‹ Contribution à l'étude des péricardites après exérèse pulmonaire pour tuberculoseChapitre 9 sur 21 · GAILLARD · texte numérisé non relu

GAILLARD

OBSERVATION N° 5. -— Mme P..., 26 ans.

En 1949, très volumineuses lésions Gauche à type de poumon détruit qui ne permettront d'envisager ni un extra-pleural ni une thoracoplastie. Malgré d'importantes doses de stréptomycine (plus de 109 grammes), on pose l'indication d’une exérèse.

Intervention, mai 1950 : Très grosses adhérences pleurales qui font réaliser une pleuro-pneumonectomie. Pédicule facile et sans incident. En raison de l'importance des lèsions pleuro-pulmonaires, résection immédiate de six côtes (de la deuxième à la septième).

Suiles : Simples et la malade quitte le sanatorium deux mois après l’intervention. Fe Véea Elle est renvoyée au troisième mois parce que sont apparues de la toux et une dypsnée très intenses. La radiographie montre une opacité de la base de l’hémithorax gauche et un déplacement marqué de l’ombre cardiaque vers la droite. On croit avoir affaire à un épanchement dans la poche de pneumonectomie. Une première ponction est faite qui ramène 150 cc. de liquide séro-hématique. La malade est un peu soulagée mais la température reste aux alentours de 38°-39°. 3 ù

Une deuxième ponction, huit jours plus tard, ramène 300 ce. de liquide et est suivie d’une injection de lipiodol.

La radiographie révèle alors que le lipiodol ne se trouve pas dans la cavité pleurale mais dans le péricarde. Image de pneumopéricarde. Une nouvelle ponction, dix jours plus tard, ramène 250 ce. de liquide purulent dans lequel l’examen révèle lexistence de Bacilles de Koch. La température se stabilise alors autour de 38°. [L’état général s'améliore. Une dernière ponction ramènera 200 ce. d’un liquide séro-fibrineux. L’ombre cardiaque a repris son volume normal, mais elle est cernée d’une ligne opaque donnant exactement l’image d’une calcification. Il n'existe aucun trouble cardiaque.

Trois mois plus tard, l’état général est excellent, la température est normale, la dyspnée a disparu, le volûme de l’ombre cardiaque reste inchangé ; persistance de très légères modifications électriques (simple ischémie sous-épicardique).

OBSERVATION N° 6. —— Mile D..., 25 ans.

Très volumineuse cavité de la base droite dont le début remonte à 1949. Il existe à ce moment un ensemencement contro-latéral qui sera nettoyé par 70 grammes de streptomycine. Adressée au sanatorium un an plus tard, il existe alors une excavation totale du lobe inférieur, Une bronchographie lipiodolée souligne l'existence de bronchectasies associées de lobe inférieur.

PMPOÉS

Intervention, janvier 1951 : Symphyse pleurale très dense. Interlobe de libération très difficile. Pédicule très remanié bloqué par de très volumineux ganglions. Lobectomie inférieure sans incident. Néanmoins la cavité pulmonaire pleine de pus s’ouvre au cours de la libération du sommet et souille le champ opératoire.

Suites : Aussi n’est-on pas surpris de voir dans les suites une infection pariétale, puis un empyème de la base tout d’abord traité par des ponctions et qui nécessitera ultérieurement la mise en Dia ë d’un drain.

Cinq mois après l'intervention, on est frappé au cours d’un examen radioscopique de l'élargissement de l’ombre cardiaque. L’auscultation révèle alors un frottement péricardique. Une ponction du péricarde est pratiquée qui ramène 50 cc. d’un liquide séreux dont l'examen bactériologique est négatif. Cette malade est soumise à des examens radioscopiques répétés. Les dimensions de l’ombre cardiaque paraissent stables. Pas d’autres ponctions péricardiques.

Six mois plus tard, soit onze mois après l’intervention, l'examen cardiaque est normal. Aucun signe de stase veineuse. Pas de cyanose ni d’hépatomégalie ni d’ascite.

OBSERVATION N° 7. — Mme L..., 37 ans.

Lésions remontant à six ans ayant débuté par une caverne du somment droit. Plèvre symphysée. Multiples tentatives de traitement médical. Cure sanatoriale. Sels d’or puis streptomycine (110 grammes). Trois temps de thoracoplastie, réalisés en mars 1950, laissent persister d'importantes lésions. Vue en juin 1951 dans un état assez précaire : poids 39 kg. Température sub-fébrile. Positive à l'examen direct. La tomographie a révélé une cavité sous et rétroclaviculaire. Indication d’exérèse des plus limitée.

Intervention, août 1951 : Libération difficile du poumon sous Île plastron de réossifications costales. Effraction péricardique qui sera suturée en fin d'intervention. La cavité pulmonaire très adhérente au médiastin a été ouverte en cours d’intervention.

Suites : Un peu difficiles : Thermiques. La température ne se stabilisera qu’à la troisième semaine. Réaction liquidienne banale dans l’hémithorax. Deux mois après l’intervention, réascension thermique progressive. Température très instable durant deux mois. C’est alors que l’on décèle une augmentation marquée de volume de l'ombre cardiaque. En même temps apparaît une ascite dont la ponction retire 600 cc. de liquide opalescent. On institue un traitement à la digitale. La malade est soumise à la streptomycine. On voit progressivement diminuer l’ombre cardiaque tandis qu’apparait

SUD Rre

un petit épanchement pleural de la base gauche. La dyspnée importante nécessitera une oxygénothérapie à peu près continue durant deux mois. Il n’a pas été fait de ponction du péricarde en raison de la rétrocession spontanée de l’ombre cardiaque. Malade en voie de nette amélioration.

OBSERVATION N° 8. — Mile T.., 19 ans.

Page 1