'existence d’une collection tubulaire gauche, elle entre à l'hôpital pour être opérée

Dentition mauvaise, La malade dort sur le côté gauche.

Le 7 février, anesthésie à l’éther sans incident.

L'intervention consiste dans l’ablation d'un hydrosalpinx gauche, sans adhérence. L'acte opératoire est absolument correct.

Le 10 février, 4 jours après l'opération, la malade dont la température a constamment oscillé entre 37 et 38, se plaint d’un engourdissement de la région parotidienne gauche. On remarque à ce niveau une augmentation de volume peu accentuée, la pression est douloureuse.

Le 11 février la température monte à 39, la malade est délirante. Un gonflement très accentué déforme son visage. Toute la région parotidienne est tuméliée rouge et chaude. Un trismus invincible nous empèche d'examiner la bouche, Applica ion de compresses chaudes humides, fréquemment renouvelées.

Le 12 février amélioration locale et générale.

Puis la température tombe rapidement et le 15 tout est reatré dans l’ordre.

A cette daie seulement, on peut examiner l'orifice buccal du canal de Sténon; on ne constate pas d'écoulement de pus. Tout nous porte à croire que celte parotidite s’est terminée par résolution

OBSERVATION VII (In thèse Morel)

Grossesse extra utérine rompue. Laparotomie Parotidite post-opérastoire.

Mme P.., 31 ans, entre, à 10 heures du soir, le 27 octobre 1903, salle Chassaignac, à l'hôpital Bichat, dans le servic: de mon maitre, le docteur Picqué. Elle est envoyée pour une crise d’ap-

pendicite, el nous remel une courle note de son mécein qui

AN

mentionne «outre trois crises antérieures, vraisemblabiement appendiculaires, une irrégularité inaccoutumée dans les règles de-: puis qu£iques mois». Les symptômes à l'entrée n'étaient pas immédiatement alarmants: température rectale, 380, pouls 100; ventre peu douloureux, langue humide; pas de nausées ni de vomissements. une selle le matin; et par-dessus tout bon état géënéral. Le lendemain matin, 28 octobre, on pratique le toucher vaginal, ct pendant l'exploration on a la sen:ation très nete qu'un: collection liquide pelvienne vient de rompre sous l'impulsion dé la main abdominale, On cesse immédiatement tout examen, Ia malade est reportée à son lit avec de grande; précau'iors mise à la diète ct étroitement surveillée, La journée est bonn: et à l heure de la contre-visite, je trouve la malade endormie mais dans la soirée vers onze heures, je suis app2lé près d'e'le. Je la trouve anxieuse, très pâle, et le visage baigné de sueurs; elle n’a pas vomi, mai. accuse des nausées, elle souffre un peu du ventre.

sans pouvoir préciser un maximum douloureux. La température

Lt

est normale (370); mais le pouls, extrêmement rapide ‘140; est fuyan' eï tout petit. Ces symptômes, les constatations du matin et l’irrégularité des règles me font penser à la rupture d’une grossesse extra-utérine. L'intervention immédiate proposée est acceptée et la malade transportée à la salle d'opération. Chloroformisation légère. Laparotomie médiane sous-ombilicale. Le périloine ouvert on tombe sur des caillots sanguins adhérant à lépipiosr et formant capuchon. Les caillots prudemment enlevés, jamènc dans le champ opératoire les annexes droites, qui ont le volume du poing et on voit le sang gicler en jet d’une rupture de la portion ampullaire de la trompe droite. Quelques adhérences épiploïques sont libérées et la trompe gravide enlevée sous lgature. Toilette soigneuse du péritoine, extraction des derniers caillots, suture totale de la paroi en deux plans. Les suites furent absolument normales et apyrétiques jusqu’au septième jour. A cette date la température monte brusquement à 39°8, s’accompagnant d’un mauvais étal géntral et d'inappétence; rien, du e5té de la plaie, ne justifie ces symptômes. Le ventre est souple, indolore, les mictions et les selles sont régulières. Mais le hui-

tième jour, on constate un gonflement assez considérable de la région parotidienne droite,

