IV. — TRAITEMENT
Le traitement des perforations itératives des ulcères gastro-duodénaux ne diffère guère du traitement habituel des perforations d’ulcère. C’est moins le caractère itératif de la perforation que le siège, les dimensions, l’aspect de l’orifice qui conditionneront la technique opératoire. Mais le fait qu'il s’agit de perforation itérative indique bien qu'il s’agit d’une maladie ulcéreuse et que, par conséquent, la gastrectomie, opération radicale, devra être envisagée tôt ou tard.
Trois possibilités sont offertes au chirurgien : la suture simple, la suture associée à la gastro-entérostomie, la gastrectomie.
Il est évident que la suture simple, suivie d’enfouissement, constitue une intervention beaucoup moins grave pour un patient plus ou moins choqué qu’une large résection. D’ailleurs, il est certain que certains ulcères guérissent complètement après la suture de la perforation. GossET signale 40 % de
SrORTEE guérisons après simple suture; BoTTiN, 49 % sur 194 cas. D’après d’autres statistiques (thèse GANpy), la suture simple a été suivie de mort dans les proportions suivantes : sur 117 cas traités par suture simple, 34 furent mortels.
La suture associée à la gastro-entérostomie est pratiquée de façon systématique par certains chirurgiens. Mais la plupart la réservent aux seuls cas où une suture d’ulcus paraît avoir rétréci le calibre pylorique. Cette éventualité semble d’ailleurs rare. STEWART ei BARBER n’admettent en aucun cas la possibilité de sténose du pylore provoquée par la suture. À la suite d'expériences chez le chien, ces auteurs ont prouvé que si cette sténose existe au début, elle disparaît spontantément vers le quatrième-cinquième jour. GANDY signale cependant un cas de vomissements qui ne cédèrent qu'après gastro-entérostomie, mais il s’agissait d’un vieil ulcère avec péritonite plastique. Il semble donc que la gastro-entérostomie associée à la suture n’a que des indications assez limitées, maïs si elle est pratiquée dans les premières heures, elle n’augmente pas la mortalité post-opératoire.
Reste la cure radicale : la résection de l’ulcère. C’est, certes, l’intervention de choix, surtout chez des malades qui ont présenté des récidives postopératoires, qui ont, par conséquent, une tendance