IL — OBSERVATION PERSONNELLE
M. J.RS., professeur de dessin à N.…, âgé de 29 ans, a toujours été en parfaite santé. Il a accompli son service militaire et a été mobilisé en septembre 1939 dans un régiment de chasseurs. IL n’a aucun passé pathologique. Il est père de deux enfants bien portants. A signaler que son père souffrait de l’estomac depuis l’âge de 20 ans et qu’il a été opéré d’un ulcère gastrique à l’âge de 35 ans. M. J.RSS. a fait toute la guerre sans incidents. En septembre 1940, un mois après sa démobilisation, alors qu’il se croyait en parfaite santé, il est pris brusquement à 10 heures du soir d’une douleur abdominale violente avec état syncopal. Transporté à l’hôpital de N..., il est opéré à une heure du matin. Ulcère du pylore perforé. Suture avec enfouissement. On ne fait pas de gastro-entérostomie. Les suites opératoires sont simples et le malade reprend assez rapidement son travail. Il suit un régime et prend des poudres alcalines. Mais il se plaint cependant
PS en.
d’avoir des digestions pénibles, des brûlures, des douleurs abdominales rythmées par les repas. Au mois de janvier 1942, nous avons eu l’occasion de voir ce malade de passage à Paris. Radiographié à cette date, les radios ont montré un passage pylorique un peu lent, mais pas d’image pathologique. Nous lui avons conseillé à cette époque, s’il continuait à souffrir, d'envisager une deuxième intervention, avec l’idée, au cas où l’intervention mon-. trerait une lésion, de faire pratiquer une gastrectomie. Remettant toujours la deuxième intervention, évitant de voir des médecins, il continuait son activité sans cesser de souffrir. Le 15 avril 1942, vingt mois après la première intervention, à 16 heures, nouveau drame abdominal. Douleur abdominale violente, état syncopal, quelques vomissements. Averti par la première perforation, faisant lui-même le diagnostic, il se fait transporter pour la deuxième fois à l’hôpital de N... Opéré deux heures après le début, on trouve une nouvelle perforation au voisinage de la suture. La première perforation semble bien cicatrisée. On pratique une gastrectomie, Suites opératoires simples. Jusqu'à ce jour, le malade accuse un mieux-être net, a des digestions plus faciles et ne souffre presque plus.
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OBSERVATION II de J. Gosset (Presse Médicale, 22 octobre 1938)
Le nommé Louis B.., âgé de 32 ans, est admis d'urgence à l’hôpital Beaujon-Clichy le 9 octobre 1937 à 1 h. 15 du matin.
Appelé à le’ voir comme chirurgien de garde, nous nous trouvons en présence d’un homme vigoureux qui nous raconte qu'il a été pris, huit heures plus tôt, d’une douleur abdominale extrêmement violente, qui a commencé dans l’hypochondre droit; cette douleur est encore très intense et empêche le malade de respirer profondément. Son siège s’est pourtant déplacé vers le bas et elle prédomine actuellement dans la fosse iliaque droite. À part ce symptôme, il n’y a rien d’autre à noter; le malade n’a pas vomi, sa température est à 37°, le pouls à 90. L’examen de l’abdomen montre une contracture intense mais non généralisée, surtout marquée au niveau de l’hypochondre droit. La douleur est très vive au-dessous du point de Mac Burney, mais la région épigastrique et la fosse iliaque gauche ne sont que peu sensibles.
Au toucher rectal, on ne détermine pas de douleur vive au niveau du cul-de-sac de Douglas. Il n’y a pas de sonorité pré-hépatique.
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Frappé par l’existence d’une cicatrice médiane sus-ombilicale, nous interrogeons le malade sur ses antécédents et nous apprenons qu’un an plus tôt il a été opéré pour une perforation d’ulcère duodénal qui fut simplement suturée. Entre ce moment et l'accident actuel, il n’a iamaïis souffert de l’estomac.
Ne pensant guère à la possibilité d’une perforation itérative et nous basant sur le siège maximum des symptômes, nous penchons vers le diagnostic de péritonite appendiculaire. Toutefois, vu l’intensité de la contracture de l’hypochondre et le siège élevé de la douleur initiale, nous faisons des réserves en faveur d’une lésion possible du carrefour sous-hépatique.
Intervention. — Opérateur : Docteur Jean Gos- SET; aide : M. VINCENT. Anesthésie générale, éther.
Les réserves que nous venons de mentionner nous incitent à abandonner l’incision exploratrice de Mac Burney pour une incision de Jalaguier haute qu’il sera facile au besoin d’agrandir vers le foie. Dès l’ouverture du péritoine, on constate la présence d’un liquide typique de perforation ulcéreuse, et, d'autre part, l’appendice est sain. L’incision prolongée vers le haut conduit directement sur la face antérieure du premier duodénum, qui présente à 1 cm. à droite du pylore une perforation
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lenticulaire de 4 mm. de diamètre, peu calleuse. Il est important de noter qu'il n’existe aucune adhérence et qu’il est impossible de trouver trace des anciens fils de suture. La perforation est fermée. Toilette du péritoine. Mise en place du drain sous le foie. Fermeture de la paroi en trois plans au catgut. Suites opératoires simples. Le malade, revu en février 1938, est en très bonne santé, n’a aucun trouble. La gastrectomie nous paraît indispensable, mais le malade ne l’a pas encore acceptée. |