Le doigt déprime la peau un peu luisante qui recouvre cette tuméfaclion et y laisse son empreinte, Les douleurs sont très

vives, spontanées, avec irradiaticns dans le cou et !a nuque. Ia maslicalion est impossible, à cause du trismus, la déglutition est douloureuse, L’haleine est extrêmement fétide. L’incision de celte parotide ne donne issue qu'à un peu de sérosilé, qui scurd ‘de la brèche faite dans le tissu glandulaire mortifié. Lavage à l’eau oxygénée et drainage. Malgré la répétition des javages, pendant deux jours, on n'obtient aucune sédation des accidents tant locaux que généraux; Ie sphacèle continue et ja tempéralure persiste. Le onzième jour, apparition d'une parotidile gauche de même aspect que la précédente. L'aspect äu visage de la malade est repoussant. IL a doublé de largeur; on ne distingue plus aucun contour latéral, les yeux semblent enfouis ‘dans l’œdème. L’anorexie, le mauvais état général persistent; la température oscille entre 39°? et 395. Incision, lavage e: drainage de la parcotide gauche, constatation de tissu sphacélé commt du côté opposé. Lavages continués pendant 10 jours et peu à peu la température redescendit à la normale; es symptômes généraux disparurent peu à peu, très lentement. Les fils avaient élé enlevés le dixième jour, la réunion de la plaie ab-

dominale s'étant faite sans incidents. La malade sorlit guérie le

7 décembre sans fistule salivaire.

OBSERVATION VIII (Inédite).

(Due à l'obligeanc: de M. René Villar, interne des hôpitaux).

Prolapsus utérin. Colpopérinéorraphie. Perotidit: postopératoire double. Guérison. ÿ

M L.. d'origine espagnole, 27 ans, entre à l'hôpital St-André 10 7 avril 1910, salle 8, dans le service de M. le professeur

Villar, présentant un prolapsus utérin.

Rien à signaler dans les antécédents héréditaires.

Comme antécédents personnels, plusieurs bronchiles suspectes, jeunesse maladive; pas de fièvre typhoide, ni d’oreillons; toujours bien réglée, mariée à 20 ans. Deux enfants bien portants: l’un âgé de 4 ans, l’autre de quelques mois. Elle a été accouchée de ce dernier à la maternité de Pellegrin. L'accouchement fut normal, mais notre malade se leva trop tôt et se plaça comme domestique. Elle ressentait alors le soir, après son travail une pesanteur dans le bas-ventre, accompagnée de tiraillements. Devant la persistance de ces douleurs elle se décide à entrer à l'hôpital.

Femme d'aspect chétif, amaigrie, pâle. Elle présente un léger prolapsus utérin. -

Signc de tuberculose pulmonaire au début.

Rien au cœur.

Rien du côté de l'appareil urinaire sinon de la pollakiurie surtout le jour.

Rien du côté de l'appareil digestif, bouche en excellent état, dents merveilleuses.

Dort sur le dos.

Colpopérinéorraphie le 13 avril.

Opérateur: Professeur Villar.

Aide: chef du clinique du service.

Chloroformisateur: M. V. externe du service,

Large badigeonnage à la teinture d’iode du champ opératoire. Opération normale; chloroforme bien supporté sans accidents ni incidents; la malade n'a pas vomi. On n’a fait usage ni de l’ouvre-bouche, ni de la pince à langue, ni de tampons montés.

Suites de l'intervention excellentes; pas d’élévalion de température

Six jours après l'opération, gonflement parolidien du côté droit douloureux et accompagné de ganglions sous-maxillaires. Bouche un peu sèche, langue propre, haleine non fétide, très Iéger trismus, pas de gêne à la déglutilion. Pansements humides, lavages fréquents de la bouche.

Le lendemain et le surlendemain état à peu près slalionnaire.

Labat 4

Page 1