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Comme l’on bien dit M. BÉRARD, JACQUEMET et ARRIBE- HAUTE, température, tachycardie et dyspnée ne sont que des signes banaux dans les suites un peu difficiles d’une exérèse pulmonaire pour tuberculose de caractère limite. Nous voudrions essayer de préciser quelques points au sujet de la température et de la tachycardie.
La température. — La banalité de ce symptôme est telle que l’on est étonné de voir mentionner dans une observation des signes péricardiques et souligner en même temps que cette malade est sans température (Obs. N° 13). Ce symptôme que l’on trouve, dans 50 % des observations, associé à d’autres signes péricardiques, est parfois isolé et à ce titre, ne peut en aucune façon, orienter le diagnostic de la complication (Obs. N°° 8, 16, 18). Il peut s’agir d’une ascension thermique post-opératoire banale qui ne cède pas aux antibiotiques et aux traitements habituels ou que n’expliquent pas les données d'examen des suites opératoires. Soit d’une ascension thermique inexpliquée après des suites opératoires idéales.
Les difficultés du diagnostic de cette complication est considérable et il peut arriver que l'explication en soit recherchée jusque dans des troubles thermiques d’origine centrale (Obs. N° 8).
La tachycardie. — Bien que symptôme très banal, elle a du moins lavantage d'attirer l’attention sur une complication cardio-vasculaire possible. Nous l’avons noté dans les Observations N°° 10, 12, 13, 19, sans que le diagnostic de lésion péricardique soit fait. La tachycardie était régulière à 120, 140, 160, et le plus souvent associée à de la dyspnée.
Il apparaït donc que, hormis quelques signes révélateurs, comme une asystolie hépato-ascitique, une insuffisance ventriculaire gauche, de la toux, de la dysphagie ou des douleurs thoraciques gauches, c’est surtout par son allure torpide que se manifeste la péricardite après exérèse pulmonaire pour tuberculose.
Le diagnostic. Re
Le diagnostic de la péricardite après exérèse pulmonaire pour tuberculose soupçonné sur les données cliniques que nous avons relevées, ne peut en réalité être affirmé que par des examens cliniques et radiologiques.
Nous n’insisterons pas sur les signes d’auscultation dont les finesses d'interprétation risquent fort d'échapper à une oreille chirurgicale. Le frottement péricardique a plus d'importance que l’assourdissement des bruits du cœur ; d'interprétation et d'identification difficiles au milieu des bruits pleuro-pulmonaires divers post-opératoires, il n’a été noté que trois fois (Obs. N°° 6, 19, 20). La constatation d’un frottement péricardique isolé, comme le font remarquer VALDONNI, OVERHOLT, NUBOER, ALEXANDER, en notant sa fréquence dans les suites opératoires des interventions thoraciques, n’a pas de valeur. C’est le contexte clinique et surtout électrique et radiologique qui lui confère toute son importance.
Dans toutes les observations (sauf l’observation N° 10), l'augmentation de volume de l’ombre cardiaque est manifeste et d'autant plus facile à assurer que de multiples radiographies pré «et post-opératoires permettent sur des films successifs d’en suivre les variations. Toutefois l’interprétation du cliché peut ne pas être sans difficulté en raison des modifications de l’image thoracique consécutive à l’exérèse : opacité de l’épanchement post-opératoire derrière laquelle se discernent mal les contours du cœur et qu’une ponction pleurale peut rendre visible (Obs. N° 4), ou déplacement ou refoulement du médiastin accentuant le débord des cavités. Aussi la méconnaissance d’une péricardite, lors d’une ponction que l’on croit pleurale, peutelle entraîner lapparition d’un pneumo-péricarde (Obs. N° 5), ou la surprise de la découverte à un examen ultérieur, d’une image hydro-aérique intra-péricardique (Obs.
Fist Sur cette image d'interprétation difficile, la péricardite a été méconnue.
Fig. 3.
tadiographie trois semaines après pneumonectomie.
Volumineuse ombre cardiaque.
La ponction révéler2 l’existence d’une péricardite.
Fig. 2.
Malade de la figure 1 après ponclion de la base gauche.
Image typique de pneumo- péricarde après une ponction que l’on
croyait pleurale.
Fig. 4.
Radiographie de la malade de la fisure 3, deux mois plus tard.
Léger débord des cavités droites.
L'ombre « cardiaque a repris son volume normal.
Fig. 5.
Image typique de péricardite.
Bord gauche du cœur rectiligne. Ombre cardiaque proche de la paroi.
Fig. G.
Malade de la figure 5. Deux ans plus tard lombre cardiaque est d'aspect et de volu me normaux.